L'adage " Hors de
l'Eglise point de salut " est-il toujours d'actualité
? Comment concilier cette doctrine et la volonté divine
du salut universel ?
par l'abbé Fabrice
LOISEAU
Cette question revient souvent
dans nos discussions, mais ici encore, on ne peut répondre
en une simple phrase, il importe de bien connaître l'enseignement
de l'Eglise.
Il est vrai qu'en regardant
superficiellement les textes du Nouveau Testament et du Magistère
on pourrait trouver une contradiction :
* D'une part est affirmé
clairement l'unique salut en Jésus-Christ et l'Eglise
: " Celui qui croira et qui sera baptisé sera
sauvé ; mais celui qui ne croira pas seracondamné
"(Mc 16 16). " Il n'y a pas sous le ciel d'autre
nom donné aux hommes par lequel nous devions être
sauvés "(Act 4 10). " Si quelqu'un n'obéit
pas à l'Eglise, qu'il soit regardé comme un païen
et un publicain " (Mat 18 17). " Celui qui vous
écoute m'écoute ; celui qui vous méprise
me méprise "(Lc X 16). " En vérité,
en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas
par la porte dans la bergerie des brebis mais qui y monte par
un autre endroit est un voleur et un larron " (Jn X).
La Tradition et le Magistère affirment tout aussi clairement
la nécessité d'appartenir à l'Eglise pour
être sauvé : à travers le Symbole de St-Epiphane,
Pélage II, la profession de foi d'Innocent III contre
les Vaudois, les conciles de Latran IV, de Florence, de Trente,
dans le Syllabus, dans l'encyclique Mystici corporis de
Pie XII, dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique (n°
816).
* Mais d'autre part, l'Ecriture
et le Magistère affirment la volonté divine
d'un salut général : " car Dieu a tant
aimé le monde qu'il a donné son fils unique, afin
que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la Vie Eternelle.
Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger
le monde mais pour que le monde soit sauvé par lui
" (Jn 3 16). " Dieu veut sauver tous les hommes
" (1 Tim 2). Il est de Foi que le Christ est mort pour tous
les hommes et que tout homme reçoit la grâce suffisante
pour être sauvé (cf Concile de Constance contre
Wycliff, Décret d'Alexandre VIII, Clément XI, et
Pie VI qui contre le Synode de Pistoie condamne la proposition
qui affirme qu'en dehors de l'Eglise il ne se donne aucune grâce).
Alors comment
envisager le salut, non seulement des infidèles, mais
aussi de tous ceux qui sont en dehors de l'Eglise catholique
?
S'il apparaît clairement
que l'appartenance à l'Eglise catholique est nécessaire
pour être sauvé, il existe plusieurs manières
d'appartenir à l'Eglise. Sur cette question, nous
pouvons constater tout un développement de la théologie
et du Magistère depuis Saint Thomas jusqu'à Vatican
II.
SAINT THOMAS
A la suite de certains docteurs,
Saint Thomas d'Aquin envisage une appartenance spirituelle à
l'Eglise par un désir surnaturel. Ainsi dans la Somme
théologique (Ia IIae q89 a5, a6) il expose le cas d'un
enfant qui, ayant toujours la tache du péché originel,
est confronté à son premier acte moral. C'est alors
que se présente une " grandeur " (traduction
du cardinal Journet) qui va le conduire vers le bien, ou s'il
refuse, vers le mal. Il va réaliser son premier acte délibéré,
premier acte profond et libre de sa conscience.
St Thomas reconnaît ainsi la possibilité d'une grâce
qui s'adresse directement à l'enfant, grâce qui
ne passe pas obligatoirement par le signe visible du sacrement.
Ainsi Saint Thomas admet une action divine pour le salut en dehors
des limites visibles de l'Eglise : " il n'y a pas à
en douter, Dieu procurera la connaissance de l'Evangile à
ceux que sa miséricorde a résolu d'arracher à
la damnation " (de Veritate q14 a2).
Dans le " de Veritate
" (q14, a2, ad 1m), Saint Thomas déclare que "
si quelqu'un n'avait personne pour l'instruire et qu'il ne
mit point d'obstacles à l'action divine par sa faute,
il serait éclairé d'en haut, et Dieu lui-même
ferait la révélation des mystères ".
" Il appartient à la divine Providence de pourvoir
à chacun pour tout ce qui est nécessaire au salut,
à moins que l'homme n'y mette obstacle. Si donc quelqu'un,
loin de toute communication, suit la lumière de sa raison
dans l'amour du bien et la fuite du mal, il faut tenir pour très
certain ou que Dieu lui-même par une inspiration intérieure
lui révélera ce qu'il est nécessaire de
croire, ou bien qu'il lui amènera un prédicateur
de la foi, comme il envoie Pierre à Corneille ".
