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Le magistère, l'histoire, la liturgie... par M. L'Abbé C.P. Chanut
Mysterium fidei
Doctrine et Culte de l'Eucharistie, encyclique
du Pape Paul VI, du 3 septembre 1965
Le culte d'adoration dû au sacrement de l'Eucharistie
56. Ce culte d'adoration dû au sacrement de l'Eucharistie, l'Église l'a exprimé et continue de l'exprimer non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de cette célébration : elle conserve avec le plus grand soin les hosties consacrées, elle conserve avec le plus grand soin les hosties consacrées, les présente aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité et les porte en procession pour la joie des foules nombreuses.
57. Dans les documents ecclésiastiques anciens, nous trouvons beaucoup de témoignages de cette vénération. En effet, les pasteurs de l'Église se préoccupaient toujours d'exhorter les fidèles à garder avec un soin extrême l'Eucharistie qu'ils emportaient chez eux. (...)
58. Et de fait, les fidèles se jugeaient coupables, et avec raison, comme le dit Origène, si, devenus dépositaires du Corps du Seigneur, et tout en l'entourant de beaucoup de précautions et de respect, ils en laissaient par négligence tomber une parcelle.
62. Ceci soit dit non pour qu'on modifie la manière de garder l'Eucharistie et de recevoir la sainte communion, telle qu'elle a été établie plus tard par les lois de l'Église, qui sont en vigueur aujourd'hui, mais pour nous féliciter de voir la Foi de l'Église rester toujours la même.
63. De cette foi unique est née également la Fête-Dieu ; elle fut célébrée pour la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l'influence de la servante de Dieu, la bienheureuse Julienne de Mont-Cornillon, et Notre prédécesseur Urbain VI l'étendit à l'Église Universelle. Cette foi a aussi fait naître beaucoup d'institutions de piété eucharistique qui, sous l'inspiration de la grâce divine, sont toujours allées se multipliant et par lesquelles l'Église Catholique s'efforce, comme à l'envi, de rendre hommage au Christ, de le remercier pour un don si grand et d'implorer sa miséricorde.
Exhortation à promouvoir le culte eucharistique
64. C'est pourquoi, vénérables frères, Nous vous prions de garder pure et intacte dans le peuple confié à votre soin vigilant cette foi dont l'unique visée est de rester en tout fidèle à la parole du Christ et des apôtres et d'écarter toute opinion erronée et nuisible. Nous vous prions de ne pas ménager les paroles et les efforts pour promouvoir le culte eucharistique vers lequel, en définitive, doivent converger toutes les autres formes de piété.
66. (..) De plus, que les fidèles ne négligent point au cours de la journée de rendre visite au Saint Sacrement qui doit être conservé dans les églises en un endroit très digne, avec le plus d'honneur possible, selon les lois liturgiques ; car la visite est envers le Christ notre Seigneur, présent dans ce sacrement, une marque de gratitude, un gage d'amour et un hommage de l'adoration qui lui est due.
67. Chacun comprend que la divine Eucharistie confère au peuple chrétien une dignité incomparable. Car non seulement durant l'oblation du sacrifice et quand se fait le sacrement, mais encore après, tant que l'Eucharistie est gardée dans les églises et oratoires, le Christ est vraiment l'Emmanuel. Dieu avec nous. Car jour et nuit, il est au milieu de nous et habite avec nous, plein de grâce et de vérité ; il restaure les murs, nourrit les vertus, console les affligés, fortifie les faibles et invite instamment à l'imiter tous ceux qui s'approchent de lui, afin qu'à son exemple ils apprennent à être doux et humbles de cur, à chercher non leurs propres intérêts, mais ceux de Dieu. Ainsi quiconque entoure le vénérable sacrement d'une dévotion spéciale, et tâche d'aimer d'un cur disponible et généreux le Christ qui nous aime infiniment, éprouve et comprend pleinement, avec beaucoup de joie intérieure et de fruit, le prix de la vie cachée avec le Christ en Dieu ; il sait combien il est précieux de s'entretenir avec le Christ, car il n'est sur terre rien de plus doux, rien de plus apte à faire avancer dans les voies de la sainteté.
