Saint Athanase, par P. Aubin, s.j.
La Revue Tu es Petrus, bulletin des amis de la Fraternité Saint-Pierre, publie régulièrement des articles fort intéressants...
Serviam est très reconnaissant à la Fraternité St Pierre d'avoir bien voulu autoriser la mise en ligne de l'article qui suit.
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L'histoire est un matériau complexe, à manipuler avec probité et circonspection.
L'éloignement aidant, notre regard tend en effet à en styliser quelque peu les personnages, tandis que le décor dans lequel ils ont évolué se fait un peu flou. L'approximation, voire même le contre-sens, ne sont pas loin.
Saint Athanase en est un bon exemple.
A-t-il été, comme on le croit parfois, ce saint rebelle affrontant seul contre tous la marée de l'hérésie submergeant la chrétienté toute entière ?
Une brève plongée dans cette époque permet de constater que la vérité est un peu plus nuancée...
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Evoquer saint Athanase en cinq pages est une gageure : sa vie, très mouvementée, s'est déroulée dans un Proche-Orient en pleine intrigue conflictuelle, comme seule cette région sait en susciter.
Il naquit vers 296, sans doute à Alexandrie ; mais nous ne faisons sa connaissance, qu'à partir du concile de Nicée (325) ; on l'y voit diacre d'Alexandre, évêque d'Alexandrie. Il appartient donc à la première génération chrétienne qui se trouve devant cette situation toute nouvelle près de trois siècles depuis les débuts de l'Eglise : l'empereur romain est, sinon baptisé, du moins résolument acquis au christianisme. Alexandre a emmené son diacre avec lui à Nicée pour lui servir de secrétaire. Trois ans après (328) L'évêque meurt, et Athanase est élu pour lui succéder. C'est ainsi un très jeune évêque qui se trouve désormais à la tête de l'Eglise d'Alexandrie, siège épiscopal, qui est, après Rome, le plus considérable de toute la chrétienté : du " pape " d'Alexandrie dépendent toute la riche Egypte, la Lybie et la Cyrénaïque, aux nombreux évêchés. Athanase ne va pas tarder à payer très cher cette rapide promotion.
Mais avant d'aller plus loin, il faut prendre conscience que l'Eglise de cette époque vit une situation sans précédent face à laquelle elle est démunie de tradition : absence de doctrine sur le rôle qui revient dans le gouvernement de l'Eglise à l'empereur chrétien (Constantin est le premier), absence de notion précise sur ce qu'est concrètement un concile " cuménique " . Car Nicée est sans précédent ; c'est Constantin qui, soucieux de l'unité de son Empire, et donc de celle de l'Eglise ébranlée par Arius, prêtre d'Alexandrie qui nie la divinité du Christ, convoque ce concile, un peu comme il convoque habituellement le sénat; c'est lui qui le préside (il n'est pourtant encore que catéchumène), lui qui en publie les décrets. Les Pères concilaires réunis sont environ 300, mais il n'y a parmi eux que 4 occidentaux (Eglise latine) : ceux de Carthage (Afrique du Nord), de Cordoue (Espagne), de Calabre (Italie) et de Die (Gaule) ; le pape de Rome a envoyé deux prêtres pour le représenter.
Nicée condamna Arius, et régla des problèmes de discipline ; le tout en un mois. Pour condamner l'arianisme le concile élabora leSymbole de Nicée, où pour affirmer que le Fils n'est pas créature, mais vraiment Dieu il est dit qu'il vient " de la substance du Père ", qu'il est " engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ". Sur l'invitation pressante de Constantin, tous les évêques souscrivirent à ce symbole, sauf 5 (dont Eusèbe de Nicomédie, qui sera plus tard le grand adversaire d'Athanase), que Constantin envoya réfléchir en exil. La réticence d'un certain nombre de Pères tenait au fait que pour la première fois des mots étrangers à la Bible (substance, consubstantiel) étaient introduits dans une formule dogmatique ; c'était surtout le cas de consubstantiel, qui tenait à cur à Constantin, mais dont plusieurs évêques trouvaient le sens difficile ou ambigu. Ce point est à retenir, car dans la suite des événements il ne faudra pas imaginer que tous ceux qui refuseront ce terme seront des négateurs de la divinité du Christ : ils penseront surtout que le mot a été mal choisi pour exprimer la relation du Père et du Fils. Tous les véritables ariens rejettent le consubstantiel, mais tous ceux qui le rejetteront ne seront pas automatiquement ariens, loin de là !
