Voici comment je traiterais la question :" pourquoi faut-il se marier à l'Eglise ?"
Je crois qu'il faut garder à cette question son aspect d'obligation car si des catholiques ne se marient pas à l'Eglise et vivent en couple en ayant des relations intimes ils sont en état de péché grave ; il y a donc une obligation grave de se marier à l'Eglise.
ll s'agit donc de bien comprendre cette notion d'obligation morale qui n'est pas quelque chose imposée de l'extérieur mais de l'intérieur ; il suffit de se reporter à Veritatis Splendor :
"Mais, tandis que la loi naturelle met en lumière, les exigences objectives et universelles du bien moral, la conscience applique la loi au cas particulier, et elle devient ainsi pour l'homme un impératif intérieur, un appel à faire le bien dans les situations concrètes. La conscience formule ainsi l'obligation morale à la lumière de la loi naturelle: c'est l'obligation de faire ce que l'homme, par un acte de sa conscience, connaît comme un bien qui lui est désigné ici et maintenant. Le caractère universel de la loi et de l'obligation n'est pas supprimé, mais bien plutôt reconnu, quand la raison en détermine les applications dans la vie quotidienne." (N°60)
et plus loin au n° 61) : ..." Ainsi, dans le jugement pratique de la conscience, qui impose à la personne l'obligation d'accomplir un acte déterminé, se révèle le lien entre la liberté et la vérité. C'est précisément pourquoi la conscience se manifeste par des actes de "jugement" qui reflètent la vérité sur le bien, et non comme des "décisions" arbitraires."
Pour accomplir sa mission divine qui est de conduire les âmes au salut éternel, l'Eglise a l'assistance du Saint-Esprit en sorte qu'en suivant son enseignement dogmatique et morale et en obéissant à ses préceptes nous sommes sûrs d'être dans la vérité et la voie du salut. Par conséquent d'écouter cet enseignement et de la mettre en pratique est conforme à la droite raison et notre conscience est là pour nous dire que c'est un bien.
Regardons donc quel est cet enseignement de l'Eglise catholique.
Au no° du CEC il est dit :
"L'alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu'à la génération et à l'éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par le Christ Seigneur à la dignité de sacrement." CIC, can. 1055, § 1.
Le mariage, pour les catholiques, est donc un sacrement ; de sa validité dépend la validité du mariage lui-même à tel point que si le sacrement de mariage est invalide il n'y a pas de mariage. C'est donc le sacrement qui fait le mariage.
Des catholiques qui ne se marient que civilement , sont par le pouvoir civil considérés comme mariés, mais devant Dieu et l'Eglise ils ne le sont pas. Cette "rivalité" entre le mariage civil et religieux est une situation anormale ; elle est une conséquence du laïcisme antireligieux des sociétés modernes qui nie les droits de Dieu et de l'Eglise sur la société. Cette opposition est une des causes qui, pour certains, peut rendre difficilement compréhensible cette obligation de se marier à l'Eglise.
l'Eglise consciente qu'elle seule, par la volonté du Christ, a le pouvoir de décider et d'ordonner tout ce qui regarde les sacrements, a statué par le décret "Tametsi" du concile de Trente (nov. 1563) les conditions de la validité du sacrement de mariage et par tant du mariage lui-même,
De ces conditions l'Eglise en a établi le canon 1108 du code de droit canonique de 1983 : "Seuls sont valides les mariages contractés devant l'ordinaire du lieu ou bien devant le curé, ou devant un prêtre ou un diacre délégué par l'un d'entre eux, qui assiste au mariage, ainsi que devant deux témoins, mais toutefois selon les règles exprimées dans les canons suivants et restant sauves les exceptions dont il s'agit au canons..."

Le catéchisme de l'Eglise catholique avance plusieurs raisons pour expliquer cette détermination :
- Le mariage sacramentel est un acte liturgique. Il est dès lors convenable qu'il soit célébré dans la liturgie publique de l'Eglise.
- Le mariage introduit dans un ordo ecclésial, il crée des droits et des devoirs dans l'Eglise, entre les époux et envers les enfants.
- Puisque le mariage est un état de vie dans l'Eglise, il faut qu'il y ait certitude sur le mariage ; d'où l'obligation d'avoir des témoins.
- Le caractère public du consentement protège le "Oui" une fois donné et aide à y rester fidèle.

Nous pouvons aller plus loin et nous demander pourquoi le mariage a été élevé à la dignité de sacrement et puisqu'il est un sacrement de quoi est-il le signe et quelle est sa grâce propre : pour cela on peut reprendre certains passages du travail déjà fait en apportant certaines modifications :
1) au lieu de parler de l'engagement de Dieu, parler de l'amour toujours fidèle de Dieu
2) l'une des fins du mariage me semble un peu laissée dans l'ombre ; celle qui concerne "la génération et à l'éducation des enfants" (cf plus haut la définition du mariage)

je reste à votre disposition pour d'éventuels éclaircissements ; je pense que ce sujet mériterait une certaine concertation, une confrontation des différents points de vue car il est important et délicat à traiter : certains aspects ne sont peut-être pas très accessibles aux hommes d'aujourd'hui ; il faut donc trouver les termes adéquats pour les faire passer...

Voilà des devoirs de vacances pour tous ! ( note de la rédaction : ce texte a été reçu par Serviam au début de l'été 2001...)

Documents du magistère utiles à consulter :
- Léon XIII Arcanum divinae sapientiae (10/2/1880)
- Pie XI Casti connubii (31/12/1930)
- Jean-Paul II Familiaris consortio (22/11/1981)
- CEC

Union de prières, Père Dominique Savio Marie