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    LES " REPERES " de SERVIAM : Signes d'Espérance
    " Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
    St Paul, 2 Epître à Timothée 4-1à 5

    Il suffit de tendre l'ouïe, le regard, la raison, pour constater l'ampleur du désastre dans lequel l'homme moderne s'enfonce en se détournant de son créateur... C'est pour aider à reprendre le bon cap que le site serviam propose une série de " repères " à ses correspondants....
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    Serviam remercie vivement les éditions Le Laurier d'avoir aimablement autorisé la reproduction d'extraits de l'ouvrage du père Gaston Courtois, Procureur général des filles de la Charité à Rome "La bonne humeur". 

    La bonne humeur
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    Pourquoi maintenir la bonne humeur dans notre âme ?
    Nous le devons :
    à Dieu,
    à nous-mêmes,
    aux autres.

    C'est pour Dieu, un hommage à lui rendre ;
    C'est pour nous un besoin et une force ;C'est auprès des autres, une condition de succès dans l'éducation et l'apostolat.
    1. C'est un hommage à rendre à Dieu
    Paul Claudel, dans le Père humilié, met sur les lèvres du Pape les paroles suivantes :"Orian, mon fils, fais comprendre aux hommes qu'ils n'ont d'autre devoir au monde que la joie. La joie que nous connaissons, que nous avons été chargés de leur donner, fais-leur comprendre que ce n'est pas un mot vague, un insipide lieu commun de sacristie, mais une superbe, une éblouissante, une poignante réalité, et que tout le reste n'est rien après !"
    Contrairement, en effet à ce que le jansénisme a pu faire croire, la joie est une vertu essentiellement chrétienne.

    Notre Seigneur est venu annoncer la joie sur la terre : le mot évangile veut dire "bonne nouvelle" ; les anges aux bergers en ont été les premiers messagers : "ne craignez pas ; voici que je vous annonce une grande joie qui est pour le peuple tout entier : un Sauveur vous est né" (Lc, 2, 10-11).

    Notre Seigneur est d'ailleurs l'ami de toute joie saine.

    Peut-on oublier que Celui qui devait, par ses paroles et ses exemples, bouleverser toute la pensée humaine et tout l'ordre du monde, ne craignit pas de se mêler, aux premiers jours de sa vie publique à la joie toute profane de deux familles mariant leurs enfants ?

    Peut-on oublier que, au cours de ce repas de noces, en la ville de Cana, Jésus accepta d'accomplir son premier miracle, non pour sauver une âme, non pour guérir un homme, mais simplement pour que la joie de la fête ne fût point altérée ?

    Peut-on enfin oublier Jésus se laissant, quelques temps plus tard, inviter chez Simon le Pharisien, allant se reposer chez son ami lazare, sollicitant l'accueil du publicain Zachée, consacrant la joie des objets retrouvés, s'attardant à regarder les enfants, invigant ses apôtres au repos, et surtout montrant le père du pauvre enfant prodigue ne rien trouver de mieux pour célébrer le retour de son fils, que de bien l'habiller, de tuer le veau gras et d'organiser une fête en son honneur ?
    C'est par trois fois que Jésus répète le souihait ardent qu'il forme de voir grandir sa joie en nous :

    - "Afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite" (Gaudium meum in vobis sit et gaudium vestrum impleatur) (Jn 15, 11).

    "Afin que votre joie soit parfaite" (Gaudium vestrum sit plenum) (Jn 16, 24).

    - "Afin qu'ils aient ma joie complète en eux-mêmes" (Habeant gaudium meum impletum insemetipsis) (Jn 17, 13).

    Il est même frappant de constater que les mots employés indiquent une nuance de plénitude débordante (impleatur, sit plenum, impletum).
    Les épitres de saint Paul font écho à l'enseignement du Maître. Il n'y en a pas une qui ne contienne une invitation à la joie, et même parfois avec une insistance qui nous émeut : "Réjouissez-vous, réjouissez-vous toujours, je vous le redis encore, soyez toujours joyeux" (Ph 4, 4).
    L'Eglise demande à Dieu, pour l'enfant présenté au baptême, la joie à son service (Laetus tibi in Ecclesia tua deserviat).

    Elle donne à la vierge ce titre "cause de notre joie" (Causa nostrae laeticiae), et demande, par son intercession, la joie pour plus tard et même pour maintenant (a praesenti liberari tristitia et aeterna perfuit laeticia).
    La vie des saints est une hymne à la joie chrétienne. Tout le monde connaît la formule de saint François de Sales : "un saint triste est un triste saint". L'évêque de Genève donnait aussi ce conseil : "Renouvelez souvent en vous l'esprit de joie et croyez fermement que c'est le vrai esprit de dévotion".
    C'est qu'en effet Dieu est joie, et même joie infinie. il n'a pas de plus ardent désir que de nous communiquer sa joie en nous communiquant sa vie.

    Et si, selon le mot de saint Paul, Dieu veut que nous ayons le sourire à son service dans le don de nous-même, c'est parce que la joie, épanouissant notre âme, nous ouvre plus largement à son action en nous.

    La joie au service de Dieu est une marque de confiance envers Lui qui, connaissant mieux que nous notre mission sur terre, sait mieux que nous ce qu'il nous faut pour la remplir.

    C'est aussi une marque de reconnaissance : Dieu est pour nous un bienfaiteur qui ne cesse de nous prodiguer ses bienfaits. Rien ne réjouit le coeur de celui qui donne que de voir le bonheur de celui à qui il donne. Et l'on peut même ajouter que la mesure des dons du Seigneur se fait d'autant plus grande que notre joie reconnaissante manifeste mieux le prix que nous y attachons.
    Dieu est notre Père qui non seulement nous a associés à sa vie, mais veut nous associer à son oeuvre d'amour. S'il est vrai que la joie des enfants est l'honneur et la récompense du père, rien ne glorifie davantage le Seigneur que notre joie à son service.

    Aussi l'on comprend la parole du Père Berdardot dans son beau livre "De l'Eucharistie à la Trinité" : "La joie est un culte à rendre à Dieu. Dans la perpetuelle épreuve et la persécution, l'Eglise, type sublime de l'âme, ne cesse de se réjouir. Sa liturgie est une fête chaque jour renaissante".
    La joie est le fruit de l'amour. Elle ne supprime pas, certes le sacrifice, mais elle le transfigure en lui donnant la plénitude de sa valeur et de sa fécondité.

    Plus une âme aime Dieu profondément, plus elle se sent aimée de Lui, plus la joie divine la pénètre pour permettre à Dieu de se donner encore davantage.

    "Nul n'est heureux comme un vrai chrétien" a écrit Pascal ; ce que traduisait par un mot savoureux un brave paysan se parlant à lui-même : "T'es t'y pas un heureux gars, tout de même ! T'aimes ben le bon Dieu, et le bon Dieu t'aime ben...".
    Ecoutons le père Faber :
    "Dieu aime les louanges de ceux qui sont humblement, doucement heureux...."

    "la joie est une des caractéristiques de la sainteté..."

    "Un homme mélancolique nen pourra jamais être autre chose qu'un convalescent dans la maison de Dieu"

    "Et si l'acceptation de la souffrance résignée est une louange pour Dieu, la joie limpide de l'âme qui trouve son centre en Lui l'est bien plus encore..."
    A suivre...

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