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Synode
des Evêques pour l'Europe : octobre 1999
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EUROPE
: UNE "APOSTASIE TRANQUILLE"
Le Synode européen met le doigt dans la plaie du christianisme européen
CITÉ DU VATICAN, 4 oct. (ZENIT)
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Le Synode de l'Europe n'a pas perdu de temps.
Dès les premières interventions, les pères
du Synode ont présenté les grands défis que
l'Église doit affronter si elle ne veut pas devenir une
réalité du passé dans l'Europe du troisième
millénaire.
Le Cardinal Antonio Maria Rouco Varela, Cardinal de Madrid, relateur du Synode, a dit clairement à la presse que les 197 pères synodaux et les quelque 50 auditeurs et délégués, répondront à une question particulièrement importante : "Qu'est-ce que l'Église a à dire à une Europe qui, après la chute du Mur voit se renforcer les liens politiques et culturels du continent ? mais surtout : "que peut-on dire à un continent qui semble s'acheminer vers une " apostasie tranquille " ?
Les réponses n'ont pas tardé. Jusqu'au 11 octobre, la résistance physique des participants du Synode va être soumise à rude épreuve : ils entendront une moyenne de 25 ou 30 discours par jour. Jean-Paul II suit toutes les sessions, comme n'importe quel évêque.
Échec du christianisme ? L'expression "apostasie tranquille" avait été prononcée dans la salle du Synode quelques minutes avant la rencontre du Card. Rouco avec la presse, par le Cardinal Pierre Eyt, archevêque de Bordeaux, qui proposa une analyste particulièrement réaliste de la situation en Occident. "L'idée que le christianisme aurait échoué en Europe est une idée répandue, entraînant parfois des programmes de distanciation entre l'Église, le christianisme, la culture contemporaine. Il s'ensuit une sorte d' 'apostasie tranquille' d'une majorité d'européens, du moins à l'ouest, et tout spécialement parmi les adolescents et les jeunes".
S'inspirant des Pères de l'Église, le cardinal français a reconnu que "l'âme européenne a cessé d'être naturellement chrétienne". Le Cardinal Paul Poupard, "ministre" de la culture du Saint-Siège, a prononcé des paroles dures mais en même temps particulièrement éloquentes pour décrire le panorama culturel européen : "agnosticisme intellectuel, amnésie culturelle, anomie éthique, asphyxie religieuse, anémie spirituelle". Le Card. Poupard, qui est aussi co-président du Synode, a fait remarquer que "le doute et l'ironie, la contestation et la critique, le scepticisme et l'agnosticisme n'ont jamais rien construit, pas plus que ce consensus mou". "Moins chrétienne, la culture européenne est devenue moins humaine. Dès lors, évangéliser la culture européenne, c'est lui donner de redevenir une culture pleinement humaine".
Le drame européen
André Fort, évêque de Perpignan-Elne, a quant à lui déclaré : "Notre trop grande discrétion dans l'affirmation de notre espérance de la vie éternelle et de notre désir de la 'venue du Christ qui seul peut détruire la mort', a de graves conséquences. Dans une condition humaine amputée de sa dimension eschatologique, les échecs, la souffrance et la mort deviennent insupportables". "Le Christ n'est ni désiré ni attendu parce qu'il n'est pas véritablement aimé. Le sens chrétien du sacrifice devient alors incompréhensible et le sacerdoce apparaît inutile".
Donner les raisons de notre espérance
Les pères du Synode ont clairement montré où était le mal mais cela ne leur a pas ôté leurs raisons d'espérer. Il y a des signes réels d'un nouveau printemps de l'Esprit en Europe. Un grand nombre d'intervenants, et notamment le Cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague, ont souligné l'importance des nouveaux mouvements ecclésiaux dont le mérite est d'avoir redécouvert comment vivre sa foi de manière engagée dans cette nouvelle Europe. "C'est une honte pour nous, maîtres de l'Église, de nous mettre à l'écoute de ces expériences" qui "avant même de transmettre la vie chrétienne, se sont engagées à la vivre", a expliqué le cardinal tchèque, également président des Conférences Épiscopales Européennes. Il peut y avoir de "immaturité, de l'exagération et parfois même des déviations", mais les mouvements traversent en ce moment "une nouvelle étape de maturité ecclésiale", a-t-il déclaré.
Le Cardinal Eduardo Martínez Somalo, préfet de la Congrégation vaticane pour les instituts de vie consacrée, a souligné qu'il existe un contraste étonnant entre la vide spirituel qui asphyxie l'Europe et la force des 450.000 religieuses et 100.000 religieux qui ont consacré leur vie, en Europe.