68. Vous savez aussi, vénérables frères, que l'Eucharistie est gardée dans les églises et les oratoires comme le centre spirituel de la communauté religieuse ou paroissiale, et même de l'Église universelle et de l'humanité entière, car sous le voile des saintes espèces elle contient le Christ, chef invisible de l'Église, rédempteur du monde, centre de tous les curs, par qui tout existe et par qui nous sommes.
69. Par suite, le culte eucharistique porte avec force à développer l'amour social ; animés par cet amour, nous préférons le bien commun au bien particulier, faisons nôtre la cause de la communauté, de la paroisse, de l'Église universelle, et étendons la charité au monde entier, sachant que partout il y a des membres du Christ.
Notice historique
Dès les premiers siècles
de l'Église, on a pris l'habitude, après la célébration
de la Messe, de conserver du Pain Consacré pour la communion
des malades ou des fidèles qui n'avaient pas pu participer
au Sacrifice Eucharistique. Comme bien l'on pense, les chrétiens
des premiers siècles ne conservaient l'Eucharistie qu'avec
respect et dévotion selon ce que les Pères leur
enseignaient de la manière d'approcher la Sainte Communion
: Vous qui avez coutume de participer aux Divins Mystères,
vous savez avec quelles précautions et avec quel respect,
lorsque vous recevez le Corps du Seigneur, vous le gardez pour
qu'il n'en tombe pas la moindre parcelle et qu'il ne se perde
rien du Don Sacré. Vous vous croiriez en effet - et ce
serait à bon droit - coupables s'il en tombait quelque
chose par mégarde (Origène, mort vers 253)
A ce propos, on pourrait citer saint Hippolyte de Rome (vers 215)
et saint Cyrille de Jérusalem (mort en 386) autant que
Tertullien (mort après 220) ou tout autre Père de
l'Église mais il suffirait de rappeler le jeune martyr,
saint Tarcisius, qui, selon l'inscription damasienne, aima
mieux se laisser tuer lui-même et rendre l'esprit que de
livrer le Corps de Dieu aux chiens enragés.
Cependant, il faut remarquer que la Sainte Réserve Eucharistique
n'a pas immédiatement fait naître un culte particulier
encore que l'on connaissait déjà la visite au Saint-Sacrement
et l'adoration. L'Église enseigne dès le second
Concile de Constantinople, (553) que : Le Christ doit être
adoré car il est le Verbe Dieu incarné et il doit
être adoré dans une même adoration avec sa
propre chair.
Au cours du Moyen-Age, pour voir la Sainte Hostie, on construisit
des armoires eucharistiques, sorte de tabernacles aux portes ajourées
ou aux ouvertures ménagées dans les parois, d'où
l'on pouvait apercevoir le ciboire. On perça parfois des
oculis eucharistiques jusque dans les murs des églises
pour que l'on pût, la nuit, distinguer du dehors, sinon
le ciboire ou le tabernacle, du moins la lumière qui témoigne
de la Présence Réelle du Seigneur.
Ainsi, se développa le désir de voir et d'adorer
l'Hostie Consacrée qui fit naître le rite de l'Élévation
lors de la Messe (XII° siècle). Puis, on se plut à
visiter le Saint-Sacrement et, en son hon-neur, à chanter
des hymnes et des cantiques qui exposaient longuement le catéchisme
de l'Eucharistie. On composa aussi des prières d'adoration
et de préparation à la Communion. Enfin, peu à
peu, on déposa le Saint-Sacrement sur l'autel pendant les
temps d'adoration et, comme les fidèles voulaient voir
l'Hostie, on créa les monstrances où le Corps du
Christ est exposé.
De cette longue époque, on garde de nombreux cantiques,
hymnes et prières dont les plus fameux connus aujourd'hui
sont l'Adore Te Devote de saint Thomas d'Aquin (1225-1274)
à qui l'on doit aussi le Lauda Sion, le Pange
Lingua (dont est extrait le Tantum Ergo), le Verbum
Supernum (dont est extrait le O Salutaris Hostia).
