Cet article correspond à
des notes de conférence. Nous en avons conservé
le style.
Le Souverain Pontife a approuvé
sous forme spécifique une instruction sur quelques questions
concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère
des prêtres.
Ce document est issu de 8 dicastères
de la curie romaine, ce qui en accentue l'importance. En peu de
lignes, il cite 45 fois le droit canon, législation fondamentale
de l'Eglise, il s'agit donc plus d'un rappel autorisé de
la loi ecclésiastique que d'une simple instruction à
caractère pastoral.
Ce texte a reçu en France un accueil divers, les réactions
négatives ayant, comme d'habitude, eu une plus grande répercussion
médiatique ; cependant, elles ne doivent pas occulter les
réactions positives. Faut-il rappeler quand même
que la France n'a plus le même poids au niveau de l'Eglise
et qu'un tel texte n'est pas écrit pour nous seuls comme
si nous étions le point de mire d'une curie ombrageuse.
Combien d'évêques en pays de mission,
qui ont à faire face à des problèmes bien
plus graves en matière de pénurie sacerdotale, trouvera
en ce texte des directives qui lui permettront d'agir sans porter
atteinte à la constitution divine de l'Eglise qu'il a l'honneur
redoutable de devoir fonder solidement dans son pays en préservant
l'avenir. Tant il est vrai que la construction rapide et incertaine
sur le sable expose la maison à disparaître à
la première tempête alors que la patiente et lente
fondation sur le roc établit l'Eglise pour des siècles:
"le but de ce document est simplement de fournir une réponse
claire et autorisée aux pressantes et nombreuses demandes
parvenues à nos Dicastères de la part d'évêques,
de prêtres et de laïcs qui, confrontés à
de nouvelles formes d'activité 'pastorale' des fidèles
non-ordonnés, ont demandé des éclaircissements".
En outre, il ne faut pas lire
ce document sous un angle exclusivement négatif, à
savoir l'exclusion des laïcs de certaines formes de collaboration.
Le "non" de l'Eglise est pour un "oui" : il
faut laisser au fidèle laïc sa mission spécifique
et nécessaire à l'évangélisation.
Lorsque cette instruction ne veut pas que les laïcs se substituent
au prêtre, même en son absence, c'est "afin
de bien préserver tant la nature et la mission du ministère
sacré que la vocation et le caractère séculier
des fidèles laïcs".
Enfin, quand bien même ce document réprouve-t'il
certaines pratiques actuelles, ceci est-il une raison suffisante
pour le condamner ? "Que nous ayons à modifier
pour les rectifier certaines pratiques et à corriger certains
de nos propos n'aura rien de traumatisant, encore moins d'humiliant,
si nous savons le faire dans la conviction qu'obéir en
Eglise c'est obéir au Christ, et qu'une Eglise infidèle
au Christ se rend incapable de 'Proposer la foi dans la société
actuelle' et de témoigner à la face de du monde
du 'Don de Dieu' qui lui est fait" (Mgr Fort, évêque
de Perpignan).
Dans cet article, à la lumière des actes du Magistère,
nous verrons quel est le rôle des fidèles laïcs,
avant de donner les dispositions pratiques de cette instruction
romaine.
I- Une saine conception de l'Eglise
1- Une "communion
organique" (avant-propos de l'instruction)
A l'heure présente,
deux maux nous empêchent d'avoir une conception exacte de
la société des hommes, et l'Eglise, en ce qu'elle
prolonge l'incarnation du Verbe, a nécessairement une dimension
sociale. D'une part, l'individualisme foncier qui, séparant
la liberté créée de sa dépendance
à la vérité, ne peut admettre que l'être
humain soit dépendant : l'individu est autonome et autosuffisant.
D'autre part, le marxisme de ce siècle a exercé
une telle influence dans les esprits que la notion de pouvoir
ne peut se concevoir qu'en termes de lutte des classes et d'inégalité.
Le rapport laïcs-prêtres est conçu en ces termes.
La réalité est toute autre. L'Eglise, plus encore
que la société, est un corps organique composé
de différents membres ayant entre eux des relations réciproques
au service de l'ensemble. A des titres divers, nous sommes tous
membres du Christ, et les dons ou charismes des uns et des autres
sont donnés pour l'édification du tout. Que mes
lecteurs relisent ici le chapitre 12 de la première épître
aux Corinthiens! Le ciment de ce bel édifice est la Charité
(chapitre 13). Au lieu d'opposer, il faut réunir dans la
complémentarité. Ainsi, dans la société
civile, je "dépends" du boulanger pour le pain
que je ne sais pas faire, du menuisier pour écrire sur
une belle table; tous deux ont un "pouvoir" que je n'ai
pas! Ce pouvoir n'est pas à considérer dans un rapport
dominatif, perversion du pouvoir, mais comme une capacité
au service des clients, et d'un service accompli avec amour. Les
uns et les autres restent au service du Bien Commun qui est "l'établissement
de conditions publiques normales et stables, telles qu'aux individus
aussi bien qu'aux familles il ne soit pas difficile de mener une
vie digne, régulière, heureuse selon la loi de Dieu"
(Pie XII).