On a également entendu des témoignages réconfortants qui ouvrent de nouveaux horizons au christianisme en Europe comme celui de l'évêque tchèque Frantisek Radkovsky. "Pendant la persécution communiste", a-t-il raconté, "Jésus était présent au milieu de nous et nous donnait la force pour aimer nos ennemis et supporter ensemble les malheurs, avec la joie et l'espérance de la victoire du Christ". "Les innombrables martyrs de notre époque (il y en a eu plus de 10.000 dans le monde au cours de ce siècle) sont un défi vivant pour l'Église du troisième millénaire, surtout pour les jeunes", a ajouté un évêque ukrainien, Mgr Michel Hrynchyshyn.
ZF99100403
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"LA FEMME MET EN RELIEF LA VALEUR LA PLUS GRANDE DE L'ÉGLISE : L'AMOUR"
Jean-Paul II a demandé à 18 femmes de participer au Synode des Évêques
CITÉ DU VATICAN, 4 oct. (ZENIT) - Jean-Paul II a voulu inaugurer le Synode des Évêques de l'Europe en proclamant Edith Stein, Catherine de Sienne et Brigitte de Suède, patronnes de l'Europe. Une décision qui, comme lui-même le précise dans la lettre apostolique qui a accompagné cette nomination, est "une claire reconnaissance de la dignité des dons spécifiques de la femme".
Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari et auditrice du Synode, a déclaré que cette proclamation est "un acte de justice". Elle a précisé aux micros de "Radio Vatican" que l'on "parle maintenant beaucoup d'égalité entre l'homme et la femme". "Il était juste que l'Église fasse quelque chose de ce genre", a-t-il déclaré. "Il s'agit qui plus est d'un geste qui sort d'un coeur profondément humain, comme celui du Saint Père, qui aime profondément le genre féminin. J'espère qu'il y aura une réaction dans toute l'Église et également dans le monde. Nous savons très bien ce qu'a fait Sainte Catherine de Sienne pour l'Europe. D'autre part, Edith Stein, comme l'a bien expliqué le Pape, est la représentante de ce siècle abruti par tant d'idéologies, de sacrifices et de martyrs. Pour terminer, Sainte Brigitte, qui a fondé un ordre qui fait actuellement un travail fabuleux dans le domaine oecuménique".
Chiara Lubich estime que ces trois femmes ont beaucoup à dire au monde d'aujourd'hui. "La femme, qui n'a pas besoin de devenir prêtre, a une contribution unique à offrir. Elle met en relief ce qui est fondamental dans l'Église, ou mieux encore, ce qui se trouve au plus profond de l'Église, la valeur la plus intime, la plus grande : l'amour. La femme, comme le dit également le Saint Père, dans la "Mulieris dignitatem" je crois, est en quelque sorte davantage capable d'amour que l'homme. Parmi les hommes il y a eu des géants de l'amour comme Camille de Lellis, Saint Vincent de Paul, etc. mais la sensibilité, la personnalité, le caractère propre de la femme consiste à être capable d'amour de manière spéciale. Et cela aussi parce qu'elle est capable de souffrir davantage. Nous voyons par exemple que la femme se sacrifie pour la maternité, elle sait le faire avec amour. C'est peut-être cela, qui peut parfois manquer à l'Église, que la femme doit apporter à l'Église".
Pour garantir la présence féminine au Synode, Jean-Paul II a nommé 18 femmes, religieuses et laïques, certaines comme expertes, d'autres comme auditrices. Parmi elles figurent : l'italienne Paola Bignardi, présidente nationale de l'Action Catholique (auditrice), Soeur Enrica Rosanna,professeur de sociologie à l'institut universitaire Auxilium de Rome(experte), l'écrivain d'origine russe, ancienne assistante d'Alexandre Solzjenitsin, Irina Alberti (auditrice) et soeur Tekla Famiglietti, abbesse générale des soeurs de Sainte Brigitte (auditrice). Il y a également deux femmes de Bosnie parmi les auditrices : Sanja Horvat, infirmière et étudiante en théologie à l'Institut théologique de Sarajevo et Ana Huml, experte de télécommunications. Parmi les auditeurs figure également un couple polonais Stanislaw (étudiants en pastorale familiale à l'Université Pontificale du Latran).
ZF99100404
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L'HEURE DE
LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION EN EUROPE EST ARRIVÉE
Message final du Synode des Évêques de l'Europe
CITÉ DU VATICAN, 22 oct. (ZENIT) -
Le Christ est la clé qui permet de comprendre en plénitude l'Europe d'aujourd'hui et celle de demain. C'est le message central qui a été proclamé en conclusion du Synode des évêques de l'Europe.