Premières difficultés, premier exil (328-337)Voici donc Athanase évêque d'Alexandrie. Ses premières difficultés viennent du côté des partisans de Mélèce de Lycopolis, un évêque égyptien schismatique. Ce schisme " mélècien " était né pendant la grande persécution (303313): comme celle-ci visait plus particulièrement les évêques, celui d'Alexandrie, saint Pierre, avait estimé sage, pour le bien de son Eglise, de quitter sa ville épiscopale ; d'autres évêques agirent de même. Mélèce était, lui, un " pur et dur " : il voyait là de lâches dérobades et s'indignait, de plus, de la facilité avec laquelle l'Eglise réconciliait les chrétiens qui sous la pression de la persécution avaient fini par apostasier. Il s'était donc substitué aux évêques prétendus défaillants et avait ordonné, pour les remplacer, 25 évêques de son bord. Pierre mourut martyr. Mélèce, arrêté et condamné aux mines, retrouva la liberté à la fin de la persécution. Au moment de Nicée, l'Egypte se trouvait ainsi avoir deux clergés parallèles. Le concile s'occupa de cette pénible affaire; il décida que Mélèce retournerait dans son diocèse originaire, et que les évêques ordonnés par lui resteraient sur place dans leurs diocèses respectifs mais sous l'autorité des évêques légitimes restaurés dans ces mêmes diocèses. Décision miséricordieuse, mais qui créa une situation explosive !
Comme on pouvait s'y attendre, Athanase fut mal accueilli par les Mélèciens. Les choses s'envenimèrent ; le jeune évêque, dont rien ne dit qu'il brillait par la souplesse du caractère, fut accusé d'être un tyran, aux manières brutales, un vrai pharaon ; on lui reprocha d'avoir renversé un autel, brisé un calice, et même fait assassiner un évêque mélècien (qui fut heureusement retrouvé bien vivant), etc. Le conflit n'avait rien de dogmatique : Mélèce et les siens ne sont pas ariens. Constantin, qui tient beaucoup à la paix intérieure, s'inquiète ; Athanase se justifie devant lui ; les Mélèciens perdent la bataille. Mais les Ariens vont faire rebondir la querelle, en s'alliant subrepticement aux Mélèciens déconfits. Eusèbe de Nicomédie, un des opposants de Nicée, rentré en grâce auprès de Constantin (il avait quelque lien avec la famille impériale, et c'est lui qui baptisera l'empereur) dirigea la manuvre contre Athanase. Constantin fut persuadé que, pour arriver à la paix, il serait bon qu'Arius soit réintégré dans le clergé d'Alexandrie ; Athanase refusa. L'empereur, lassé, finit par s'en remettre au jugement d'un concile local qui, réuni à Tyr, déciderait du cas de l'évêque d'Alexandrie. Celui-ci comparaît ; les griefs évoqués contre lui sont essentiellement disciplinaires. Mais il est clair que ce concile se compose d'évêques qui lui sont hostiles a priori (on en a refusé l'entrée à la cinquantaine d'évêques égyptiens qui accompagnaient le " pape " d'Alexandrie). Alors, pendant que l'on y vote sa déposition, Athanase quitte clandestinement Tyr pour aller se défendre à Constantinople devant l'empereur lui-même. Mais cette fois-ci, Constantin l'exile à l'autre bout de l'Empire, à Trèves, alors ville impériale. C'est le premier exil d'Athanase ; il durera à peu près un an.
Retour, nouvel exil, retour (337-356)
En 337 Constantin meurt et laisse le pouvoir à ses trois fils. Athanase reçoit immédiatement l'autorisation de retourner à Alexandrie. Il n'y resta que dix-huit mois : les Ariens, prenant ostensiblement la relève des Méléciens, réussissent à lui substituer par la force un évêque arien. Eusèbe de Nicomédie les protège ; devenu évêque de Constantinople, il est à l'apogée de sa gloire et il a le bras long. Athanase doit quitter Alexandrie. Il se rend à Rome chercher l'arbitrage du pape Jules Ier. Celui-ci propose de réunir un concile général ; mais les Orientaux refusent d'y venir : ils ne voient pas pourquoi remettre en question les décisions du concile de Tyr. Le pape, entouré d'une cinquantaine d'évêques, réhabilite Athanase. Les Orientaux se cabrent devant cette intrusion de l'Occident dans leurs affaires. Athanase demeure donc en Occident. Mais Eusèbe meurt en 341, suivi, en 345, par l'évêque intrus d'Alexandrie ; et les deux fils survivants de Constantin, Constant et Constance, permettent alors à Athanase de rejoindre son diocèse, où il parvient à la fin de 346, après 7 ans d'exil, le second.