Il en est de même dans l'Eglise: "il y a en effet
une collaboration de tous les fidèles dans chacun des deux
domaines de la mission de l'Eglise : tant dans la spère
spirituelle pour porter aux hommes le message du Christ et de
sa grâce, que dans la sphère temporelle pour imprégner
et perfectionner l'ordre des réalités du monde de
l'esprit de l'Evangile. Dans le premier domaine spécialement
-évangélisation et sanctification- l'apostolat des
laïcs et le ministère pastoral se complètent
mutuellement" . Le document précise comment les
fidèles laïcs peuvent se rendre actifs:
-par un témoignage cohérent de vie personnelle,
familiale et sociale.
-par l'annonce et le partage de l'Evangile de Jésus-Christ
dans tous les milieux.
-par l'effort pour expliquer, défendre et appliquer correctement
aux problèmes actuels les principes chrétiens.
Ainsi comprise, la sanctification et l'action apostolique
des fidèles laïcs sont, dans un monde sans référence
chrétienne, de plus en plus urgentes, nécessaires,
et irremplaçables par les prêtres.
2- Constitution
divine de l'Eglise
Fondée par Jésus-Christ, l'Eglise est constituée
divinement et aucun pouvoir humain ne peut modifier sa structure
fondamentale. L'Eglise, selon Bossuet, "c'est Jésus-Christ
répandu et continué à travers ses membres".
Aussi, toute action n'aura en elle de valeur que dans la mesure
où cette action découle du Christ, donc s'origine
en quelque sacrement ; et tout sacrement, puisqu'il donne à
l'homme d'être et d'agir selon le Christ, confère
un ministère dépendant du Christ : "les
pasteurs sont exhortés à reconnaître et promouvoir
les ministères, offices et fonctions des fidèles
laïcs, offices et fonctions qui ont leur fondement sacramentel
dans le baptême, dans la confirmation, et de plus, pour
beaucoup d'entre eux, dans le mariage".
Pareillement, le ministère sacerdotal n'est pas attribué
par les hommes ou par la communauté chrétienne,
mais par le sacrement de l'ordre qui confère la "faculté
et la responsabilité d'agir dans le Christ Tête et
Pasteur de son Eglise". Ministre, le prêtre est
"totalement au service de l'Eglise...Entièrement
dépendants du Christ qui donne mission et autorité,
les ministres sont vraiment 'esclaves du Christ', à l'image
du Christ qui a pris librement pour nous 'la forme d'esclave'.
La parole et la grâce dont ils sont les ministres ne sont
pas les leurs, mais celles du Christ qui les leur a confiées
pour les autres". Nul ne peut s'attribuer ce rôle,
nul ne doit se l'accaparer. Mais tout chrétien doit reconnaître
son caractère irremplaçable: "le
sacerdoce ministériel est nécessaire à l'existence
même de la communauté en tant qu'Eglise",
c'est-à-dire qui "doit au Christ sa direction"
: "si dans la communauté le prêtre fait défaut,
elle se trouve privée de l'exercice et de la fonction sacramentelle
du Christ Tête et Pasteur, essentielle pour la vie même
de la communauté ecclésiale". En conséquence,
les fidèles ne doivent pas s'habituer à la raréfaction
des prêtres, mais plutôt prier et tout mettre en oeuvre
pour l'éclosion des vocations: "tous les fidèles
sont corresponsables, en contribuant à encourager l'acquiescement
à la vocation sacerdotale, et en se dégageant de
l'indifférence de leur milieu, surtout dans les sociétés
fortement marquées par le matérialisme".
II- La Mission du
laïc chrétien
1) dimension
séculière:
Le propre de la mission du fidèle laïc est de "chercher
Dieu à travers la gérance des choses temporelles
qu'ils ordonnent selon Dieu" (CL9). Aussi, selon le Concile
Vatican II, "le caractère séculier est le
caractère propre et particulier des laïcs" (Lumen
Gentium 31). Il revient au fidèle, selon les termes de
l'instruction romaine déjà cités plus haut,
de "perfectionner les réalités de ce monde
de l'esprit de l'Evangile".
Cette mission les place vraiment dans l'Eglise: "Déjà
Pie XII affirmait: 'les fidèles, et plus précisément
les laïcs, se trouvent sur la ligne la plus avancée
de la vie de l'Eglise; par eux, l'Eglise est le principe vital
de la société humaine. C'est pourquoi, eux surtout,
doivent avoir une conscience plus claire, non seulement d'appartenir
à l'Eglise, mais d'être l'Eglise."(CL9).