Là encore, Saint Thomas insiste sur une action directe
de Dieu envers le païen. Le salut est donc possible par
une grâce spéciale même si le prédicateur
n'est pas présent.
Pie IX
Mais c'est vraiment le pape Pie IX qui va expliciter ce point
de doctrine.
Tout en proclamant l'obligation pour tous les hommes d'appartenir
à l'Eglise du Christ, il déclare que les païens
ne seront pas condamnés pour leur ignorance si elle est
invincible. " Or, qui oserait déterminer
exactement les limites de cette ignorance en tenant compte de
la condition et de l'esprit de chacun, de la différence
des peuples et des pays, et d'une foule d'autres causes ? Lorsque
délivrés des liens corporels nous verrons Dieu
tel qu'il est, nous comprendrons combien est étroite et
magnifique l'alliance qui unit la miséricorde et la justice
divine... La main de Dieu n'est pas raccourcie ; les dons de
la grâce céleste ne manqueront jamais aux hommes
qui d'une volonté sincère désirent et demandent
la lumière " (alloc. Singulari qua 9 dec
1854 n°16).
Nous pouvons ainsi constater
une progression dans le Magistère. Dieu veut non seulement
sauver tous les hommes, mais Il touche directement les hommes
qui demandent la lumière. Le texte suivant est encore
plus clair : " Tous ceux qui ignorent invinciblement
notre sainte religion, qui observent avec fidélité
la loi naturelle et les préceptes gravés par Dieu
même dans le cur de tous les hommes qui sont prêts
à obéir au Seigneur, qui mènent une vie
honnête, peuvent avec le secours de la lumière et
de la grâce divines arriver à la vie éternelle
car Dieu qui voit, scrute et connaît les esprits, les curs,
les pensées, les habitudes de tous les humains, ne saurait
permettre dans sa bonté et sa clémence que quelqu'un,
sans avoir de faute volontaire, soit livré au supplice
éternel. Mais il ne faut pas oublier non plus le dogme
catholique que personne ne peut être sauvé en dehors
de l'Eglise : les contumaces qui résistent à l'autorité
et aux définitions de l'Eglise et se séparent par
leur mauvaise volonté de l'unité visible et du
Pontife Romain, auquel le Sauveur a confié la garde de
sa Vigne, seront exclus du royaume des cieux ".
Le salut est donc possible
aux païens, mais il est certain, d'autre part, que personne
ne peut être justifié sans une foi vraiment divine,
" sans laquelle aucune justification n'est possible pour
personne ".
Ainsi, Pie IX rejoint la doctrine thomiste d'une inspiration
divine intérieure qui permettrait au païen d'avoir
une foi vraiment divine, si celui-ci n'y fait pas obstacle.
Pie XII
Sur ce point de doctrine le
Magistère va considérablement progresser avec Pie
XII.
Dans la ligne de plusieurs théologiens, et particulièrement
M.J. Scheeben (1835-1888), professeur de dogmatique au séminaire
de Cologne, le pape identifie les termes, " Eglise
" et " corps mystique de Jésus-Christ
". A partir de cette doctrine du Corps Mystique, on va pouvoir
distinguer différents degrés d'appartenance à
l'Eglise.
Ainsi grâce à
l'encyclique Mystici Corporis (1943), les païens,
les infidèles etc... peuvent appartenir invisiblement
à l'Eglise (parlons de " tendance vers ") sans
le savoir. S'ils sont sauvés, ils le sont donc par l'Eglise
et le Christ : le dogme " hors de l'Eglise, point de
salut " est bien maintenu.
" Il faut admettre
en effet que l'infinie miséricorde de notre Sauveur ne
refuse pas maintenant une place dans son corps mystique à
ceux auxquels il ne refusa pas, autrefois, son banquet. Car toute
faute, même un péché grave, n'a pas de soi,
pour résultat - comme le schisme, l'hérésie
ou l'apostasie - de séparer l'homme du Corps de l'Eglise
". (Donc pour le Pape, l'homme en état de péché
mortel garde une appartenance au Corps de l'Eglise. Pour l'infidèle
il peut y avoir une appartenance à l'âme de l'Eglise
(une tendance vers). Ecoutons : " Nous invitons ceux
qui n'appartiennent pas à la société visible
de l'Eglise catholique à s'arracher à cet état
ou nul ne peut-être sûr de son salut éternel
; en effet même si par un certain désir et souhait
inconscient, ils se trouvent ordonnés au Corps mystique
du Rédempteur, ils sont cependant privés des si
nombreux et si grands secours et faveurs célestes dont
on ne peut jouir que dans l'Eglise catholique ".
