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  Echos de non-cathos... Jean-Paul II le Grand !
par le Père Daniel-Ange

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TORONTO - MEXICO :

Ayant parcouru au jour le jour la quasi totalité des journaux anglo-phones du Canada et plusieurs des USA, j'ai été frappé par l'enthousiasme général à propos des JMJ, contrairement à certains journaux francophones de Montréal - La Presse, Le Devoir, ceux-ci réduisant abusivement toutes les JMJ au gros titre : " Le Pape exprime sa honte ! ", parfois sans même citer la suite immédiate, qui était pourtant la pointe de son propos : " but, but... " [martelé de manière si forte que le journaliste du Saturday Sun pensera que son écouteur s'était déréglé].

Je retiens trois textes remarquables d'auteurs non-catholiques et peut-être non-chrétiens, dont je cite ici des extraits.

Un des plus beaux rayons de la lumière du Ressuscité

De Michael Coran, dans le Saturday Sun du 27 juillet 2002 :

" Je ne suis pas un catholique romain. Je désapprouve même bien des choses dans l'Église catholique. Mais je joins le monde catholique en souhaitant le bienvenue à Jean Paul II au Canada. Non seulement parce qu'il est un des plus grands leaders de notre temps, mais aussi parce qu'il est un vent pur et purificateur dans un monde souvent pollué, une voix claire de la raison traversant une cacophonie d'horribles cris.

Je me souviens lorsqu'il est venu pour la première fois en Angleterre. Je le revois étreignant une fillette atteinte du Down's syndrom. De manière si forte, si aimante, si vraie. Ce n'était pas du cinéma. Il ne le faisait pas parce qu'il le devait. Il le faisait parce qu'il ne pouvait s'en empêcher. Je me tourne alors vers mon père, un Juif qui avait fui la persécution dans la catholique Pologne. Il pleurait. Mon père pleurait ! En partie à cause de l'authentique amour ainsi montré, mais aussi parce qu'il savait dans son cur et son âme que cet homme était un ami. Un pont de compassion avait été construit. Et ce Pape pourrait être le plus grand constructeur de ponts des temps modernes.

N'étant pas catholique, je le vois comme un des plus grands rayons de la lumière, rayonnant de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ Jésus. Comme tout authentique leader chrétien, il ne peut être enfermé dans des étiquettes politiques. Il est allé au devant des Juifs, des Musulmans, des Hindous. Il a offert son amitié à toutes les races et nations. Il a rendu la papauté signifiante à nouveau... Il a redéfini ce que cela signifie d'être un catholique fidèle à la foi orthodoxe. Toute une nouvelle génération dynamique a été puissamment lancée par cet homme [...].

Ses opposants, en fait, ont peur. Leurs rangs sont clairsemés, ils déclinent. Leurs attaques ringardes reviennent encore et encore : " Il refuse d'ordonner des femmes et d'encourager l'homosexualité ! ", ressassent-ils à qui veut l'entendre.

Mais la logique crie : personne n'est forcé d'être catholique ! Si tu veux des femmes prêtres et des mariages gay, rejoins n'importe quelle autre Église ! Critique le Pape si tu veux, mais ne le critique pas d'être... Romain catholique. Autant reprocher au ciel d'être bleu !

Bref, le monde est meilleur car Jean Paul II est là. Il est plus joyeux et plus beau en l'ayant comme leader du catholicisme romain.

Jean Paul II, réjouis-toi du Canada, comme le Canada devrait se réjouir de toi ! "

Ce visage rayonnant de la contagieuse joie d'exister

De David Warren, dans le Ottawa Citizen du 28 juillet 2002 :

" Tout au long de cette semaine à Toronto, j'ai parcouru trottoirs, métros et trams avec cette jeunesse joyeuse venue de toutes les parties du monde. J'ai passé ma vie à essayer de déchiffrer les visages... Je fus stupéfait par tous ces visages de jeunes et fervents catholiques. J'ai rarement vu tant de beaux jeunes visages ensemble, ni fâchés, ni cyniques, ne posant et ne frimant pas, et pas fondamentalement malheureux. Mais des visages rayonnant de la contagieuse joie d'exister. Garçons et filles ensemble, se saluant avec respect (cela surtout à Toronto, où "il n'y a plus de sang laissé pour être versé dans la bataille des sexes"). Un ami a trouvé ces kids agaçants : "Ils ont subi un lavage de cerveau !" Eh bien, mes félicitations aux parents de ces kids pour ce lavage de cerveau, en présence de millions d'autres jeunes !

Non, toute ma génération n'a pas failli ! Pas entièrement. Je suis anglican, mais hurrah pour les catholiques !

Ils sont venus parce qu'il n'est pas seulement Pape, mais un homme extraordinaire, un homme véritable, dans un monde de victimes et de lâches ".

Un écrivain luthérien, Uwe Siemon-Netto, explique comment il attire plus les jeunes que leurs parents :

" Pourquoi donc ne sont-ils pas déroutés par le fait de sa vieillesse et de sa maladie ? Pourquoi le préfèrent-ils à un jeune clerc élégant et fringant, impeccablement rasé et parfumé ? Parce que c'est le printemps pour les vieillards dignes de confiance, printemps pour l'intégrité ".

Les jeunes aujourd'hui, à un degré remarquable, cherchent au delà de leurs parents des guides, des modèles. Ils regardent au delà de cette génération perdue, qui a failli et dont je fais partie. Ils cherchent dans leurs parents ce qui reste de leurs grands-parents, pour avoir une idée comment vivre... Ils ne veulent pas une chose pour rien. Ils rêvent d'être pleinement réels.

