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Le neuvième centenaire de la prise de Jérusalem
14 juillet 1099

par M. L'Abbé C.P. Chanut , qui - avec autant de verve que d'érudition - nous décrit ici l'élan formidable qui allait déclencher le processus des Croisades et entraîner la prise de Jérusalem en 1099.


Si, d'aventure, au lendemain de l'anniversaire de la prise de la Bastille, les maîtres actuels de la pensée songent à marquer le neuvième centenaire de la prise de Jérusalem par les croisés, il y a fort à parier qu'ils fulmineront une condamnation sans appel des croisades. Avec la cruelle ardeur de l'accusateur public, il se plairont sans doute à évoquer démesurément les fautes et les échecs, pour instruire un procès à charge essentiellement fondé sur la manipulation de l'affectivité contemporaine qui semble être trop souvent aujourd'hui l'ultime raison des peuples. Personne, et le vrai chrétien moins que tout autre, habitué qu'il est au réalisme de la contrition, ne pourrait nier les débordements, les dissensions, les trahisons et les erreurs, mais l'homme de bonne volonté se doit d'essayer de distinguer, dans le champ des croisades, entre le bon grain et l'ivraie, c'est-à-dire entre le pieux sacrifice des uns au bénéfice de la Chrétienté et l'orgueilleuse rapacité des autres au détriment de l'oeuvre. Or, si le cours des croisades ne répondit pas toujours aux espoirs de leurs initiateurs, force est de constater que leur cause fut juste et sainte. Encore que nul ne connaît aujourd'hui le texte du dicours d'Urbain II au concile de Clermont (27 novembre 1095) qu'à travers quatre reconstitutions tardives, on peut ainsi résumer ses intentions : secourir les chrétiens d'Orient contre les musulmans, libérer le Saint-Sépulcre pour faciliter les pèlerinages, faire l'union avec l'Eglise d'Orient et pacifier l'Occident par une oeuvre commune.

A l'époque où Cyrus, victorieux de la Lydie, avait bousculé l'hégémonie de Babylone qui retenait Israël en déportation, le prophète Isaïe avait prophétisé la résurrection de Jérusalem, la Ville-Yahvé, le Sion-du-Saint-d'Israël, qu'il voyait érigée en gloire au milieu de la terre. Cette nouvelle Jérusalem, dit le Prophète, sera fondée sur des saphirs, défendue par une enceinte de pierres précieuses et des créneaux de rubis, aura des portes de cristal. La description de cette Jérusalem ressuscitée où Dieu règne fut reprise par de nombreux écrivains de l'Ancien Testament puis, à mesure que la réalité s'éloignait de l'idéal, les apocalypses présentèrent sa restauration par Dieu lui-même dans le ciel. A la suite des apocalypses, le Nouveau Testament abandonna la restauration de la Jérusalem historique au profit de la Jérusalem céleste dont, dit saint Paul, Dieu est l'architecte et le constructeur. Les croyants de la terre sont déjà, dans la communion au Christ, les citoyens de la Jérusalem descendue d'auprès de Dieu, décrite dans l'Apocalypse de saint Jean. Ainsi, l'Eglise que Dieu suscite sur la terre, s'achèvera dans le ciel où elle sera la Jérusalem céleste, fondée sur le Christ, dont les apôtres sont les portes et les colonnes. Au quatrième siècle, selon l'enseignement de saint Hilaire de Poitiers, continué par saint Ambroise de Milan et saint Grégoire d'Elvire, l'Eglise est la Jérusalem terrestre qui prépare les fidèles à entrer dans la Jérusalem céleste. Saint Augustin s'inscrit naturellement dans cette conception occidentale de la Jérusalem céleste et, dans La cité de Dieu, il l'expose si clairement que c'est désormais à lui que l'Occident chrétien se réfère : " Deux amours ont fait deux cités : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu a fait la cité terrestre  l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi a fait la cité céleste. "