"Appelés par Dieu à travailler comme du
dedans à la sanctification du monde, à la façon
d'un ferment... les images évangéliques du sel,
de la lumière et du levain s'appliquent de façon
toute spéciale aux fidèles laïcs" (CL
15).
Qu'en est-il alors du sacerdoce commun des fidèles
? Ils participent à la triple fonction du sacerdoce du
Christ, prêtre, prophète et roi, de la manière
suivante:
- ils participent à l'office sacerdotal du Christ par l'offrande
de toute leur vie dans le sacrifice du Christ qui est aussi le
leur (cf la prière Orate Fratres de la messe).
-ils participent à l'office prophétique en recevant
l'Evangile dans le Foi, en l'annonçant par la parole et
par les actes, sans hésiter à dénoncer courageusement
le mal. "Au surplus, ils sont appelés à
faire briller la nouveauté et la force de l'Evangile dans
leur vie quotidienne, familiale et sociale, comme aussi à
exprimer, avec patience et courage, dans les difficultés
de l'époque présente leur espérance de la
gloire, même à travers les structures de la vie du
siècle"
- ils participent à l'office royal "en vivant
la royauté chrétienne par le combat spirituel qu'ils
mènent pour détruire en eux le règne du péché
(et donc l'esclavage), et par le don d'eux-mêmes pour servir"
(CL14).
Mais seul le prêtre exerce le sacerdoce du Christ selon
la modalité spéciale et ministérielle de
Pasteur, proclamant avec autorité la Parole
de Dieu, célébrant au nom du Christ les sacrements
et gouvernant les fidèles dans l'unité par
une juridiction qu'au travers de l'Eglise il tient du Christ.
2) sainteté du fidèle laïc :
Distinct du prêtre, le laïc n'en doit pas moins chercher
la sainteté de son état, sainteté multiforme
à laquelle tout baptisé est appelé et qui
consiste à vivre selon et dans le Christ. Saint François
de Sales exprime merveilleusement la diversité de la même
sainteté, selon les états de vie : "Dieu
commanda à la création, aux plantes de porter leurs
fruits, chacun selon son genre: ainsi commande-t'il aux chrétiens,
qui sont les plantes vivantes de son Eglise, qu'ils produisent
des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité
et vocation. La dévotion doit être différemment
exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet,
par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée;
et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de
la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de
chaque particulier... C'est une erreur, même une hérésie,
de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats,
de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage
des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la
dévotion purement contemplative, monastique et religieuse,
ne peut être exercée en ces vocations-là ;
mais aussi, outre ces trois sortes de vocation, il y en a plusieurs
autres, propres à perfectionner ceux qui vivent en états
séculiers ... Où que nous soyons, nous pouvons et
nous devons aspirer à vie parfaite" (cité
en CL 57).
A chacun son rôle, encore pour le bien de tous. Dans un
tel contexte, on a trop oublié que la première fonction
du prêtre est de prier au nom du peuple chrétien,
par le bréviaire, prière officielle de l'Eglise.
Même le peuple chrétien en arrive à avoir
une conception trop fonctionnelle et activiste du sacerdoce.
3) en pratique :
Il y a une place active pour le fidèle laïc dans
la sainte liturgie, qui est l'action de toute l'Eglise. "Il
est tout naturel que les actes qui ne sont pas propres aux ministres
ordonnés soient exécutés par les fidèles
laïcs" (CL 23).
Si par contre, en raison de circonstances particulières,
le fidèle laïc est appelé à participer
à la charge pastorale du prêtre, cette collaboration
n'est pas une substitution. Dans ces tâches en laquelle
la collaboration du laïc peut être possible, il convient
d'éviter deux risques:
- que cette collaboration du laïc soit considérée
comme un "ministère" (ib) alors qu'elle
n'est qu'une "suppléance" par défaut
de ministres et donc pour un temps. "L'exercice d'une
telle fonction ne fait pas du fidèle laïc un pasteur".
Certaines pratiques peuvent conduire à la confusion,
"cela favorise entre autre la diminution du nombre des
candidats au sacerdoce". L'instruction romaine entend
baliser les conditions de cette suppléance. En particulier,
une telle suppléance s'exerce en lien nécessaire
en dépendance du pasteur duquel il tire "sa légitimité"
par "délégation officielle". "Dans
l'exercice concret de sa fonction, le suppléant est soumis
à la direction de l'autorité ecclésiastique".