De saint François d'Assise (1181-1226) on connaît
l'acte d'Adoration :
Nous vous adorons, O Très-Saint Seigneur Jésus-Christ,
ici, comme dans toutes les églises qui sont dans le monde
entier, et nous vous bénissons parce que vous avez racheté
le monde par votre Sainte Croix !
On conserve encore le Sancti Venite de l'antiphonaire
de Bangor (VII° siècle), le Salve Sancta Caro
des livres d'heures de la fin du XV° siècle, le Domine
Jesu Christe Fili Dei du IX° siècle, le Summe
Sacerdos de Jean de Fécamp (XI° siècle),
le célèbre Ave Verum, du XIV°
siècle, ou le Sanctifica me, de la même
époque.
Que ce fût à l'Élévation de la Messe
ou à l'ostension de la mons-trance, on prit l'habitude
de saluer le Christ du Sacrifice par des acclamations ou de courtes
formules de dévotion dont on trouve un exemple dans la
Queste du Saint-Graal (composé vers 1220) où
l'on entend ainsi la prière du Roi Mordrain Ave salus
mundi Verbum Patris, Hostia vera ! On trouve d'ailleurs cette
prière au XIV° siècle dans un missel de Chartres
qui la propose pour l'Élévation de la Messe.
Or, alors que se développait le culte de l'Eucharistie
en dehors de la Messe, naquit une forme particulière de
prière publique du soir autour du Salve Regina.
Cette antienne dont on ne connaît pas le compositeur fut
introduite dans l'office de la Sainte-Vierge, à Laudes,
par l'Évêque du Puy, Adhémar de Monteil. Il
advint, vers 1221, que certains dominicains du couvent de Bologne
furent victimes de possession diabolique et que, pour les délivrer,
le prieur leur fit chanter le Salve Régina chaque
soir à la fin des Complies. L'effet fut si conséquent
que l'habitude s'étendit aux autres missions dominicaines
et commença d'être pratiquée jusque dans le
peuple de paroisses (milieu du XIII° siècle) où
elle donna naissance à une sorte d'office populaire. On
sait que le saint roi Louis IX (mort en 1270) assistait chaque
soir, avec sa famille et ses gens, à un pareil exercice
qui se répandit abondamment en France, en Angleterre, aux
Pays-Bas et en Italie. L'heure était si com-mode et l'exécution
si facile que cette prière du soir devint un des centres
de la vie chrétienne. On vit alors des grands person-nages,
tel Thibaut V de Champagne (1262) donner des rentes pour que s'épanouisse
cette dévotion qui fut à l'origine de confréries
nouvelles dont le but était de réunir les fidèles,
le soir, devant l'autel de la Sainte-Vierge où l'on chantait
et priait (London Bridge en 1334, Bruges et Ypres en 1365 et dans
toute la France et l'Italie jusqu'au XVI° siècle).
Les deux exercices se développant simultanément,
on ne tarda pas à vouloir les réunir, ce qui fut
réalisé de manière particulière dès
le XV° siècle et, au début de XVII° siècle,
de manière générale. On prit alors l'habitude
de bénir les fidèles avec la monstrance qui, plus
tard, se transforma en ostensoir. La première description
du Salut et de la Bénédiction du Saint-Sacrement,
telle que nous les connaissons aujourd'hui, date d'Hildesheim,
en 1493 ; sans doute était-ce déjà répandu
puisqu'on en trouve de semblables pour la cathédrale d'Amiens
en 1499 et que le concile de Cologne (1452) fournit déjà
un texte sur le Salut.
Dans l'esprit du Concile de Trente, se développa la dévotion
au Saint-Sacrement : à l'habitude des visites privées
et des Saluts litur-giques, s'ajoutèrent les adorations
perpétuelles et les adora-tions nocturnes programmées
par des confréries fondées à cet effet, comme
la confrérie de Langres dès 1547 ou la fameuse Compagnie
du Saint-Sacrement fondée en 1630. Des congré-gations
se fondent pour l'adoration du Saint-Sacrement, telles les Bénédictines
du Saint-Sacrement de Paris (1652).
