Jésus prie.
A la fin, un disciple demande: «Apprends-nous à prier,
comme Jean Baptiste l'a fait ». Dans sa réponse,
Jésus formule les demandes fondamentales de l'homme ; celles
qui nécessitent un retournement du coeur.
Un mot, un nom commence: Père.
C'est la prière de Jésus, le fond de sa vie de Fils.
La prière de Jésus est aussi son être et sa
définition : quand il dit 'Père', il se dit 'Fils',
égal au Père, de même nature, consubstantiel.
Désormais, il communique à ses frères d'adoption
la grâce de l'Esprit Saint qui les fait s'écrier
'Abba, Père'. L'invocation de Dieu comme Père résume
toute prière; elle en est aussi le fruit. Toute prière
consiste à invoquer la bonté de Dieu; toute prière
aboutit à devenir toujours davantage fils de Dieu. Le Notre
Père est la source, le moyen, le terme de la prière.
On comprend ce qui arrivait à cette petite bergère
languedocienne du XVIle siècle qui s'arrêtait au
premier mot du Notre Père, stoppée dans sa récitation
par une extase qui durait toute la joumée.
Prière de fils.
De même que la prière de Jésus le définissait
et révélait ce qu'il est, de même le fait
que Jésus nous ordonne de reprendre l'invocation de sa
propre prière, nous définit et révèle
ce que nous sommes. Le Notre Père signifie que nous sommes
fils de Dieu. C'est là notre définition la plus
profonde, puisque ainsi est exprimé ce que nous sommes
au regard de Dieu.
« Fils de Dieu », expression en soi tout à fait vide de sens, expression absurde. Pourtant, Dieu l'a rendue vraie en imprimant en nous son image. En nous, il a mis une part de son intelligence et de sa volonté. Il a mis en nous une «forme divine », grâce à laquelle nous sommes maîtres de nous-mêmes et maîtres du monde par participation.
Mais, nous ne sommes pas fils seulement
à titre de copie de notre Père du Ciel.
L'homme est bien davantage qu'une image de son Dieu. En nous créant,
Dieu a mis en nous une part de sa propre perfection; cette part,
toute modeste qu'elle soit, est infiniment digne d'amour.
L'amour de Dieu pour nous n'est pas gratuit, comme on le dit parfois.
Dieu a déposé en nous le motif même de son
amour. Il a trouvé en nous un reflet de soi-même,
et il nous a aimés. Ce reflet est si grand que Dieu a considéré
que nous étions un partenaire digne de lui. Aux yeux de
Dieu, l'homme est devenu celui à qui on lègue tout
ce qu'on possède, au point que Dieu lui attribue le nom
de fils. « Nous sommes appelés enfants de
Dieu, et nous le sommes », dit saint Jean (1 Jn 3, 1).
Nous sommes fils, parce que Dieu nous a aimés. Fils et
même enfants : la tendresse se mêle à la fierté
! « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui,
ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération
? », disait l'Écriture (Ps 8, 5; 144, 3; He 2, 6).
Mais la mort de Jésus va mettre un
comble à l'affirmation de l'amour de Dieu pour nous.
Dieu avait mis en dépôt son amour. Nous l'avons rejeté.
Malgré notre péché, malgré la révolte
de l'homme, il nous envoie son Fils qui meurt pour nous, qui meurt
pour nous sauver. Un tel amour ne s'invente pas. « L'amour
jaloux de Yahvé Sabaot l'a fait » (Is 9,6).
Désormais nous sommes des fils rachetés. Nous étions des fils dégénérés, nous sommes devenus fils adoptifs ! C'est le comble de l'amour de notre Père que de nous avoir engendrés à nouveau, en faisant de nous des fils pardonnés, destinés à la gloire et à la béatitude du ciel.
Prière des frères du Christ.
Mais, ce n'est pas tout, car chaque homme n'est pas seul devant
Dieu.
Nous avons des frères qui tous doivent dire cette prière.
Le Notre Père fait de nous des frères, fils du Père
commun dans le Christ. Nous ne pouvons prier notre Père
que lorsque nous sommes en paix avec lui et que nous sommes en
paix entre frères, ou, du moins, si nous voulons construire
cette paix. Il faut que la famille de Dieu soit au complet, et
qu'elle soit dans la paix.
Oui, Dieu est Notre Père.
Dès ce premier mot de l'Oraison dominicale,
le coeur se fond en amour.
Dieu veut être notre Père par une adoption particulière.
Il a un Fils unique qui lui est égal, en qui il a mis sa
complaisance : il adopte les pécheurs.
Les hommes n'adoptent des enfants que lorsqu'ils n'en ont point
: Dieu qui avait un tel Fils, nous adopte encore. L'adoption est
un effet de l'amour, car on choisit celui qu'on adopte; la nature
donne les autres enfants; l'amour seul fait les adoptifs.
