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Serviam remercie vivement le Diocèse de Cahors pour son aimable accord de reproduction des pertinentes - et humoristiques - remarques du père Mathias Leclair, prêtre à Figeac...
Réflexion pour une rentrée - Réflexion sur le caté
Le temps de la rentrée est terminée. Après le tumulte et la bousculade chaque membre de la cellule familiale trouve son rythme. L'aîné prendra son cours de piano pendant que le cadet fera du judo et si tout se passe bien, il n'y aura qu'un quart d'heure de battement avant de pouvoir récupérer la petite soeur qui à décidé cette année de s'inscrire dans une école de danse à l'autre bout de la ville ; en attendant peut être de changer d'idée après Noël. Il y a tellement de choses à faire !
Pourtant, a l'image du hérisson, du rhinocéros d'Asie, ou du grand panda, une institution très en vogue il y a encore quelques années, semble désormais devoir devenir espèce rare, en voie d'extinction même, tant son déclin semble inéluctable ; je veux parler du caté, plus scientifiquement connu sous le nom de catéchisme.
En poursuivant la comparaison animale je dirais que le caté aujourd'hui ressemble un peu dans son aspect au monstre du Loch Ness, qui vit de sa légende, et suscite à son seul nom, ou frayeurs injustifiées ou haussement d'épaules dédaigneux. Bien peu des enfants de maintenant ont l'expérience du caté ; leurs parents l'ont faite pour eux. Tous se rappellent, qui de la vieille demoiselle à la morale intransigeante, qui du curé drapé dans sa soutane autant que dans sa dignité, prompt à punir les récalcitrants. D'autres heureusement ont des souvenirs plus souriants, demandez donc a ceux qui furent enfants de choeur, ils n'en finiront pas de vous raconter leurs exploits.
C'est ainsi me direz vous, autres temps autres moeurs, le catéchisme ne fait plus recette.
Mais qui sont donc alors ces quelques irréductibles continuant vaille que vaille à vouloir sensibiliser leurs enfants à la foi, à l'espérance des chrétiens ?
Une observation un peu attentionnée m'incline à penser qu'ils se partagent en deux groupes aux frontières plus ou moins définies.
Les premiers sont souvent nostalgiques, attachés davantage à la forme plutôt qu'au contenu. Communion, profession de foi, confirmation, sont des évènements à célébrer à photographier, rien de plus beau qu'une cérémonie dans une église mais pour cela, il faut fréquenter le caté, le curé l'a dit, alors ... ! Il faudra faire l'effort, juste le nécessaire, un peu moins si c'est possible, mais attention quand même, il s'agit de ne pas dépasser les bornes de peur d'éveiller la vindicte cléricale.
En suivant mon raisonnement vous serez tentés de penser que les seconds sont ceux qui viennent par conviction, comme on le dit ici ou là, mais les convaincus n'ont pas besoin de catéchisme, tout cela n'est pas fait pour eux. Non, les seconds sont ceux qui cherchent chacun à leur façon. Certains ont une vie d' église soutenue mais d'autres se sentent plus loin. Peu importe, ils cherchent, ils savent que leurs enfants viennent de plus loin qu'eux et qu'ils doivent donc s'ouvrir à plus grand qu'eux. Vous me direz peut être que le caté n'a pas réponse à tout et vous aurez raison.
Ouvrir ses mains et son coeur au mystère de la Vie, découvrir que l'autre est ce qu' il y a de plus précieux de plus sacré, chercher à connaître le Christ, faire cette expérience, rien de tout cela n'est une réponse.
Peut être même est ce le contraire, une question, une invitation, un souffle pour grandir, grandir oui, ce dont nous avons tellement peur nous, les adultes, peur, au point d'aller parfois, jusqu'à en priver les enfants.
Mathias LECLAIR-
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