POURQUOI L'EGLISE ( ET LE PAPE ) INTERDISENT-ILS LES RELATIONS SEXUELLES AVANT LE MARIAGE?

Tout d'abord, le Pape, de sa propre autorité, n'interdit rien ! Lorsque le Pape se prononce sur la question il ne fait que redire l'enseignement constant de l'Eglise depuis qu'elle a été fondée par Jésus-Christ qui lui a donné la mission de redire et de prolonger l'enseignement que, comme Fils de Dieu, Il a apporté aux hommes, à tous les hommes.
Il est évident que celui qui a foi en Jésus-Christ et reçoit l'enseignement de l'Eglise sera plus facilement disposé à accepter l'enseignement moral du Christ et de l'Eglise, bien que cela puisse rester difficile, en raison des passions. Pourtant, et cela doit faire réfléchir celui qui n'a pas la foi, les raisons de cette " rigueur " morale ne sont pas, en tant que telles, fondées sur l'ordre de la foi mais sur celui de la raison : en d'autres termes, et de nombreuses civilisations qui n'ont pas connu le Christ en témoignent, le mariage est d'une très haute dignité.

Pour les chrétiens, et tout particulièrement pour les catholiques, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ne nous montre pas seulement le but surnaturel de notre vie (Dieu aime chacun de nous et nous appelle à la vie éternelle... pour cela, Il a envoyé son Fils Jésus-Christ pour nous montrer le chemin qui mène à la vie éternelle... à nous de croire en Jésus afin de recevoir le pardon de nos péchés, d'entrer et de vivre dans l'amitié de Dieu ... la foi et cette vie chrétienne est une grâce de Dieu le Saint Esprit ); elle nous rappelle aussi des vérités d'ordre naturel, accessibles par ailleurs à tous les hommes.
A tous les hommes, au risque de passer pour rigide, l'Eglise, fidèle à sa mission, redit la vérité et, pour ce qui concerne notre question, ses arguments sont principalement des raisons naturelles que tout homme peut accepter.

Nous développerons deux raisons (d'ordre naturel) justifiant le fait d'attendre de s'être donné en mariage pour avoir des relations sexuelles.

1ère raison:
L'amour humain fait intervenir trois dimensions:
-la dimension du corps, celle du sexe: physiquement, il y a attraction réciproque entre l'homme et la femme;
-la dimension du coeur, celle des sentiments;
-la dimension de l'esprit qui est celle de l'amour de la personne pour elle-même (aimer, c'est donner et se donner).
Mais l'homme est un et ces trois dimensions, si elle peuvent etre distinguées, ne peuvent pas être séparées : pour que l'amour s'épanouisse vraiment, il faut que ces trois dimensions soient présentes ensemble, ce qui demande d'une part un minimum de temps (surtout pour la dimension spirituelle) et d'autre part, une conscience (plus ou moins vive) de la force de cet amour.
Attendre le mariage pour avoir des relations sexuelles, c'est donc attendre d'avoir unifié l'amour par le haut, par ce qu'il y a de plus important, pour que l'amour soit réussi ; c'est s'être assuré qu'il y a communion affective (qui dure) et communion spirituelle (qui est en quelque sorte désintéressée, c'est à dire qui cherche plus le bonheur de l'autre que son propre bonheur) ; cette communion spirituelle ne peut exister vraiment qu'à partir du jour où un homme et une femme se donnent l'un à l'autre et se reçoivent l'un l'autre comme mari et femme, c'est à dire comme celui et celle qui promettent et s'engagent à s'aimer pour la vie.

Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici mais que nos contemporains sauront reconnaître, au fond d'elle même toute personne humaine aspire à un amour unique et stable et craint d'être trahi ou trompé dans cet amour. Certes, et c'est malheureux, de nos jours, être marié ne signifie pas avoir la certitude qu'il n'y aura pas, un jour, rupture, car il y a tant de divorces.
Néanmoins, ce n'est pas les statistiques qui doivent nous décourager de rechercher ce à quoi notre nature, au plus profond d'elle-même, aspire : à savoir, un amour qui, malgré les faiblesses, durera parce qu'il y a la volonté de part et d'autre de s'aimer dans les moments faciles aussi bien que dans les moments difficiles.
Attendre d'être marié pour avoir des relations sexuelles, c'est donc le signe d'une haute conception de l'amour.
La dimension charnelle est belle, elle fait partie de notre nature, mais elle est plus fragile et superficielle que la dimension affective qui elle-même, est plus fragile et superficielle que la dimension spirituelle qui, une fois présente, dure plus facilement. Les personnes d'expérience disent que la ferveur de l'amour charnel diminue avec le temps ou que la force du sentiment peut diminuer : elles diront aussi que l'amour spirituel va toujours en grandissant, pour peu qu'il soit vraiment spirituel.
En quelque sorte, chercher à unifier l'amour par le haut, c'est prendre conscience que le moins sensible, c'est à dire le plus spirituel, a le plus de valeur.
En bref, cette première raison naturelle voit le don des corps comme le signe d'une communion spirituelle et non pas, comme le voudraient tant de gens, la cause de cette communion spirituelle.
On ne s'étonnera donc pas de lire dans le Catéchisme de l'Eglise CatholiqueÝ(2360-2361) : la sexualité est ordonnée à l'amour conjugal de l'homme et de la femme. Dans le mariage l'intimité corporelle des époux devient un signe et un gage de communion spirituelle.

Car il est important de le souligner: la sexualité n'est pas quelque chose de purement biologique, mais concerne la personne humaine dans ce qu'elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que si elle est partie intégrante de l'amour dans lequel l'homme et la femme s'engagent entièrement l'un vis à vis de l'autre jusqu'à la mort.

La personne humaine est UNE: ce qu'elle fait de son corps l'engage entièrement; il est donc important qu'elle considère sérieusement si son amour est vrai, fort et durable avant de se donner dans son corps.

2ème raison :
Pour que la vie de l'enfant qui peut naître de l'union sexuelle de l'homme et de la femme puisse se développer, elle a besoin d'un cadre stable: ce cadre est le mariage.
A cet égard, il est significatif que beaucoup de nos contemporains recherchent de fait à s'unir pour leur propre plaisir seulement et font tout pour éviter l'apparition de la vie qui, comme on l'apprend à l'école, est la conséquence normale et prévisible de l'union des corps accomplie naturellement et entièrement pour autant qu'on n'y ait pas mis d'obstacle : ainsi, si l'exercice de la sexualité apporte du plaisir, il est d'abord et avant tout ordonné à la transmission de la vie : l'amour humain n'est pas seulement pour le bien de ceux qui en jouissent, il est aussi, par la fécondité possible, ouvert à l'autre : ainsi l'amour humain existe pour le bien de l'enfant à naître et il doit durer pour le protéger jusqu'au jour où il sera adulte.
De fait, les relations sexuelles avant le mariage sont souvent fermées à la vie : pilule, préservatif et tout autre moyen contraceptif, quand ce ne sont pas des moyens abortifs... Pourquoi ?
Ne serait-ce pas pour la simple raison que l'amour dont il s'agit manque de profondeur et de maturité et ne veut pas accueillir la vie, faute de s'être engagé à une stabilité, faute de s'être donné vraiment et totalement l'un à l'autre. N'est-ce pas pour la raison que le mariage est le seul cadre d'un amour vrai?

Ainsi, l'Eglise et le Pape, par leur constance à rappeler l'importance du mariage rendent grand service aux hommes d'aujourd'hui.

Michel Berger, prêtre.

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