Ainsi, la plénitude
de grâce se vit bien dans le corps de l'Eglise,
mais Dieu peut toucher ces hommes qui, par leur conduite, se
rapprocheront des actes du corps de l'Eglise. Il ne s'agit donc
pas d'une Eglise invisible où toute croyance et toute
pratique constitueraient une Eglise d'amour en dehors d'une Eglise
juridique.
Mais le Magistère va
préciser un certain nombre de points suite à une
controverse qui s'était élevée aux Etats
Unis d'Amérique en raison des positions extrémistes
prises par le Père Feeney, un jésuite qui assimilait
à la damnation la non-appartenance explicite à
l'Eglise catholique. Ce texte va condamner le Père Feeney
et parler d'un désir implicite d'appartenir à l'Eglise,
désir contenu dans la bonne volonté de se régler
sur la Volonté de Dieu :
Lettre
du St-Office à Mgr Cushing, archevêque de Boston
(8
août 1949)
" Dans son infinie
miséricorde, Dieu a voulu que les effets, nécessaires
pour être sauvé, de ces moyens de salut qui sont
ordonnés à la fin dernière de l'homme non
par nécessité intrinsèque mais uniquement
par l'institution divine, puissent aussi être obtenus en
certaines circonstances lorsque ces moyens ne sont mis en uvre
que par le désir ou par le souhait. Nous voyons ceci clairement
énoncé dans le saint Concile de Trente au sujet,
soit du sacrement de la régénération, soit
du sacrement de pénitence. Il faut en dire autant à
son propre degré de l'Eglise, en tant qu'elle est le
moyen général de salut. Car pour que quelqu'un
obtienne le Salut éternel il n'est pas toujours requis
qu'il soit en fait incorporé à l'Eglise comme un
membre, mais il est au moins requis qu'il lui soit uni par le
désir ou le souhait. Cependant il n'est pas toujours nécessaire
que ce vu soit explicite comme il est chez les catéchumènes.
Mais quand l'homme est victime d'une ignorance invincible, Dieu
accepte aussi un désir implicite ainsi appelé parce
qu'il est inclus dans la bonne disposition d'âme par laquelle
l'homme veut conformer sa volonté à la Volonté
de Dieu ".
Ainsi ce texte affirme l'existence
d'un désir implicite. Mais ce désir, comme le précise
ce document, doit être animé par la charité
parfaite. Il doit y avoir une foi surnaturelle, car sans la Foi
il est impossible de plaire à Dieu.
Ce désir implicite de l'Eglise est donc le fruit d'une
Foi surnaturelle : quelle est la valeur de cette Foi s'il n'y
a pas eu d'enseignement, de missionnaire, s'il s'agit d'une simple
lumière surnaturelle ? Cette Foi ne serait-elle pas elle
aussi implicite ?
C'est le concile Vatican II
qui va répondre.
VATICAN
II
Le concile Vatican II va distinguer
entre ceux qui sont incorporés pleinement à l'Eglise,
(c'est-à-dire ceux qui ont la pleine foi catholique, obéissent
au Souverain Pontife et aux évêques et vivent des
sacrements), et puis ceux qui sont incorporés imparfaitement.
Et ici le Concile reconnaît différents degrés
d'appartenance à l'Eglise. Il y a d'une part ceux qui
appartiennent toujours au corps de l'Eglise mais n'appartiennent
plus à son âme, parce qu'ils ont péché
mortellement. C'est par le sacrement de pénitence qu'ils
redeviennent des membres vivants de l'Eglise catholique. D'autre
part la constitution dogmatique Lumen Gentium (n°15)
va insister sur les chrétiens séparés de
l'Eglise catholique en montrant que ceux-ci, s'ils sont de bonne
foi, appartiennent invisiblement à l'Eglise, grâce
aussi à ce qui reste dans leur communauté de l'unique
Eglise du Christ.
En cela Vatican II ne fait
que reprendre Pie XI, qui reconnaissait dans Rerum orientalum
la part de vérité restant dans ces Eglises schismatiques.
Voici le texte du concile
(LG 15) :
" Avec ceux qui, étant
baptisés, portent le beau nom de chrétiens sans
professer pourtant intégralement la foi ou sans garder
l'unité de la communion sous le Successeur de Pierre,
l'Eglise se sait unie pour de multiples raisons. Il en est beaucoup,
en effet, qui tiennent en honneur la Sainte Ecriture comme leur
règle de foi et de vie, manifestent un zèle religieux
sincère, croient de tout leur cur au Dieu Père
tout-puissant et au Christ Fils de Dieu et Sauveur, sont marqués
par le baptême qui les unit au Christ, et même reconnaissent
et reçoivent d'autres sacrements dans leurs propres Eglises
ou dans leurs communautés ecclésiales. Plusieurs
d'entre eux jouissent même d'un épiscopat, célèbrent
la sainte Eucharistie et entourent de leur piété
la Vierge Mère de Dieu. A cela s'ajoute la communion dans
la prière et dans les autres bienfaits spirituels, bien
mieux, une véritable union dans l'Esprit-Saint, puisque,
par ses dons et ses grâces, il opère en eux aussi
son action sanctifiante et qu'il a donné à certains
d'entre eux la force d'aller jusqu'à verser leur sang.