- que cette collaboration détourne le fidèle de
sa vraie vocation: "les différents offices et fonctions
que les fidèles laïcs peuvent légitimement
exercer, dans la liturgie, dans la transmission de la foi et dans
les structures pastorales de l'Eglise, devront l'être en
conformité avec leur vocation laïque spécifique,
différente de celle des ministères sacrés"
(CL 23). Sans cela, il se crée une "tendance à
la 'cléricalisation' des fidèles laïcs et le
risque de créer en fait une structure ecclésiale
de service parallèle à celle qui est fondée
sur le sacrement de l'Ordre" (ib). Cléricalisation
des laïcs qui découle d'une sécularisation
de l'Eglise et du sacerdoce.
4) modes d'action :
Le fidèle laïc est appelé à agir
a- au sein
de la paroisse ,
en union étroite avec le prêtre. La paroisse ne se
résume pas dans le seul clergé, c'est aussi les
fidèles, les familles comme cellules de base, les diverses
activités qui démultiplient l'action des prêtres
comme autant de satellites. Beaucoup de ces activités sont
de la compétence propre des laïcs, comme le scoutisme
ou les associations de familles, attendant du prêtre son
rôle spirituel, mais non directif, de "conseiller religieux".
b- par un apostolat
personnel de tous
les jours. Le Concile Vatican II nous le rappelle "l'apostolat
que chacun doit exercer personnellement et qui découle
toujours d'une vie vraiment chrétienne est le principe
et la condition de tout apostolat des laïcs même collectif,
et rien ne peut le remplacer. Cet apostolat individuel est toujours
et partout fécond, il est en certaines circonstances le
seul adapté et le seul possible. Tous les laïcs y
sont appelés et en ont le devoir, quelle que soit leur
condition, même s'ils n'ont pas l'occasion ou la possibilité
de collaborer dans des mouvements"(AA 16).
"Grâce à cette forme d'apostolat, le rayonnement
de l'Evangile peut s'exercer d'une façon très capillaire,
en atteignant tous les milieux et tous les lieux avec qui est
en contact la vie quotidienne des laïcs... Rayonnement constant,
parce que lié à la cohérence continuelle
de la vie personnelle avec la foi, et en même temps rayonnement
particulièrement incisif, parce que, dans un
partage total des conditions de vie, de travail, des difficultés
et des espérances de leurs frères, les fidèles
laïcs peuvent atteindre le coeur de leurs voisins, de leurs
amis, de leurs collègues, et l'ouvrir à l'horizon
total, au sens plénier de l'existence: la communion avec
Dieu et les hommes"(CL 28).
c- droit
associatif des laïcs dans l'Eglise: l'Eglise reconnaît ce droit naturel qui
correspond à la nature sociale de la personne humaine.
Elle reconnaît "la liberté d'association
des fidèles laïcs dans l'Eglise.. droit qui ne dérive
pas d'une sorte de concession de l'autorité, mais qui découle
du baptême"(CL29). Le baptême en effet nous
fait "citoyen" de l'Eglise, avec tous les droits et
les devoirs que cela comporte. Le droit de l'Eglise retiendra
deux formes d'association:
-celles "publiques" qui, poursuivant des fins
qui, de soi, sont réservées à l'autorité
ecclésiastique (comme d'enseigner la doctrine chrétienne
au nom de l'Eglise ou de promouvoir le culte public), ne peuvent
être érigées et dirigées que par cette
autorité; le prêtre qui les accompagne est nommé
par l'Ordinaire et porte le titre d'aumônier.
- celles "privées" qui sont fondées
et dirigées librement par les fidèles laïcs
eux-mêmes; le prêtre qui les accompagne est librement
choisi par les fidèles "parmi les prêtres
exerçant légitimement le ministère dans le
diocèse"(CIC 324); l'Ordinaire le confirme et
il porte le titre de conseiller spirituel.
De telles associations sont utiles et participent à l'action
évangélisatrice de l'Eglise dans le domaine éducatif,
des écoles, de la santé, de la famille, juridique...
Reconnues par l'autorité ecclésiastique, cette dernière
est garante de sa catholicité selon cinq critères:
"le primat donné à la vocation de tout chrétien
à la sainteté" (but spirituel en premier),
"l'engagement à professer la foi catholique ..
dans son contenu intégral", "le témoignage
d'une communion solide et forte... avec le Pape et l'Evêque",
"l'accord et la coopération avec le but apostolique
de l'Eglise", "l'engagement à être présents
dans la société humaine" (CL31). En dehors
de ces critères, ces associations conserve au sein de l'Eglise
leur légitime autonomie par rapport à l'autorité
ecclésiastique.