Dieu qui aime son Fils unique de tout son amour, et jusqu'à
l'infini, étend sur nous l'amour qu'il a pour lui.
C'est ce que dit Jésus-Christ dans cette admirable prière
qu'il fait à son Père pour nous : Que l'amour
dont vous m'aimez soit en eux et moi Je suis en eux (Jn 17,
26). Aimons dont un tel Père. Disons mille et mille fois:
Notre Père, notre Père, notre Père, ne vous
aimerons-nous jamais ? Ne serons-nous jamais de vrais enfants
pénétrés de vos tendresses patemelles ?
Encore une fois, notre Père. Qu'est-ce qui nous fait dire,
notre Père ? Apprenons-le de saint Paul : " Parce
que vous êtes enfants, Dieu envoie en vous l'Esprit de son
fils qui crie en vous: Père, Père " (Ga
4,6). C'est donc le Saint-Esprit qui est en nous : c'est lui qui
forme en nous ce cri intime de notre coeur par lequel nous invoquons
Dieu comme un Père toujours prêt à nous entendre.
Le même saint Paul dit ailleurs "Ceux qui sont mus, qui sont conduits par l'Esprit de Dieu, sont les enfants de Dieu.... et Dieu nous envoie l'esprit d'adoption par lequel nous crions: Père, Père (Rm 8,14-15). C'est donc encore une fois le Saint-Esprit qui nous donne ce cri filial, par lequel nous recourons à Dieu comme à notre Père.
Pourquoi l'appelle-t-il un cri? Un grand
besoin fait crier.
Un enfant ne crie que lorsqu'il souffre ou qu'il a besoin. Mais
à qui est-ce qu'il crie dans son besoin, sinon à
son père, à sa mère, à sa nourrice,
à tous ceux dans qui la nature lui fait sentir quelque
chose de paternel ? Crions donc, car nos besoins sont extrêmes.
Nous défaillons, le péché nous gagne, le
plaisir des sens nous entraîne. Crions, nous n'en pouvons
plus, mais crions à notre Père.
Qu'est-ce qui nous porte à crier? Le Saint-Esprit, le Dieu-amour,
l'amour du Père et du Fils : Celui qui répand
l'amour dans nos coeurs (Rm5,5). Crions, crions donc avec
ardeur, et que tous nos os crient : O Dieu, vous êtes notre
Père!
Abraham et les autres Pères, dont nous venons selon la chair, nous ont ignorés, et Israël ne nous a pas connus. Mais vous, ô Dieu notre vrai Père, vous nous connaissez; et c'est vous qui nous envoyez du sein intime de votre coeur et de la source infinie qui est votre amour, cet esprit qui nous fait crier à vous comme à notre Père.
Cet esprit, ajoute saint Paul, rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Rm 8,16).
O Dieu qui entendra ce témoignage
du Saint-Esprit, qui nous dit intérieurement que nous sommes
enfants de Dieu ?
Quelle voix, lorsque dans la paix d'une bonne conscience, et d'un
coeur qui n'a rien à se reprocher qui le sépare
de Dieu; je ne sais quoi nous dit secrètement et dans l'intime
silence de notre coeur : Dieu est ton Père, tu es son enfant!
Passons : cette voix est trop intime, trop peu de personnes l'entendent.
Passons : une autre fois nous l'entendrons mieux : il faut être
plus affermi, plus enraciné dans le bien. Le Saint-Esprit
ne rend pas à tous ce témoignage secret. Quant à
lui, il voudrait le rendre à tous; mais tous n'en sont
pas dignes.
O Dieu, faites-nous-en dignes! C'est bien fait de le demander
à Dieu; car en effet c'est lui qui le donne, mais il nous
répond : Agis avec moi, travaille de ton côté,
ouvre-moi ton coeur, fais taire les créatures, dis-moi
souvent dans le secret : Notre Père, notre Père.
Notre Père, qui êtes aux cieux
Encore un coup : Notre Père; mais ajoutons à cette fois : Notre Père, qui êtes dans les cieux. Vous êtes partout, mais vous êtes dans les cieux comme dans le lieu où vous rassemblez vos enfants, où vous vous montrez à eux, où vous leur manifestez votre gloire, où vous leur avez assigné leur héritage.
Saint - Paul nous disait (Rm 8,16-17): L'Esprit rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Mais écoutons ce qu'il ajoute : Que si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. Ce n'est pas tout : concevons le comble de notre bonheur : Héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ, nous aurons le même héritage, le même royaume; nous serons assis dans son trône : nous aurons part à sa gloire, nous serons heureux en lui, par lui, avec lui; et c'est pourquoi nous crions : Notre Père, qui êtes dans les cieux, afin de bien conevoir où il nous appelle.