Ainsi, l'Esprit suscite en tous les disciples du Christ le désir
et l'action qui tendent à l'union paisible de tous, suivant
la manière que le Christ a voulue, en un troupeau unique
sous l'unique Pasteur. A cette fin, l'Eglise notre Mère
ne cesse de prier, d'espérer et d'agir, exhortant ses
fils à se purifier et à se renouveler pour que,
sur le visage de l'Eglise, le signe du Christ brille plus clair
".
Puis Vatican II, à
la suite de Pie IX, va insister sur l'ignorance invincible. Le
salut est possible même pour ceux qui ne connaissent pas
Dieu. Le Magistère progresse par rapport à Pie
IX, qui posait comme condition la croyance en un Dieu rémunérateur
et l'observation de la Loi naturelle. Vatican II le reconnaît
aussi mais admet une foi implicite et une vie droite. Est-ce
renoncer à la doctrine traditionnelle ? Non, car de même
que St Thomas à propos de l'engagement vers le bien parlait
d'une grâce qu'il appelait grandeur, Vatican II parle d'un
don qui illumine tout homme. Alors tout homme reçoit la
grâce minimum pour être sauvé, et il peut
être fidèle à cette grâce sans que
celle-ci se manifeste de façon explicite par une foi visible
en Dieu et l'accomplissement de toute la loi naturelle. S'il
n'y a pas de faute de sa part il peut vivre de ce mystère
de salut. Cela ne se manifestera peut-être pas visiblement
mais restera dans le secret de Dieu.
Précisons un point important : cette grâce qui touche
les incroyants peut se manifester visiblement à travers
certains de leurs actes vertueux qui se rapprochent d'actes catholiques
(par exemple : le sacrifice, la fidélité dans le
mariage, une vie droite et honnête, la découverte
d'un Dieu de charité).
Voici le texte du concile
:
" A ceux-là même qui sans faute de leur
part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse
de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à
avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les
secours nécessaires à leur salut. En effet, tout
ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l'Eglise
le considère comme une préparation évangélique
et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que finalement,
il ait la vie. Bien souvent, malheureusement, les hommes trompés
par le démon, se sont égarés dans leurs
raisonnements, ils ont délaissé le Vrai Dieu pour
des êtres de mensonge, servi la créature au lieu
du Créateur ou bien vivant et mourant sans Dieu en ce
monde, ils se sont exposés aux extrémités
du désespoir. C'est pourquoi l'Eglise, soucieuse de la
gloire de Dieu et du salut de tous les hommes, se souvenant du
commandement du Seigneur : " Prêchez l'Evangile à
toutes les créatures " (Mc 16,16) met tout
son soin à encourager et soutenir les missions "
(Lumen Gentium n°16).
Conclusion
Les moyens ordinaires de salut
sont donc les sacrements, dont l'Eglise est dépositaire.
Mais tout homme recevant la grâce suffisante pour être
sauvé peut, s'il n'y met obstacle, appartenir invisiblement
à l'Eglise catholique. Donc l'axiome " Hors de
l'Eglise point de salut " est bien vrai. Cependant beaucoup
se sont inquiétés de la formule de Pie XII et de
Vatican II : " l'Eglise moyen général de
salut ". Car alors l'Eglise ne serait plus le moyen
unique : il existerait d'autres voies de salut. Comme l'explique
cet article il n'y a pas de contradictions, car dans la première
formule il est bien question de l'unique Eglise : même
ceux qui ne connaissent pas l'Eglise peuvent lui appartenir invisiblement.
Mais c'est toujours par le Christ et l'Eglise qu'un homme est
sauvé. Dans la seconde formule : " moyen général
de salut ", ce qui est moyen général, c'est
l'Eglise dans tout sa visibilité. Mais puisque des hommes
sont touchés par la grâce qui a dépassé
les limites visibles, on peut dire que l'" âme "
de l'Eglise est moyen unique, et que le " corps " de
l'Eglise est moyen général de salut (sans introduire
de dualisme, car le corps ne vit que par l'âme).
Cependant la plénitude du don de Dieu et du salut est
bien dans celui qui a la Foi catholique, vit des sacrements et
obéit à l'unique hiérarchie.