Pour notre temps, on soulignera avec intérêt que
la réglementation du culte eucharistique en dehors de la
Messe est régie par l'Ordo de Sacra Communione et de
Cultu Eucharistici extra missam, publié à
Rome, le 21 Juin 1973, approuvé et confirmé par
les évêques de langue française le 5 janvier
1978 et enfin édité le 2 février 1983.
Sans doute est-il aussi opportun de rappeler que le canon 942
du co-de de droit canonique (applicable depuis novembre 1983)
recom--man-de de faire chaque année une Exposition Solennelle
du Saint-Sacrement (N° 86 du décret de la Sacrée
Congrégation pour les Sacrements et le Culte Divin du 12
septembre 1983). On y recommande d'ailleurs l'exposition du Saint-Sacrement
sans qu'il soit nécessaire, comme autrefois, d'avoir la
permission de l'Ordinaire (canon 941). Enfin, partout où
cela est possible, on souhaite que soit organisée une procession
du Saint-Sacrement à travers les rues de la localité,
comme témoignage public de vénération de
la Sainte Eucharistie, en particulier pour la solennité
de la Fête-Dieu (canon 944). Il faut aussi noter avec grand
soin que le même code demande qu'une lampe brille constamment
devant le Tabernacle de la Sainte Réserve pour indiquer
et honorer la Présence Réelle (canon 940).
Le Salut et la bénédiction du Saint-Sacrement
Le pain consacré qui n'a pas été distribué à la Communion de la Messe, est conservé au tabernacle, où il est entouré du respect et de l'adoration dus au corps du Seigneur. Sa présence est généralement marquée par une lampe et par un voile que l'on appelle un conopée. Le pain consacré est sacrement du corps, du sang, de l'âme et de la divinité du Christ au delà de la célébration de la Messe.
Pour le Salut du Saint-Sacrement,
on allume sur l'autel au moins autant de cierges que pour
la Messe (deux, quatre ou six) ; mais, là où les
traditions ne se sont pas perdues, on observe les anciennes coutumes
qui en prévoyaient douze ou vingt, générale-ment
disposés de part et d'autre du tabernacle sur un candélabre
à plusieurs branches dont on remarquera qu'elles sont parfois
disposées en ordre décroissant, les hautes branches
étant du côté du tabernacle.
Au centre de l'autel, on peut disposer une sorte de trône
appelé thabor où l'on pourra disposer le
Saint-Sacrement en hauteur si cela est utile pour la vision des
fidèles. Sur le thabor, s'il est nécessaire,
on place, debout, la bourse de couleur blanche qui contient
le corporal qu'on déploiera au moment de l'exposition.
A gauche du Thabor , on pose l'ostensoir (du latin ostendere
qui signifie montrer), de manière à ce que
le devant soit tourné vers la gauche de l'autel et l'ouverture
vers la droite ; les fidèles ne le voyant que de profil.
Cette pièce d'orfè-vre-rie (aussi appelée
soleil, en raison de sa forme, ou monstrance), sur-montée
d'une croix et ornée de rayon, sert à recevoir la
custode ou lunule qui contient l'Hostie Consacrée.
Les premiers ostensoirs, les monstrances, datent de l'époque où furent instituées les expositions et les processions solennelles du Saint-Sacrement, au début du XIV° siècle. A l'origine, la monstrance avait pris la forme d'une tour décorée de précieux ornements pour figurer les splendeurs de la Jérusalem Céleste. C'est sans doute au cours du XVII° siècle que naquit l'ostensoir en forme de soleil qui voulut rappeler que Jésus, caché dans l'Hostie, est le Soleil de Justice qui éclaire, réchauffe et vivifie nos âmes.
Le Prêtre, à la
sacristie, revêt, sur l'aube ou le surplis,
l'étole et la chape, et, précédé
des clercs, s'avance vers l'autel.