5) les domaines d'action du laïc chrétien :
Ce domaine est très large, on l'a vu, c'est le monde qu'il
faut imprégner et perfectionner de l'esprit de l'Evangile:
"c'est le monde, vaste et compliqué,
de la politique, de la réalité sociale, de l'économie
; comme aussi celui de la culture, de la science et des arts,
des la vie internationale, des instruments de communication sociale
; et encore d'autres réalités particulièrement
ouvertes à l'évangélisation, comme celle
de l'amour, de la famille, de l'éducation des enfants et
des adolescents, le travail professionnel et la souffrance"(Paul
VI Evangelii nuntiandi, 7O). Pour cela il faut de plus en plus
de "laïcs pénétrés d'esprit
évangélique, responsables de ces réalités,..
compétents dans le travail."(ib).
Plus précisément, l'exhortation apostolique sur
la vocation et la mission des laïcs indique:
-"chacun a la mission et la responsabilité de reconnaître
la dignité personnelle de tout être humain et de
défendre son droit à la vie"(CL38):
cela s'adresse à un titre particulier au monde de la santé,
aux parents et aux éducateurs, à ceux qui exercent
un pouvoir politique ou économique. Il est urgent que tout
laïc chrétien prenne conscience de la gravité
de cette question. Outre les inquiétudes que nous pouvons
avoir d'une bioéthique que n'oriente aucune morale, il
n'y a plus, en notre pays, de sécurité de vie, ni
au commencement, ni au terme de notre vie! Combien ont à
témoigner de l'Evangile au prix de lourds sacrifices :
"il existe un témoignage cohérent que tous
les chrétiens doivent être prêt à rendre
chaque jour, même au prix de souffrances et de durs sacrifices"
(Veritatis Splendor 93).
-la défense de la liberté d'invoquer le nom du
Seigneur (CL39): est-ce le cas en notre pays où l'école
confessionnelle n'a pas les mêmes droits que l'école
dite neutre mais en fait athée? Où les parents chrétiens
sont obligés de payer deux fois l'école? La liberté
de l'évangélisation est aussi l'affaire des laïcs,
et cette liberté est obtenue parfois au prix du martyre
de nombre d'entre eux "sommet de l'apostolat des disciples
du Christ"(ib.).
-l'apostolat de la famille, premier espace de l'engagement
social
-le domaine du caritatif: la charité est le
principe vital de l'agir chrétien, une charité "attentive
à la totalité des besoins de l'être humain";
cette charité sous toutes les formes des oeuvres de
miséricorde corporelle et spirituelle "représente
le contenu le plus immédiat, le plus commun et le plus
habituel de l'animation chrétienne de l'ordre temporel"
(CL41). Cette action s'impose à tout chrétien sous
l'une ou l'autre de ses formes.
-la charité politique dont les laïcs "ne
peuvent absolument pas renoncer à participer"(CL42).
Certes, il s'agit de politique au sens large, soit le service
du bien commun, mais il est utile de rappeler aujourd'hui que
l'action du laïc ne doit pas s'enfermer à la seule
sphère familiale. Outre que c'est une imprudence puisque
la famille, en tant que cellule, dépend vitalement de l'organisme
de la société, mais c'est une forme, répandue
de nos jours, "d'individualisme" familial. Le critère
fondamental de cette action est "la poursuite du bien
commun... basé sur un esprit de service... pour une animation
chrétienne de l'ordre temporel" (ib.). En ce domaine,
le laïc est autonome, recevant de l'Eglise l'éclairage
de la doctrine sociale.
-le domaine économique et social: CL43 donne un
résumé de la doctrine de l'Eglise.
-le domaine culturel et éducatif: "en face d'une
culture qui se présente comme détachée non
seulement de la foi chrétienne mais même des valeurs
humaines, comme aussi devant une certaine culture scientifique
et technologique impuissante à fournir une réponse
à la demande de vérité et de bien qui brûle
dans le coeur des hommes" (CL44) l'Eglise a le devoir
de se rendre présent par ses fidèles, afin d'exercer
son influence sur la formation des mentalités et des moeurs.
A ce sujet, il convient de rappeler la responsabilité propre
des parents dans le domaine scolaire en lequel "la famille
a une priorité de droits par rapport à la société
civile" (Pie XI). L'école doit "s'harmoniser
positivement avec la famille et l'Eglise" (ib). Le devoir
de défendre ou de promouvoir de vraies écoles catholiques
incombe donc également aux parents chrétiens.
6) Les conditions nécessaires à un action saine :
- une vie de prière qui permette de discerner la
volonté de Dieu. Des temps de retraite ou le recours à
un conseiller spirituel sont parfois nécessaires.
- une unité de vie par laquelle les fidèles
pourront être porteur de l'Evangile : "La synthèse
vitale que les fidèles laïcs sauront opérer
entre l'Evangile et les devoirs quotidiens de la vie sera le témoignage
le plus beau et le plus convaincant" (CL34). "Il
ne peut y avoir deux vies parallèles: d'un côté
la vie spirituelle avec ses valeurs et ses exigences, de l'autre
la vie séculière"(ib59).