Avant que d'écrire La cité de Dieu, saint Augustin est déjà familier de ce partage de l'humanité en deux catégories dont l'une est du ciel et l'autre de la terre. Ce thème qu'il a déjà évoqué dans le De vera religione et dans les Confessions, il le définit au dix-neuvième chapitre du De Catechizandis rudibus : " Voilà pourquoi il y a deux cités, une des injustes, l'autre des justes. Elles poursuivent leur marche depuis l'origine du genre humain jusqu'à la fin du monde. Elles sont mêlées quant à leurs corps, mais distinctes par leurs volontés. Au jour du jugement toutefois, même leurs corps seront séparés. Tous les hommes en effet qui, avec une vaine insolence et une fastueuse arrogance, aiment l'orgueil et la domination temporelle, ainsi que tous les esprits qui ont le même amour et cherchent leur gloire à s'assujettir les hommes, sont liés ensemble en une même société. Mais ils ont beau se combattre souvent les uns les autres pour ces biens, ils n'en sont pas moins précipités par une même pesanteur de cupidité dans le même abîme, et ils restent unis entre eux par la similitude de leur conduite et de leur responsabilité. En retour, tous les hommes et tous les esprits qui cherchent humblement la gloire de Dieu, non la leur, et qui le suivent avec piété, appartiennent à une même société. Et pourtant, dans son immense miséricorde, Dieu est patient à l'égard des impies et leur offre le moyen de faire pénitence et de s'amender. " Au chapitre suivant, après avoir souligné que la Jérusalem terrestre était " la figure du royaume spirituel ", il définit ainsi la Jérusalem céleste : " Cette dernière a pour citoyens tous les hommes qui furent, sont et seront sanctifiés, ainsi que tous les esprits sanctifiés, jusqu'à ceux, n'importe lesquels qui, dans les parties les plus hautes des cieux, loin d'imiter l'orgueil impie du diable et de ses anges, obéissent à Dieu avec un pieux dévouement. Le roi de cette cité est Jésus-Christ, qui, comme Verbe de Dieu, a le commandement des anges d'en-haut, et comme Verbe assumant l'humanité, a voulu prendre aussi le commandement des hommes, en vue de les faire régner tous ensemble avec lui dans l'éternelle paix... Cependant, après quelques générations,... la cité juive fut réduite en captivité et une grande partie de ses citoyens furent emmenés à Babylone. Or, de même que Jérusalem désigne la cité et la société des justes, de même Babylone désigne 1a cité et la société des injustes. "

Pour saint Augustin, l'Eglise est l'achèvement de la cité céleste qui a été inaugurée par Abel, continuée par Abraham et préfigurée par l'histoire d'Israël. En attendant que le Christ vienne séparer les méchants des bons, le bon grain croît en même temps que l'ivraie et les bons poissons restent dans le même filet que les mauvais ; les deux cités coexistent, " se servent également des biens temporels, souffrent également des maux temporels, sans avoir ni la même foi, ni la même espérance, ni le même amour, jusqu'au jour où elles seront séparées par le jugement dernier et atteindront chacune leur propre fin qui n'aura point de fin. "

Les disciples de saint Augustin, singulièrement l'épiscopat des Gaules avec saint Césaire d'Arles continuèrent l'enseignement de leur maître qu'ils citèrent abondamment. Le saint pape Grégoire le Grand resta fidèle à l'exposé augustinien qu'il transmit au moyen âge occidental. A mesure que se développèrent les pèlerinages en Terre Sainte, la vision symbolique de la Jérusalem céleste s'appuie sur la vision concrète de la Jérusalem terrestre dont saint Jérôme, à la suite de Flavius Josèphe, avait dit qu'elle est le centre ou le nombril du monde. Cette conception de la Jérusalem au centre de la terre est reprise mot pour mot par Urbain II lorsque, de Clermont, il appelle à la croisade.