Les clercs, s'ils sont en nombre suffisant se répartissent
ainsi : devant, le premier (cruciféraire) marche
en portant la croix de procession, encadrée de deux
autres clercs (acolytes) qui tiennent chacun un cierge
allumé (flambeau) sur un candélabre qu'ils poseront
sur les marches de part et d'autre de l'autel ; puis vient le
thuriféraire avec l'encensoir aux charbons
allumés, et enfin, le clerc (naviculaire) qui porte
la navette où est renfermée l'encens. Le
cortège marche entre le naviculaire et les assistants du
Prê-tre, devant le clergé s'il y a.
Parvenus au pied de l'autel, tous font la génuflexion après
quoi commencent les prières préparatoires comme
suit :
Au nom du Père *, du
Fils, et du Saint-Esprit.
- Amen !
La grâce de Jésus
Notre Seigneur, l'Amour de Dieu le Père, et la Communion
du Saint-Esprit soient toujours avec vous.
- Et avec votre esprit.
Je confesse à Dieu Tout-Puissant,
à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint
Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints Apôtres
Pierre et Paul, à tous les saints, et à vous, mes
frères, que j'ai beaucoup péché : en pensée,
en parole, par action et par omission ; c'est ma faute, c'est
ma faute, c'est ma très grande faute. C'est pourquoi je
supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange,
saint Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul,
tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour
moi le Seigneur notre Dieu.
Que Dieu Tout-Puissant nous
fasse miséricorde, qu'il nous pardonne nos péchés
et nous conduise à la vie éternelle.
- Amen !
Que le Seigneur, Tout-Puissant
et Miséricordieux, nous accorde le pardon, * l'absolution
et la rémission de nos péchés.
- Amen !
Notre Père ..... Je crois en Dieu..., Je vous salue Marie...,
Après les prières
préparatoires, on chante généralement une
hymne ou un cantique, puis on peut aussi faire une
brève liturgie de la Parole qui comprendrait une
lecture et une instruction.
On peut aussi exposer immédiatement le Saint-Sacrement.
Pour ce faire, le Prêtre monte à l'autel, déplie
le corporal et place la bourse contre le gradin
à gauche de l'autel. Le Prêtre ouvre le tabernacle,
fait la génuflexion, à quoi le servant sonne un
roulement où tout le monde se met à genoux. Le Prêtre
prend la lunule (ou custode) et la fixe dans l'ostensoir
qu'il place sur le corporal.
Puis, le Prêtre descend de l'autel, fait une génuflexion
s'incline et se relève pour imposer l'encens sur
les charbons de l'encensoir ; il prend l'encensoir
et, à genoux, encense le Saint-Sacrement ; il rend l'encensoir
au thuriféraire qui, avec le naviculaire,
se remet à genoux au milieu du chur, derrière le
Prêtre.
Pendant ce temps de l'exposition, il est convenable de chanter
le O
Salutaris Hostia :
Victime qui nous a sauvés en ouvrant la porte des cieux, quand nous assaille l'ennemi, secourez-nous rendez-nous forts. Seigneur unique, ô Trinité, à vous la gloire tout à jamais, qui nous donne dans la Patrie la vie qui ne finira point. Amen.
Vient, après l'exposition du Saint-Sacrement, le temps de l'adoration. On reste alors à genoux et l'on peut faire se succéder de courtes monitions de prières, des chants d'adoration, des litanies, des prières lues ou récitées et des temps de silence.
Pour diriger l'attention du fidèle adorateur, on aime à proposer ce moyen facile de rappeler les actes qu'on peut alors produire utilement : Adoration - Amour ; Remerciement - Réparation ; Demande ; Offrande ; Résolution (ARDOR = ferveur, en latin)
A la fin de l'Adoration du Saint-Sacrement, on chante le Tantum Ergo pendant lequel le Prêtre impose l'encens sur les charbons de l'encensoir, prend l'encensoir et, à genoux, encense le Saint-Sacrement.
Panem de cælo
prætitisti eis.
- Omne delectamentum in
se habentem. Vous leur avez donné
le pain du ciel.