L'espérance est la "boussole" que les participants du Synode proposent aux croyants d'Europe pour interpréter ce qui se passe en ce moment sur le continent. Une espérance "affaiblie, remise en cause et détruite par tant de formes de souffrance, d'angoisse et de mort qui traversent le coeur de nombreux européens". Et pourtant, aujourd'hui, en dépit des apparences, il est encore possible d'espérer. Le Christ continue à être "l'unique espérance authentique de l'homme et de l'histoire". Avec le Christ "notre existence a un sens, (....) la diversité peut devenir richesse, la souffrance peut devenir salvifique" et la vie vaincra la mort.
Signes d'espérance
dans l'Église
L'espérance chrétienne est stimulée par des
signes concrets et clairs en Europe, aujourd'hui. Le Synode signale
entre autres l'exemple des nombreux martyrs contemporains de toutes
les confessions chrétiennes ; la sainteté de tant
d'hommes et de femmes de notre temps ; la liberté retrouvée
en Europe de l'est ; la rénovation dans l'Église
et la redécouverte de la primauté spirituelle de
sa mission ; la diffusion des nouveaux mouvements ecclésiaux
; l'élan missionnaire ; la présence et l'action
croissante de la femme ; les progrès dans le dialogue oecuménique.
Tout cela est en même temps un don et une responsabilité
qui appellent les chrétiens à emprunter des sentiers
obligés. Avant tout, cette responsabilité exige
"un examen de conscience humble et courageux pour reconnaître
nos peurs et nos erreurs, pour confesser avec sincérité
nos
lenteurs, nos omissions, nos infidélités et nos
fautes".
Nous pourrons ainsi jeter les bases
d'une nouvelle évangélisation, la réponse
de l'Église à "la grave situation d'indifférence
religieuse de tant d'européens". Cette nouvelle évangélisation
de l'Europe passe nécessairement, selon les évêques,
par la catéchèse comme réponse aux défis
du dialogue entre la raison et la foi, la foi et la science ;
par la redécouverte du sens du mystère dans la liturgie,
dans une société de consommation.
En ce qui concerne la vie sociale, les
évêques sont convaincus que "dans une Europe
marquée par de nouvelles fermetures sur soi et par diverses
formes d'égoïsmes, la charité qui agit, est,
de la part des personnes et des communautés, l'unique voie
que l'on puisse emprunter pour redonner
espérance à qui est sans espérance".
"Décidons-nous donc à aimer !", ont-ils
déclaré.
Signes d'espérance
dans la nouvelle Europe
Mais les signes concrets de la présence de l'Esprit ne
sont pas seulement dans l'Église : avec une perspective
de foi on peut également voir des
signes d'espérance dans l'histoire récente de l'Europe.
L'histoire de ce siècle a été tâchée
d'ombres comme le poids énorme de la violence et du
silence "coupable" de l'Europe face aux crimes horribles
perpétrés dans certains pays. Et pourtant, après
ces passages dramatiques, il y a des
promesses encourageantes comme la réconciliation entre
les gouvernements, l'élargissement de l'Europe, l'expansion
de la démocratie, les progrès décisifs dans
le domaine des droits de l'homme. Il s'agit d'attitudes qui devraient
devenir la base pour pouvoir réaffirmer la "suprématie
des valeurs éthiques et spirituelles".
Le message du Synode se termine par une
série d'appels adressés à tous les chrétiens
d'Europe et en particulier à ceux qui ont des responsabilités
dans le domaine des institutions, de la politique, et de la culture.
Il invite à élever la voix quand les droits de l'homme
des individus et des peuples sont bafoués, en commençant
par le droit à la liberté religieuse ; à
veiller à tout ce qui touche à la vie, à
la famille, à l'éducation ; à
poursuivre courageusement le processus d'intégration européenne
; à tenter de résoudre en faisant preuve de justice
et de solidarité le phénomène grandissant
de l'immigration, en veillant en même temps à ce
que l'Europe reste ouverte au monde à travers des formes
de coopération et de solidarité envers les pays
les plus pauvres ; et pour terminer il demande que l'on garantisse
aux jeunes et aux femmes un avenir plus humain à travers
le travail, la culture et l'éducation.
Après la publication du Message
final du Synode de l'Europe, les participants ont voté
cet après-midi les propositions définitives qui
seront présentées au Pape comme conclusion de cette
assemblée qui se terminera demain matin par une Eucharistie
solennelle présidée par le Pape
Jean-Paul II dans la Basilique Saint Pierre au Vatican.
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