Au centre de la terre, Jérusalem préside à la Terre Sainte où le Christ est né, a souffert sa Passion, a été enseveli, est ressuscité d'entre les morts et est monté au cieux. Avant les croisades, les occidentaux vont à Jérusalem parce qu'elle est la patrie charnelle du salut. " Une foule innombrable, dit Raoul Glaber racontant l'histoire de son contemporain, le chevalier autunois Liébaud, se mit à accourir du monde entier vers le sépulcre du Sauveur à Jérusalem ; personne auparavant n'aurait pu prévoir une telle affluence. Ce furent d'abord des gens du peuple, puis ceux des classes moyennes, puis tous les plus grands rois, comtes, marquis, prélats; enfin, ce qui n'était jamais arrivé, on vit des femmes de la haute noblesse faire route vers ce lieu en compagnie des plus misérables. " Liébaud, connut sur le mont des Oliviers une heure d'extase après laquelle Dieu lui accorda d'y mourir " pour que son âme s'en aille, joyeuse et libre, du lieu de l'Ascension jusqu'au Paradis ". Ainsi, on pouvait passer immédiatement de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste. La visite des lieux consacrés par la vie, la mort, la résurrection et l'ascension du Seigneur, était l'un des moyens privilégiés d'atteindre aux sommets de l'effusion chrétienne : " La sagesse insondable de Dieu, écrivait à la fin du Xème siècle le cardinal Henri d'Albano, a voulu accorder aux chrétiens ces sanctuaires visibles... à l'intention de ceux dont l'intelligence ne peut atteindre les Saints des Saints invisibles, de façon à les acheminer graduellement vers ceux-ci. "

Le salut personnel n'aurait pas certainement pas suffi pour que cette vision de Jérusalem fût totalement chrétienne. Il fallait encore qu'à Jérusalem se fît le salut du monde entier. Ainsi, dans Jérusalem reconquise pour le Christ, selon les promesses de l'Ecriture, monteront tous les hommes de bonne volonté qui, réconciliés, entreront, par l'Eglise, dans Jérusalem céleste.

Bien longtemps avant que la Terre Sainte fût occupée par les musulmans, le voyage " au sépulcre du Sauveur ", bien que réservé à quelques uns, était considéré comme la plus grande des oeuvres pies et le plus saint des pèlerinages. Tout au long du XIème siècle, des pèlerins s'en vont en groupes de plus en plus nombreux jusqu'à Jérusalem, et par les récits qu'ils font à leur retour, les lieux saints deviennent familiers à leurs contemporains. Jérusalem n'est pas un symbole mais un sacramental où se rencontrent le temps et l'éternité ; celui qui vient à Jérusalem se conquiert lui-même au Christ, et conquiert les âmes avec le Christ ; ainsi les pécheurs y vont-ils pour satisfaire à leurs fautes passées, tandis que les pieuses gens y vont pour continuer à souffrir en eux-mêmes ce qu'il reste à souffrir des souffrances du Christ.

Il suffit que les chrétiens d'Occident soient persuadés que les nouveaux maîtres de la Terre Sainte multiplient les empêchements et les tracas contre les pèlerinages, pour que naisse l'idée de partir à la reconquête. Tout prouve aujourd'hui, dira-t-on là contre, que les Turcs Seldjoukides n'étaient pas plus terribles aux pèlerins que leurs prédécesseurs arabes ; certes, forts de nos études historiques, nous le savons aujourd'hui, mais les contemporains qui se fondaient sur des récits à la chronologie imprécise, n'avaient aucun moyen de le savoir. Lorsque le bienheureux pape Urbain II, en 1095, prêche ce qu'il est convenu d'appeler la croisade, des événements qui, à l'aulne d'aujourd'hui, nous paraîtraient anciens, sont encore frais dans la mémoire du temps. Outre les attaques des pillards qui ne sont pas rares, les guerres turques ont tout de même obligé les pèlerins à souvent renoncer à la route terrestre pour la route maritime, ce qui est fort dommageable aux plus pauvres ; il faut encore ajouter à ces inconvénients l'imposition de toutes sortes de taxes que les pèlerins considèrent comme autant de vols.