Suivent 10 ans (346-356) de calme relatif, la grande époque du gouvernement d'Athanase. Toutefois Constant, qui a la haute main sur l'Occident et qui est favorable à Athanase, meurt en 350. Tout le pouvoir impérial revient maintenant au seul Constance, qui incline vers l'arianisme ; il est en effet séduit par l'idée qu'il n'y a qu'un seul Dieu, comme il n'y a qu'un seul empereur, son représentant, et un seul univers ; or la Trinité, ne fournissant aucun modèle politique, complique inutilement les choses
Alors se déclenche la grande attaque arienne. Habilement elle commence par l'Occident, où la cause d'Athanase a le plus de partisans : les conciles régionaux d'Arles (353) et de Milan (355), dûment chapitrés par les autorités impériales, approuvent sa déposition. En fait, ces bons évêques gaulois, peu au courant des controverses orientales, se laissent convaincre de voir en lui le fauteur de troubles qui empêche l'unité de l'Eglise. Aussi surprenant que cela nous paraisse, ces évêques d'Occident ignorent encore généralement le Symbole de Nicée, promulgué pourtant depuis 25 ans. Même saint Hilaire de Poitiers, évêque très au-dessus de la moyenne de l'époque et qui refuse de prendre parti contre Athanase, déclare lui-même que jusque là il ne connaissait pas ce credo.
La fuite d'Athanase et " l'univers devenu arien " (356-361)Athanase demeure totalement fidèle au concile de Nicée qui lui a dicté à la fois sa conduite envers les Mélèciens et, par l'affirmation du consubstantiel, son intransigeance envers les Ariens. Il est bien conscient de l'orage qui va crever sur lui, aussi fuit-il Alexandrie ; et pendant 5 ans il se cache çà et là en Egypte, échappant à la police impériale. Ce fut son troisième exil.
Pendant cette disparition du pape d'Alexandrie, de nombreux et vastes conciles sont organisés, officiellement pour retrouver la concorde de l'Eglise, mais où les Ariens, tout-puissants à la cour, tirent les ficelles. Il n'est pas question de nier ouvertement la divinité du Christ, de dire qu'il n'est pas semblable au Père : une telle proposition heurterait la foi de l'immense majorité des évêques ; mais on va s'efforcer de faire adopter une formule qui ferait l'unanimité en se substituant au terme consubstantiel qui divise les esprits, même orthodoxes, surtout parce qu'il risque de faire croire que le Père et le Fils sont une même personne divine. Les opinions divergent : faut-il dire que le Fils est seulement semblable, ou qu'il est semblable en tout, ou encore semblable en substance? Alors ont lieu les conciles de Sirmium (357), de Séleucie (359), de Rimini (360), concile qui réunit 400 évêques occidentaux (100 de plus que Nicée !), de Constantinople (360), etc. Redisons-le : on peut alors ne pas adopter le consubstantiel sans pour cela nier la divinité du Christ ; on peut le rejeter parce qu'on le trouve mal choisi pour exprimer cette divinité. Athanase lui-même écrit en 359: " Ceux qui acceptent tout ce qui a été dit à Nicée et n'hésitent que sur le mot consubstantiel, ne doivent pas être traités en ennemis, et nous-mêmes ne les combattons pas comme des Ariens ou des adversaires des Pères, nous leur adressons la parole comme à des frères qui ont la même pensée que nous et ne discutent que sur les mots " (De Synodis, 41). Mais rejeter ce mot risque de faire le jeu des Ariens, qui, eux, le proscrivent parce qu'ils nient la divinité du Christ. Les évêques sont perplexes, et dans leur inexpérience de ce qu''il faut faire face aux ordres d'un empereur chrétien intervenant en matière dogmatique, ils ont une attitude qui nous surprend. Le plus grand nombre est docile à cette autorité séculière, qui elle aussi représente Dieu : ils abandonnent le consubstantiel pour d'autres formules qui sont vagues mais compatibles avec une affirmation de la divinité du Christ. Du reste, ceux qui ne souscrivent pas à ces formules vagues sont exilés par l'empereur sous l'accusation d'être source de division dans l'Eglise, et ils sont remplacés par des évêques plus complaisants. Ces dépositions sont innombrables. C'est ce qui arriva au malheureux pape Libère, le successeur de Jules Ier. Il résista d'abord à l'empereur, qui l'exila et le remplaça à Rome par une anti-pape ; alors vint la lassitude et enfin la défaillance : le pape rompit sa communion avec Athanase et, tout en affirmant la divinité du Christ, il accepta une formule où ne figurait ni consubstantiel ni semblable en substance.