Aimons celui qui nous fait ses héritiers
et les cohéritiers de son cher Fils Jésus-Christ.
Qui pourrait ne l'aimer pas ? Qui pourrait ne pas désirer
ce bel héritage? Il n'est donné qu'à ceux
qui l'aiment.
Notre héritage, c'est Dieu même; il est notre bien,
il est lui seul notre récompense.
Je suis, dit-il, ton protecteur et ta trop grande récompense
(Gn 15, 1). Trop grande pour tes mérites, mais proportionnée
à l'immense bonté de ton Dieu.
Votre nom soit sanctifié
Votre nom soit sanctifié; votre règne
arrive; votre volonté soit faite en la terre comme au ciel.
C'est la perpétuelle continuation de l'exercice d'aimer.
Sanctifier le nom de Dieu, c'est le glorifier en tout et ne respirer
que sa gloire. Désirer son règne, c'est vouloir
lui être soumis de tout son cur, et vouloir qu'il règne
sur nous, et, non seulement sur nous, mais encore sur toutes les
créatures.
Son règne est dans le ciel, son règne éclatera
sur toute la terre dans le dernier jugement.
Mettons-nous donc en état de désirer ce glorieux
jour; puissions-nous être de ceux dont Jésus Christ
dit : Quand ces choses commenceront à se faire, quand
les signes avant-coureurs du dernier jugement paraitront; aux
approches de ce grand jour, pendant que le reste des hommes séchera
de crainte : regardez, et levez la tête, parce que votre
rédemption approche (Lc 21, 23).
Jésus Christ arrive pour chacun de nous, quand notre vie finit. Alors donc, aux approches de ce dernier jour, quand Jésus Christ frappe à la porte pour nous appeler; il faudrait être en état de le recevoir avec joie, et de lui dire : Que votre règne arrive; car je désire que ce qu'il y a en moi de mortel soit englouti par la vie (2Co5,4).
Mais qui de nous désire le règne
de Dieu? Qui de nous dit de bon coeur : Que votre royaume nous
arrive! C'est néanmoins [là] où nous préparait
cette parole : Notre Père, qui êtes dans les cieux.
C'est là notre maison : c'est notre demeure, puisque c'est
là qu'est celle de notre Père.
Nous ne sommes donc pas de bonne foi, quand nous disons : Que
votre règne arrive, ou ce qui est dans le fond la même
chose : Que votre royaume nous arrive.
Ce qui étouffe en nous ce désir qui devrait être
si naturel aux chrétiens, c'est que nous aimons le monde
et ses plaisirs; nous aimons cette vie pleine de toutes sortes
de maux, et, ce qui est pis, pleine de péché, qui
est le plus grand de tous les maux.
Rompons ces liens, et disons : Votre volonté soit faite.
C'est le vrai et parfait exercice de l'amour, de conformer sa
volonté à celle de Dieu. O notre Père, qui
êtes dans les cieux! on vous y aime et c'est pourquoi on
y fait son bonheur de votre volonté. Que ce qui se fait
dans le ciel se fasse sur la terre ! Que ce qui s'achève
là, se commence ici!
Cette vie ne doit pas être aimée, mais supportée,
dit saint Augustin : c'est le lieu de pèlerinage, le lieu
d'exil, le lieu de gémissements et de pleurs.
Donc, ô notre Père céleste, que votre règne arrive : que votre volonté soit faite.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour
C'est ici le vrai discours d'un enfant qui
demande en confiance à son père tous ses besoins,
jusqu'aux moindres.
0 notre Père, vous nous avez donné un corps mortel
: vous ne l'avez pas fait tel d'abord; mais nous vous avons désobéi,
et la mort est devenue notre partage. Ce corps infirme et mortel
a besoin tous les jours de nourriture; ou il tombe en défaillance,
ou il périt. Donnez-la-nous, donnez-la-nous simple, donnez-la-nous
autant qu'elle est nécessaire.
Que nous apprenions en la demandant, que c'est vous qui nous la
donnez de jour à jour.
Vous donnez à vos enfants, à vos serviteurs, à
vos soldats, si on veut qu'ils combattent sous vos étendards,
vous leur donnez chaque jour leur pain.
Que nous le demandions avec confiance ! Que nous le recevions
comme de votre main avec action de grâces!
Mais si vous trouvez à propos de nous le refuser, ô
Dieu notre bon Père! cela est rare, que ceux qui vous servent
manquent de pain.
Vous refusez souvent ce qui nourrit ses convoitises et les appétits
déréglés; car ils sont mauvais, et il est
plus digne de vous de les modérer que de les contenter.