- compétence et honnêteté: la seule
bonne volonté est inefficace "les fidèles
laïcs doivent accomplir leur tâche avec compétence
professionnelle, avec honnêteté humaine, avec esprit
chrétien, comme moyen de leur propre sanctification"(CL43).
- une formation non seulement spirituelle et morale, mais
aussi doctrinale afin "de rendre raison de l'espérance
qui est en nous", formation systématique de la
catéchèse et , plus spécifiquement, "une
connaissance plus précise de la doctrine sociale de l'Eglise"(CL60)dont
nul ne peut "s'écarter sans danger pour la foi
et l'ordre moral"(PieXII).
III- La Mission des parents chrétiens
1- fondement
A côté de la mission commune à tout baptisé
et confirmé, il y a cette mission spécifique fondée
sur la grâce du sacrement de mariage. Le mariage est la
cellule de la société temporelle, mais également
la cellule de base de l'Eglise, de la paroisse. Il n'y a pas d'individualisme
religieux mais une communion de vie et les parents ne peuvent
séparer leur chemin vers le Christ de leurs obligations
familiales.
Un tel sacrement donne aux parents "une part active et
responsable à la mission de l'Eglise d'une façon
propre et originale se mettant au service
de l'Eglise et de la société dans son être
et son agir en tant que communauté intime de vie et d'amour"
(FC 50).
Aussi l'Eglise parle-t'elle d'un ministère propre,
c'est-à-dire d'une mission reçue de Dieu.
2- ministère de la famille
ministère de la vie:
coopérateurs de l'amour de Dieu Créateur dans la
transmission de la vie humaine, les parents sont véritablement
"peintres de l'image divine". A eux, au premier
chef, par une chasteté conjugale conforme à leur
vocation, d'être les défenseurs de la vie dans sa
source, des défenseurs de la cellule familiale. Par là,
ils sont au service non seulement du pays, mais aussi de l'Eglise,
de l'accroissement de la louange éternelle au ciel par
le peuple des élus.
ministère de l'amour:
tout au long de leur vie, les époux sont, l'un pour l'autre,
les ministres de la grâce du sacrement de mariage. Par cette
grâce reçue de Dieu, ils participent, à leur
manière, à la sanctification de l'Eglise dont leur
alliance est un signe sacramentel. (FC56)
ministère de l'humanisation
et de l'évangélisation:
la famille est le "premier
lieu d'humanisation" (CL40) de la personne et de la société.
On s'en aperçoit alors que cette cellule se désintègre
: aucune répression ne pourra enrayer une barbarie originelle
qui se manifeste aujourd'hui en des enfants de plus en plus jeunes,
elle est le fait de absence radicale de toute cellule familiale
en laquelle seule peut se bâtir harmonieusement l'être
humain. "L'expérience le montre, la civilisation
et la solidité des peuples dépendent surtout de
la qualité humaine de leurs familles... l'avenir de l'humanité
passe par la famille" (CL40).
C'est aux parents que revient la très grave obligation
d'élever les enfants. Ce rôle éducatif des
parents est tel qu'en cas de défaillance, il peut difficilement
être suppléé. (cf VatII, GE3). Ce droit des
parents est essentiel de par le lien avec la transmission
de la vie,
original et primordial par rapport au devoir éducatif
des autres éducateurs, quels qu'ils soient; la famille
est la première communauté éducatrice, mais
non la seule ni l'unique, les autres communautés éducatrices
doivent exercer leur rôle dans le respect de la famille,
sauf cas de défaillance. (cf FC 36 et 40).
En particulier, ces principes s'appliquent dans le domaine de
l'éducation sexuelle : "l'éducation sexuelle
-droit et devoir fondamentaux des parents- doit toujours se réaliser
sous la conduite attentive des parents, tant à la maison
que dans les centres d'éducation choisis et contrôlés
par eux. L'Eglise rappelle ainsi la loi de subsidiarité,
que l'école est tenue d'observer lorsqu'elle coopère
à l'éducation sexuelle, en se plaçant dans
l'esprit qui anime les parents" (FC37).
Pareillement, la famille est
le premier lieu de l'évangélisation, et l'Eglise
la nomme à l'Eglise domestique ou ecclesiola. "La
catéchèse familiale précède, accompagne,
enrichit toute autre forme de catéchèse"(CT
68). Il s'agit pour les parents d'un véritable "ministère
d'évangélisation" qui accompagne toute
la vie des enfants et qui est un service ecclésial (FC53).