A vrai dire, l'européen du XIème siècle ne fait guère de différence entre les Seldjoukides qui n'ont pris Jérusalem qu'en 1078, et les autres musulmans, singulièrement les Sarrasins qui, depuis trois siècles, assaillent l'Occident. A l'époque où Urbain II appelle à la délivrance de la Terre Sainte, les musulmans qui viennent à peine d'être chassés de Sicile par les Normands (1091), tiennent encore solidement la moitié de la péninsule ibérique. Toute offensive contre les Sarrasins qui sont les agresseurs permanents de la Chrétienté, est considérée comme une oeuvre si salutaire qu'au IXème siècle, le pape Jean VIII avait concédé l'indulgence à ceux qui mouraient en défendant l'Italie contre les Sarrasins. En 1063, Alexandre II fit de même en faveur de ceux qui se battaient en Espagne. Or, les territoires d'Asie Mineure qu'occupent les Seldjoukides après la défaite de Byzantins à Manzikert (1071), même s'ils ont été un temps musulmans, sont des terres chrétiennes arrachées à l'empire de Constantinople. Que l'empire d'Orient soit séparé de l'Occident par le schisme que l'on sait, n'empêche pas le Saint-Siège qui n'a jamais perdu de vue la réunion des Eglises, de préférer des chrétiens à des musulmans ; d'ailleurs, à cette même époque, l'Eglise d'Occident est divisée par le schisme allemand qui s'est donné un anti-pape. L'entreprise lancée par Urbain II vise, par la libération de la Terre Sainte, autant à travailler à la ruine musulmane qu'à la réunion des Eglises.

Le schisme absolu de l'Orient chrétien à quoi Rome ne s'est jamais résolue, date alors de moins d'un demi siècle (1054). Bien que très empêtrés dans la querelle des investitures et du schisme allemand, à quoi s'ajoutaient les ambitions normandes contre Constantinople, les papes cherchèrent autant qu'ils le purent à tisser des liens avec les basileus byzantins : Alexandre II se fit représenter auprès de l'empereur Michel VII Ducas par Pierre d'Anagni qui amorça des négociations secrètes que continua Grégoire VII qui, en 1074, était déterminé à organiser une expédition de secours qui eût conduit le pape jusqu'au Saint-Sépulcre.

Pris entre les musulmans espagnols, les schismatiques allemands et les prétentions normandes, avant que de ramener l'Eglise grecque dans le giron de Rome, Urbain II voulait nouer de bonnes relations diplomatiques avec le basileus Alexis Ier Comnène. En offrant à l'empereur d'Orient une aide contre ses ennemis, il espérait le détacher de son alliance avec Henri IV et l'anti-pape Clément III. En 1088, Urbain II, pour dissocier l'alliance des deux empereurs, et après avoir consulté Roger de Sicile qu'il s'était amadoué en le laissant réorganiser la hiérarchie catholique de Sicile, se plaignit auprès d'Alexis Comnène que son nom eût été rayé des dyptiques impériaux, et demanda qu'on l'y inscrivît : autant réclamer la reconnaissance par Byzance de l'autorité romaine sur le clergé grec. Alexis Comnène pensa que s'il laissait espérer au Pape des propositions d'union des Eglises, il pourrait obtenir par son intermédiaire des secours militaires contre les Petchenègues en même temps que l'arrêt des attaques normandes. Il chargea l'archevêque grec de Reggio de négocier sur ces bases et fit provisoirement inscrire sur les dyptiques impériaux le nom du Pape qu'il invita à se rendre à Constantinople pour y préparer l'union des Eglises. Urbain II ne se rendit évidemment pas à Constantinople, les négociations préliminaires menées par l'archevêque grec de Reggio au concile romain de Melfi, en présence des princes normands et du clergé d'Italie n'eurent aucun résultat (novembre 1089), mais les relations étaient renouées et, pour atteindre l'union des Eglises, il fallait absolument rendre des services militaires et diplomatiques à Byzance.