Mais pour le nécessaire de la vie, vous ne refusez guère
à ceux qui vous craignent, et qui vous le demandent avec
humilité. Vous avez chargé les riches de donner
la subsistance aux pauvres, et vous avez tant attaché de
biens à l'aumône, que la source n'en peut point tarir
dans votre Eglise.
Mais enfin, s'il vous plaît, ô notre Père,
que nous manquions de ce pain ou de quelque autre chose nécessaire,
que dirionsnous ? Il en faudra revenir à la demande précédente
: Votre volonté soit faite; car ma vraie nourriture,
disait Jésus Christ, c'est de faire la volonté de
celui qui m'a envoyé (Jn 4,34).
Une autre version porte : Donnez nous notre
pain qui est au-dessus de toute substance; par où l'on
entend le pain de l'Eucharistie.
Ô Dieu, donnez-le-nous aujourd'hui, donnez-le-nous tous
les jours.
Fussions-nous dignes de communier toutes les fois que nous assistons
à votre sacrifice!
La table est prête, les convives manquent : mais, ô
Jésus, vous les appelez!
Désirons ce pain de vie, désirons-le avec ardeur
et avidité! Ceux qui ont faim et soif de la justice le
désirent : car toute grâce y abonde; et le parfait
exercice de l'amour, c'est de désirer sans cesse de recevoir
Jésus Christ.
Pardonnez-nous comme nous pardonnons
C'est une chose admirable comment Dieu fait
dépendre le pardon que nous attendons de lui, de celui
qu'il nous ordonne d'accorder à ceux qui nous ont offensés.
Non content d'avoir partout inculqué cette obligation,
il nous la met à nous-mêmes à la bouche dans
la prière joumalière; afin que si nous manquons
à pardonner, il nous dise comme à ce mauvais serviteur
: Je te juge par ta propre bouche, mauvais serviteur (Lc
19, 22). Tu m'as demandé pardon, à condition de
pardonner: tu as prononcé ta sentence, lorsque tu as refusé
de pardonner à ton frère. Va-t'en au lieu malheureux,
où il n'y a plus ni pardon, ni miséricorde.
C'est ce que Jésus Christ appuie en cet endroit; et c'est ce qu'il explique encore d'une manière terrible dans la parabole du serviteur rigoureux.
Ne nous induisez point en tentation; mais délivrez-nous du mal
Ne nous induisez point en tentation. On ne prie pas seulement pour s'empêcher de succomber à la tentation, mais pour la prévenir conformément à cette parole : Veillez et priez de peur que vous n'entriez en tentation (Mt 26,41). Non seulement de peur que vous n'y succombiez, mais de peur que vous n'y entriez.
Il faut entendre par ces paroles la nécessité de prier en tout temps, et quand le besoin presse, et avant qu'il presse. N'attendez pas la tentation; car alors le trouble et l'agitation de votre esprit vous empêchera de prier. Priez avant la tentation, et prévenez l'ennemi.
Dieu ne tente personne, dit saint Jacques
(ic 1, 13). Ainsi lorsque nous lui disons : Ne nous induisez point
en tentation, visiblement il faut entendre : ne permettez pas
que nous y entrions.
C'est aussi comme parle saint Paul : Dieu est fidèle
en ses promesses et il ne souffrira pas que vous soyez tentés
par-dessus vos forces (1 co lo, 13); mais nos forces consistent
principalement dans nos prières.
Délivrez-nous du mal. L'Église
explique : délivrez-nous de tout mal, passé, présent
et à venir.
Le mal passé, mais qui laisse de mauvais restes, c'est
le péché commis; le mal présent, c'est le
péché où nous sommes encore; le mal à
venir est le péché que nous avons à craindre.
Tous les autres maux ne sont rien qu'autant qu'ils nous portent
au péché par le murmure et l'impatience. C'est principalement
en cette vue que nous demandons d'être délivrés
des autres maux.
Délivrez-nous du mal. Délivrez nous du péché et de toutes les suites du péché; par conséquent de la maladie, de la douleur, de la mort; afin que nous soyons parfaitement libres. Alors aussi nous serons souverainement heureux.
Une autre version porte : Délivrez
nous du mauvais ; c'est-à-dire du démon notre ennemi,
et de toutes ses tentations.
Quand nous demandons des forces contre les tentations, ce n'est
pas seulement contre le démon, c'est encore contre nous-mêmes,
selon ce que dit saint Jacques : Chacun est tenté par
sa propre concupiscence, qui l'attire et qui l'emporte (Jc
1, 14) : c'est la grande tentation, et le démon même
ne nous peut prendre que par celle-là. Quelle est donc
notre faiblesse, puisque nous sommes nous-mêmes nos plus
grands ennemis !
Et nous ne craignons pas !
et nous dormons !
et nous négligeons notre salut !
et nous ne concevons pas la nécessité de prier !
Bossuet