Un tel devoir, pour leur propres enfants, ne peut pas être
totalement délégué, il n'est pas l'affaire
des seuls prêtres; pour la première catéchèse,
l'action des parents est même irremplaçable. Cette
évangélisation ne s'arrête pas à l'enseignement
de la doctrine, elle est une éducation de toute la vie
spirituelle:
éducation de la vie sacramentelle: "l'obligation
du précepte de la confession et de la communion, qui touche
l'enfant, retombe sur ceux-là surtout qui sont chargés
de lui, c'est-à-dire les parents, le confesseur, les instituteurs
et le curé. C'est au père ou à ceux qui le
remplacent, et au confesseur, qu'il appartient d'admettre l'enfant
à la première communion"(St Pie X). Vécue
en famille, dans une dimension communautaire, la vie sacramentelle
n'en sera que plus forte et source de grâces non seulement
pour les personnes, mais aussi pour la cellule familiale en tant
que telle (cf FC 58-59).
éducation à la prière: "l'exemple
concret, autrement dit le témoignage vivant des parents,
est un élément fondamental et irremplaçable
de l'éducation à la prière : c'est seulement
en priant avec leurs enfants que le père et la mère,
tandis qu'ils accomplissent leur sacerdoce royal, pénètrent
profondément le coeur de leurs enfants, en y laissant des
traces que les évènements de la vie ne réussiront
pas à effacer. Ecoutons de nouveau l'appel que le Pape
Paul VI a adressé aux parents : 'Maments, apprenez-vous
à vos petits les prières du chrétien? Les
préparez-vous, en collaboration avec les prêtres,
aux sacrements du premier âge : la confession, la communion,
la confirmation? Les habituez-vous, s'ils sont malades, à
penser aux souffrances du Christ, à invoquer l'aide de
la Sainte Vierge et des saints ? Récitez-vous avec eux
le chapelet en famille ? Et vous, les pères, savez-vous
prier avec vos enfants, avec toute la communauté familiale,
au moins quelquefois ? Votre exemple, accompagné de la
droiture de votre pensée et de vos actes, appuyé
par quelques prières communes, vaut bien une leçon
de vie. C'est un acte de culte particuièrement méritoire.
Vous apportez ainsi la paix entre les murs de votre foyer. Ne
l'oubliez pas, c'est ainsi que vous construisez l'Eglise"
(FC 60)
ministère
dans la société et dans l'Eglise
L'action de la famille
ne doit pas rester fermée sur elle-même, mais rayonner
sur tout le corps dont elle est une cellule. Une famille qui vit
l'Evangile se fait évangélisatrice des autres familles,
par capillarité ou proximité. Les familles ont un
rôle à jouer au niveau de l'école, de la catéchèse,
dans le soutien des familles en difficulté ou qui se fondent,
et dans un soutien réciproque toujours nécessaire.
Pour cela, les associations de familles sont toujours des moyens
d'action efficaces. Par ce biais, elles peuvent infléchir
la politique et l'économie au service de la famille.
IV- Les dispositions pratiques de l'Instruction romaine
Sur la base des principes que nous venons de développer, l'instruction romaine, en 13 articles, prend les dispositions pratiques suivantes qui s'imposent à toute l'Eglise et annulent "les lois particulières et les coutumes en vigueur, comme aussi d'éventuelles facultés concédées ad experimentum par le Saint-Siège ou toute autre autorité et qui seraient contraires à ces normes".
1- Quand un fidèle est appelé à suppléer à une charge qui, de soi, relève du ministère du prêtre, ou du diacre, il ne peut pas être appelé ministre, ni aumônier (par exemple dans un hôpital), ni chapelain ou tout autre titre qui prêterait à confusion avec le ministère spécifiquement sacerdotal, c'est-à-dire de pasteur.
2- En raison du manque de prêtre, les fidèles sont appelés à collaborer au ministère de la parole, notamment dans le domaine de la catéchèse. Cette collaboration se fait en lien avec les pasteurs : "surtout dans la préparation aux sacrements, que les catéchistes aient soin de susciter l'intérêt des catéchisés envers le rôle et la figure du prêtre, en tant que seul dispensateur des mystères divins auxquels ils se préparent".
3- L'homélie au cours de la messe est réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre.
4- Si, par manque de prêtre,
certaines paroisses peuvent être "animées"
par des laïcs, il convient de respecter scrupuleusement les
points suivants:
- que la pénurie soit réelle, "l'âge
de 75 ans n'étant pas un motif suffisant pour obliger l'évêque
à accepter la démission d'un prêtre",
celui-ci n'étant pas un fonctionnaire.
- cette charge ne consiste pas à diriger la paroisse, mais
à participer à l'exercice de la charge curiale en
lien avec un prêtre à qui est confié un ensemble
de paroisses. Seul un prêtre peut gouverner une paroisse.
5- Les divers conseils dont font partie des fidèles non-ordonnés "jouissent uniquement de voix consultatives et ne peuvent en aucune façon devenir des organismes délibératifs"; réunis sans le curé, voire contre lui, ils sont invalides. Toutefois, une paroisse n'est pas définie par les seuls prêtres, c'est pourquoi ces conseils sont d'une grande utilité et hautement recommandés par la loi de l'Eglise.