- En qui ils ont trouvé
leurs délices.
Tandis que le Prêtre dit ou chante l'oraison, un clerc apporte
le voile huméral qu'il imposera sur les épaules
du Prêtre avant qu'il monte à l'autel pour la Bénédiction
du Saint-Sacrement.
Oremus.
Deus, qui nobis sub Sacra-mento mirabili passionis tuæ memoriam
reliquisti : tribue, quæsumus ; ita nos Corporis et Sanguinis
tui sacra mysteria venerari, ut redemptionis tuæ fructum
in nobis jugiter sentiamus. Qui vivis et regnas in sæcula
sæculorum.
- Amen. Prions. Dieu, qui nous avez laissé
cet admirable sacrement comme le mémorial de votre Passion,
accordez-nous une si grande dévotion envers le saint mystère
de votre Corps et de votre Sang, que nous puissions éprouver
toujours les effets de votre Rédemption. Vous qui vivez
et régnez pour les siècles des siècles.
- Amen.
Le Prêtre, ayant reçu le voile huméral, monte à l'autel, fait la génuflexion, (le servant sonne un roulement), le Prêtre prend l'ostensoir dont il couvre le pied de l'extrémité du voile et se retourne vers les fidèles qu'il bénit lentement d'un large signe de la Croix, (le servant sonne trois coups espacés). Il se retourne (en achevant le cercle) dépose l'ostensoir, fait une génuflexion (le servant sonne un roulement) il descend se remettre à genoux.
A partir du premier roulement de clochette, en signe de profond respect, chacun baisse la tête pendant que le prêtre bénit l'assemblée avec l'ostensoir. On relève la tête au dernier roulement de clochette.
Descendu et à genoux, le Prêtre dit les litanies du Saint-Sacrement dont les fidèles répètent chaque louange :
S'il n'y a pas de dévotions particulières, le Prêtre remonte à l'autel pour faire la reposition du Saint-Sacrement dans le tabernacle tandis qu'un acolyte sonne un roulement (quand la porte du tabernacle est refermée), on se lève alors. On peut chanter le Salve Regina ou l'hymne à la Vierge du temps (Alma Redemptoris Mater - de l'Avent à la Purification - Ave Regina cælorum - de la Purification à la Semaine Sainte - Regina cli - de Pâques à Pentecôte -) ou encore tout autre cantique à Marie.
Permettez-moi de vous louer,
Vierge sainte.
- Donnez-moi la force contre vos ennemis. Dignare me
laudare te, Virgo sacrata.
- Da mihi virtutem contra hostes tuos.
Prions. Accordez, ô Dieu
de miséricorde, votre secours à notre fragilité
; afin que nous, qui célébrons la mémoire
de la sainte Mère de Dieu, nous puissions, à l'aide
de son intercession, nous relever de nos iniquités. Par
Jésus-Christ, notre Seigneur.
- Amen.
Avant de se retirer, on peut encore faire quelques prières publiques.
O Dieu, notre refuge et notre
force, jette un regard favorable sur le peuple qui crie vers toi
; et par l'intercession de la glorieuse et imma-culée Vierge
Marie, Mère de Dieu, de saint Joseph, son époux,
des saints apôtres Pierre et Paul, et de tous les saints,
exauce, dans ta miséricorde et ta bonté, les prières
que nous t'adressons pour la conversion des pécheurs, la
liberté et l'exaltation de notre Mère la Sainte
Eglise. Par le Christ Notre Seigneur.
- Amen !
Prions le Seigneur. Visitez,
s'il vousplaît, Seigneur, ce peuple assemblé devant
vous et éloignez de lui les embûches de l'ennemi
; que vos saints anges y habitent pour nous garder dans la paix
et que votre bénédiction demeure toujours sur nous.
Par Jésus-Christ, votre Fils, Notre Seigneur et notre Dieu,
qui vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit
pour les siècles des siècles.
- Amen !
Benedicamus Domino. Bénissons le Seigneur.
- Deo gratias ! - Nous rendons grâce à
Dieu !