C'est de cette époque que saint Jérôme écrivit, avec beaucoup d'emphase : " Le mot substance fut alors radié ; la foi de Nicée fut condamnée de toutes parts ; l'univers gémit et s'étonna d'être arien. " Heureusement, c'est plus éloquent qu'exact : Jérôme reconnaît lui-même dans le même passage que les évêques qui écartaient le mot substance étaient loin d'être tous ariens. De plus il faudrait tenir compte de la foule d'évêques privés de leurs sièges, envoyés en exil et interdits de concile. On le vit bien quand l'empereur Constance mourut en 361; comme le dit la suite immédiate du texte de Jérôme : " La mort frappe le monstre (Constance), la tranquillité revientTous les évêques chassés de leurs sièges, rappelés par la clémence du nouvel empereur (Julien l'Apostat) retournent à leurs Eglises. Alors l'Egypte reçoit Athanase en triomphateur ; alors l'Eglise des Gaules embrasse Hilaire revenant du combat " (Dialogue contre les Lucifériens, 19).
Réapparition, deux petits exils, puis une fin paisible (361-373)Voici donc Athanase de retour à Alexandrie, en 361; toutefois c'est pour peu de temps : Julien le trouve encombrant ; et c'est, au bout de 8 mois un nouvel exil. Mais 7 mois après Julien est tué à la guerre, et le nouvel empereur, Jovien, un catholique orthodoxe, fait revenir Athanase dans sa ville (364). Jovien meurt la même année ; Valens, empereur arien s'il en fut, exile un moment Athanase (c'est son quatrième exil !), mais le rappelle au bout de trois mois devant la protestation de ses diocésains. Désormais, et jusqu'à sa mort en 373, Athanase mène calmement sa vie d'évêque.
En résumé : 46 ans d'épiscopat, et 17 ans, 6 mois et 20 jours d'exil. Athanase avait une prodigieuse énergie. Il s'est montré avant tout, et tout au long de sa vie, l'homme du concile de Nicée. Son activité fut très importante pour l'Eglise jusqu'à la fin de son deuxième exil (346); dans la suite il fut beaucoup moins mêlé aux nouvelles discussions théologiques capitales qui étaient nées en Orient pendant son séjour prolongé en Occident. C'est en Occident que son prestige demeure le plus grand : la jeune génération orientale des saints Basile, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse, qui a entre 30 et 40 ans de moins que lui, grandit dans un contexte théologique différent. Ce sont ces Pères qui, à coup de précisions des termes, élimineront les ambiguïtés du vocabulaire trinitaire, à l'intérieur duquel le mot consubstantiel, sauvé par les luttes héroïques d'Athanase, trouvera enfin clairement sa pleine signification et la place d'honneur. Grâce à eux la foi de Nicée, concile un peu perdu derrière tous ceux qui l'ont suivi pendant la vie d'Athanase, va être ratifiée avec éclat par tous les conciles cuméniques subséquents, qui reconnaîtront Nicée comme l'un des leurs. Alors l'arianisme disparaîtra de l'Orient, avant d'envahir provisoirement l'Occident avec l'irruption des barbares, qui, entre temps, l'avaient adopté dans leurs pays d'origine.
Athanase a un autre mérite, moins souvent évoqué mais non moins réel : il a contribué à clarifier la question de la relation entre l'Eglise et le pouvoir civil. Durant toute la première partie de son épiscopat il cherche l'arbitrage suprême du côté de l'empereur chrétien, " l'Auguste bien-aimé de Dieu ", comme il l'écrit ; il reconnaît à l'empereur le droit de déplacer les évêques. Puis soudain, vers 358, à l'époque de sa fuite, le ton change du tout au tout : c'est qu'Athanase se rend compte que Constance donne sciemment des gages à l'arianisme et sape la liberté de l'Eglise. Constance est donc un parricide, un avant-coureur de l'anté-Christ ; il est pire qu'Achab, que Pilate ; il n'a pas à s'immiscer dans les affaires de l'Eglise. " Où y a-t-il, demande Athanase, un canon stipulant qu'un évêque doit être nommé par la cour ? Où se trouve le canon qui permet aux soldats d'envahir les églises ? Quelle tradition accorde à des comtes et à des ministres ignorants une autorité dans les questions ecclésiastiques, et le droit de faire connaître par des édits les décisions de ceux qui portent le nom d'évêques ? " Ainsi se trouve, plus suggérée qu'élaborée, une théorie dualiste de l'Eglise et de l'Etat chrétien qui devait bientôt trouver une expression plus structurée chez saint Ambroise. Si l'Eglise a conservé son autonomie spirituelle et ne s'est pas développée dans la même ligne que l'organisation impériale byzantine, Athanase y est pour beaucoup.
Lutteur infatigable, il avait identifié la cause de Nicée et la sienne ; il fut un héros de résistance. Ce serait toutefois une erreur de penser qu'il n'y eut pas d'autres résistances en dehors de la sienne. Mais c'est lui que, du fait de ses deux premiers exils, l'Occident a surtout connu. Aussi le Bernin l'a-t-ll représenté par l'une des quatre statues colossales qui, à la basilique du Vatican, soutiennent la Chaire de Saint Pierre.
P. Aubin, s.j.