Or, Alexis Ier Comnène, pressé de repousser les Petchenègues, imagina, pour hâter la décision du Pape, un stratagème diplomatique grossier qui, en fin de compte, se retourna contre ses intérêts. En mars 1095, Urbain II réunit à Plaisance un concile qui devait traiter du schisme impérial, du renouvellernent de la législation contre les investitures, de la réforme de l'Eglise et des règles d'invalidation des ordinations simoniaques. Or, au milieu d'affaires si capitales, Urbain II reçut une ambassade byzantine venue solliciter l'aide de l'Occident contre les infidèles. Pour mieux apitoyer Urbain II, les ambassadeurs byzantins crurent habile de brosser un tableau exagérément pessimiste de la situation orientale. Ils firent tant et si bien que le Pape abandonna sur le champ l'idée d'une aide militaire de bonne volonté contre les Petchenègues au profit d'une grande campagne de libération vers la Terre Sainte.

Immédiatement, Urbain II entreprit un voyage outremonts pour rassembler des troupes importantes. Il s'en alla d'abord consulter l'évêque du Puy, Adhémar de Monteil qui, en 1087, avait fait le pèlerinage de Terre Sainte et qui appartenait à une grande famille de la noblesse méridionale, étroitement unie à celle de Saint-Gilles, c'est-à-dire aux comtes de Toulouse. L'expédition fut très probablement décidée au Puy. Urbain II obtint que Raimond de Saint-Gilles, co-comte de Toulouse et marquis de Provence, voulût bien commander l'expédition. Du concile de Clermont, nous ne connaissons de façon certaine que quatre faits bien établis : 1° la question d'une aide aux chrétiens d'Orient contre l'Islam a été débattue avant le 27 novembre, puisque le concile vote un canon faisant remise des peines temporelles à tous ceux qul se rendraient en Terre Sainte pour un motif pieux ; 2° Le 27 novembre, Urbain II prononce un sermon où il annonce son projet d'organiser une expédition contre les Infidéles pour conquérir la Terre sainte ; 3° le 28 novembre Adhémar de Monteil est nommé légat du pape pour accompagner l'expédition ; 4° avant la fin de l'assemblée qui se termina le 1° décembre, les ambassadeurs de Raimond de Saint-Gilles viennent apporter l'adhésion de leur maître à l'expédition.

Le plan élaboré par Urbain II qui n'envisage que l'envoi d'une petite armée de chevaliers sous la double direction d'Adhémar de Monteil et de Raimond de Saint-Gilles, ne prévoit pas l'enthousiasme qui, après des débuts assez ternes, va se propager dans tout l'Occident et modifier considérablement les termes du problème. De décembre 1095 à mai 1096, parcourant le Limousin, le Poitou, l'Anjou, la Gascogne et le Languedoc, Urbain II prêche la croisade et prépare méthodiquement l'organisation de cette armée. Outre Raimond de Saint-Gilles et le comte de Flandre, les grands féodaux restent d'autant plus insensibles à ses appels que le roi de France, Philippe Ier est excepté de l'appel pour cause d'excommunication, ce qui infirme aussi ses vassaux comme le duc de Bourgogne et le comte de Champagne. Faite de chevaliers du sud et de l'ouest de la France, avec un contingent du comte de Flandre, l'armée est convoquée au Puy pour le 15 août 1096. Seule cette armée, forte et disciplinée, a été prévue et organisée par le Pape, les trois autres armées et la croisade populaire qui ne sont pas de son fait, montrent à l'évidence que la croisade embrase tout l'Occident d'une fureur sacrée.

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