6- Dans les actions liturgiques, il convient d'éviter toute ambiguïté quand aux rôles de chacun. Certaines fonctions ne peuvent être supplées ni par les fidèles, ni par les diacres, comme de proférer les oraisons, de prononcer la prière eucharistique, y compris sa conclusion... Les laïcs ne peuvent revêtir les habits réservés aux prêtres ou aux diacres que, par contre, ces ministres sont tenus d'endosser.
7- Le célébrations dominicales en l'absence de prêtre doivent faire l'objet d'un mandat particulier de la part de l'évêque. Elles ne doivent pas engendrer d'erreur dans l'esprit des fidèles, en y insérant les prières propres à la messe (comme le canon). Enfin, en y assistant, on n'accomplit pas le précepte dominical dont, en certains pays, une trop grande distance nous dispense: ce n'est pas une messe. Aussi "dans les cas où les conditions physiques et les distances le permettent, les fidèles doivent être encouragés et aidés à faire leur possible pour accomplir le précepte", c'est-à-dire à se rendre à une messe proche.
8- Le ministre ordinaire de la sainte Communion est l'évêque, le prêtre ou le diacre. Pour qu'un fidèle puisse en être le ministre extraordinaire, il faut, outre qu'il y ait réelle nécessité -absence d'autres ministres et assemblée particulièrement nombreuse-, qu'il soit député par l'évêque, selon la formule de bénédiction liturgique appropriée. Le prêtre ne peut autoriser un laïc que dans un cas exceptionnel et imprévisible. Il faut éviter que ce recours devienne habituel, en étendant arbitrairement le concept de nombreuse participation. En ce cas, le laïc qui distribue la communion ne se communiera pas lui-même.
9- Les fidèles apporteront une collaboration précieuse dans l'apostolat auprès des malades : "Ils assurent une présence chrétienne de premier ordre dans le monde de la souffrance et de la maladie". "Leur tâche principale est de susciter le désir des sacrements de Pénitence et des Malades, en favorisant les dispositions des malades et en les aidant à préparer une bonne confession sacramentelle individuelle, comme aussi à recevoir l'onction". En aucun cas, ils ne pratiqueront des onctions d'huile sur les malades, seul le prêtre étant le ministre valide de ce sacrement.
Les points 10 à 12 donnent des normes précises pour les suppléences exceptionnelles qui peuvent être autorisées en certains pays, notamment de mission, pour l'administration du sacrement de baptême, la réception des consentements du mariage, l'assistance au funérailles .
13- Dans toutes ses suppléances, il faudra choisir des fidèles "de saine doctrine et de conduite exemplaire", et qu'ils soient adéquatement préparés.
Conclusion
Après une sécularisation du sacerdoce, on assite
parfois à une cléricalisation du laïcat. Il
s'établit comme un sacerdoce parralèle, issu des
hommes. Une religion sans un sacerdoce choisi par Dieu et transmis
sacralement tend à devenir seulement humaine, sociale,
horizontale. Une communauté n'est ecclésiale que
dans son rapport à un pasteur qui la gouverne au nom de
l'Eglise du Christ. Une politique de promotion du laïcat
en place du pasteur, outre qu'elle distraie le laïc de sa
mission spécifique et séculière, ne peut
qu'accentuer le phénomène de baisse des vocations.
On ne peut engager sa vie au service exclusif et définitif
de Dieu si ce service n'est pas reçu par les hommes comme
nécessaire et absolument irremplaçable, que si,
concrètement, il est des offices qui ne peuvent être
accomplis en son absence, en particulier l'office de pasteur,
de guide de la communauté chrétienne dont il assure
la vraie cohésion dans le Seigneur.
Enfin, ce texte s'adresse à l'Eglise universelle. Il ne
suffit pas de regarder la paille du voisin et de s'en plaindre
! Il convient d'examiner, à la lumière de cette
doctrine, si dans nos communautés de rite traditionnel,
tous les rôles exercés par des fidèles laïcs
dans le cadre de la pastorale, avec un dévouement souvent
méritoire, n'empiète pas parfois sur le ministère
du prêtre ou manque de s'y réfèrer comme à
celui qui est le pasteur et la tête du troupeau, si la structure
civile de la communauté ne s'oppose pas à celle
de l'Eglise fondée par le Christ.
Une autre réflexion serait, a contrario, de voir où
le clergé peut empiéter indûement sur le rôle
des laïcs, par exemple dans la direction de mouvements qui
sont de la compétence du laïcat chrétien :
cléricalisation qui tend à démobiliser les
laïcs de leurs devoirs dans la cité ou dans l'Eglise.
abbé Denis
le PIVAIN
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