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Cette notede M. L'Abbé Michel berger
répond à la question d'une correspondante qui s'était
montrée troublée par la mobilité de telle
ou telle fête du calendrier...
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Pour le changement des dates des fêtes liturgiques, il faut distinguer :
A. les changements qui arrivent
accidentellement en raison des aléas du calendrier d'une
part et des règles liturgiques d'autre part : c'est le
cas
cette année (2002) avec l'Annonciation (25 mars) qui tombe
pendant la Semaine Sainte et que l'Eglise, selon les normes liturgiques
(ancien comme nouveau Missel), repousse au premier jour possible
après le temps consacré exclusivement à la
méditation de la Passion (semaine sainte) ou à l'exultation
de l'Octave de Pâques : c'est ainsi que cette année
l'Annonciation sera célébrée le 8 avril.
B. les changements qui sont dus à une réforme liturgique et qui sont liés à un calendrier : dans le nouveau calendrier, la Visitation est célébrée le 31 mai (dans l'ancien calendrier, elle l'est le 2 juillet). Il faut remarquer que l'option du 31 mai permet de célébrer la visite de Ste Elisabeth à la Vierge Marie entre l'Annonciation et la naissance de St Jean-Baptiste (24 juin), ce qui est plus heureux que quelques jours après !!!
Le Coeur Immaculé de Marie est célébré le samedi qui suit la fête du Sacré Coeur dans le nouveau calendrier et le 22 août (8 jours après l'Assomption) dans l'ancien calendrier. Le 22 août étant la fête de Marie Reine dans le nouveau, fête qui est célébrée le 31 mai dans l'ancien... ce qui ramène au problème de la place de la fête de la Visitation !!!
Il est clair que passer sans cesse d'un calendrier à l'autre (ce qui arrive fréquemment pour les fidèles) est source de confusion. Il est bon de veiller à la stabilité en s'attachant à un seul calendrier pour célébrer toutes les fêtes de l'Eglise... tout en se souvenant qu'il n'existe pas de calendrier parfait et que tel ou tel point peut être légitimement critiqué...
Pour les saints, l'Eglise les
célèbre traditionnellement au jour de leur mort
qui est celui de leur naissance au ciel. Dans l'ancien calendrier,
il y
a néanmoins des saints dont on on célèbre
la fête au jour de la translation (ou découverte)
de leur reliques ou bien au jour où un confesseur pontife
est devenu évêque...
Pour un bon nombre de saints, les changements introduits
dans le nouveau calendrier sont dus à de nombreux facteurs
qu'il serait trop long de développer ici. On a voulu revenir
à quelque chose de simple et d'unifié en célébrant
systématiquement les saints au jour de leur mort... mais
avec de nombreuses exceptions : Quelques exemples : St Thomas
d'Aquin qui est fêté à la fin janvier au lieu
du 7 mars afin qu'il ne soit pas oublié puisque les jours
de carême ont toujours la précédence sur la
fête des saints (sauf les plus solennelles). Ste Monique
(autrefois le 4 mai) est fêtée le 27 août,
veille de la fête de son fils St Augustin...
Tous ces changements sont décidés
par l'autorité compétente de l'Eglise ; les fêtes
inscrites aux calendriers locaux peuvent être déplacées
par l'autorité de l'évêque du lieu.
Pour mieux comprendre cette question, il faudrait pouvoir développer sa connaissance des règles liturgiques générales (Temporal et Sanctoral) et des règles dites d' "occurrence" et de "concurrence" en particulier. Il faut surtout comprendre qu'il y a différents degrés dans les fêtes liturgiques et que la fête de Pâques (le jour le plus solennel de l'année liturgique) n'est pas sur le même pied que la fête d'un saint, fut-ce la Vierge Marie.
Pour des fêtes telles que
l'Assomption ou la Toussaint, elles ne peuvent pas être
déplacées accidentellement : en effet en Août,
les dimanches après la Pentecôte (ou du Temps ordinaire)
sont d'un rang inférieur à l'Assomption ou à
la Toussaint.
Les solennités
qui peuvent être déplacées accidentellement
sont : l'Immaculée Conception, l'Annonciation, St Joseph...
Les règles des deux
formes du rite romain (liées à l'ancien ou au nouveau
calendrier) font qu'il est impossible de donner une étude
détaillée.
Si dans tel ou tel pays (USA) une fête telle que l'Ascension peut être célébrée dans certaines paroisses le 6ème dimanche après Pâques et non pas le jeudi (40ème jour après Pâques), c'est parce que ce jour n'est pas chômé aux USA. C'est aussi le cas chez nous en France pour un jour liturgique comme la Fête-Dieu, célébrée le Jeudi qui suit la fête de la Sainte Trinité mais sans concours de fidèles et qui est solennisée avec les fidèles le dimanche qui suit, sauf au Vatican, en Bavière (et peut-être ailleurs si le jeudi qui suit la Trinité est jour férié). On le voit bien : les aléas de la vie politique ont une influence sur la vie de l'Eglise qui sans rien modifier de la Foi peut adapter, pour le bien spirituel de ses enfants, le jour de la célébration de ces mystères.
Le fait que l'Ascension tombe le 40ème jour après Pâques est directement lié à la Révélation (Actes des apôtres). Il est donc simple de comprendre que jamais l'autorité compétente au niveau de l'Eglise universelle ne la déplacera. L'autorité locale, pour ce qui la concerne, peut juger bon de la déplacer.
En revanche, les critères pour déterminer la fête de Pâques, fête mobile par excellence, pourraient changer afin qu'une date commune soit arrêtée pour tous les rites de l'Eglise. Ici encore, c'est l'autorité compétente de l'Eglise qui le ferait.
Chers amis, louez Dieu chaque
jour de l'année !!!...
Abbé Michel BERGER