Tant d'entre eux cherchent des mains auxquelles se raccrocher. Bien peu ont l'équipement nécessaire pour une ascension en haute montagne. Bien peu ont été élevés dans la doctrine, et les attitudes du corps et de l'esprit qui naguère tenaient ensemble la société chrétienne.

Et pourtant, la première chose à savoir à propos de ces kids - dont je déchiffrais le visage à Toronto -, c'est qu'ils ne sont pas amers. Ce sont des chercheurs, non des accusateurs... Un si grand nombre ont faim et veulent être rassasiés ! Faim, non seulement d'être aimés, mais d'aimer. Ils veulent se tenir debout et crier : " Pour toujours ! For ever ! ".

Dans le Pape, ils voient une force mystérieuse venant d'une source secrète. En son corps, ils voient une souffrance conquise, et en ses yeux une lumière transperçant la mort. Voici un homme qui ne frime pas. Qui est authentiquement saint.

En lui, ils voient le père qu'ils n'ont jamais eu et, à travers lui, ils pressentent leur Père du ciel.

Quelle erreur c'eut été si ce Saint Père avait bradé l'Église, en essayant de changer avec le temps, en ordonnant des femmes, en acceptant la contraception, le mariage homosexuel, en appauvrissant la liturgie, en nommant des évêques à la mode du jour : bref, toute la gamme des demandes de ma génération. De telles expériences ont été tentées dans la plupart des autres grandes Églises : elles ont vidé les églises !

Les jeunes veulent davantage qu'un soutien moral pour les conduites immorales ! Ils ne veulent pas se couper des racines, enfoncées profond en terre au long des âges : ils veulent toucher le chêne vivant.

On ne peut servir deux maîtres. Nous pouvons souvent tomber dans le péché, nous devons pardonner : et aux autres, et à nous-même. Mais nous ne pouvons changer la définition du péché. Cela relève de Dieu, et Dieu n'y change rien. Le Pape, comme Mère Teresa, leur dit que nous ne pouvons refaire l'Église pour l'adapter au monde moderne. Car ce monde-là n'a aucun avenir. Demain il ne sera plus ! "

Homme de toutes les saisons, il est une présence

De Peggy Noonan, dans le Wall Street Journal du 2 août 2002 :

" Douze millions de personnes dans les rues de Mexico City pour accueillir Jean Paul II. Oui, 12 millions !

Qu'a donc fait ce voyage papal ? Quelque chose de grand ! Il a prouvé que quelles que soient sa santé et ses capacités apparentes, il est là ! Il est aimé ! Il a la puissance ! Il est une présence !

Ce voyage est la réponse à ceux qui - dans ou hors de l'Église - veulent sa démission. À travers ses actions, Jean Paul II dit : Dieu décide quand un pape doit partir... Dieu viendra chercher le Pape... Et aussi longtemps que le Pape est là, le Pape chaussera les sandales du pêcheur et fera l'uvre du Seigneur !

En présentant le simple fait de sa présence, il démontre non son pouvoir personnel, mais la puissance de la papauté elle-même et de l'Église, quoi qu'il arrive comme scandale ou honte, quels que soient les offensives de l'enfer ou le déferlement des grandes eaux.

Dans les rues de Mexico, ils sanglotaient sur son passage. Ils tendaient leurs mains vers lui et éclataient en sanglots. Le Pape qu'ils voulaient voir n'était plus le fringant charismatique en blanc qui avait galvanisé les foules, vingt-trois ans plus tôt. Cet homme est maintenant un lion en cage. Et pourtant, ils sanglotaient devant lui. Pourquoi ?

Le Pape est la personne que j'admire le plus au monde, Jean Paul le Grand - écrivain, poète, évangéliste, consolateur des souffrants, vainqueur du communisme, dénonciateur du matérialisme, grand ennemi de la culture de mort : homme de toutes les saisons et de tous les temps !

Quand tu vois le Pape, quelque chose se passe. Tu t'attends à être ému, mais c'est plus étonnant que cela. C'est une joie jaillissant de la bonté. Certains sont rendus humbles par une invisible gravité, les autres sont soulevés par une lumière inconnue... C'est comme si soudainement une colombe blanche, dont tu ignorais l'existence, s'envolait de ta poitrine. Et tu tends les bras vers cet homme brisé. Et les larmes affluent à tes yeux...

Telle est mon expérience ".

Je pourrais multiplier les citations de la même veine. Bien au delà des catholiques - et souvent hélas ! bien plus que par certains catholiques -, il est estimé. Bien plus : admiré. Bien plus : aimé ! Oui, vraiment aimé. Surtout comme champion de la vie, au nom de l'humanité entière. À la tête d'une Église qui " arrache l'homme aux griffes de l'homme, quand l'homme devient un loup pour l'homme ".

Pour les cinquante ans de sacerdoce de Jean Paul II, le directeur du Times fait l'aller-retour New York-Rome pour lui déclarer : " Saint Père, vous êtes l'homme de toutes les années, car dans le grand combat pour sauver la vie, c'est déjà vous le grand vainqueur ! "

Et Bill Clinton devant 40 000 jeunes à New York : " Saint Père, vous regardez l'avenir avec des yeux d'enfant ! ".

J'ai cité bon nombre de ces témoignages de non catholiques ou même de non chrétiens dans mon Jean Paul II, don de Dieu .
Misérables catholiques qui osent le critiquer ! Pire : le caricaturer ! Pire : le mépriser ! Pire : le bafouer !
De quoi auront-ils l'air lorsqu'ils le rencontreront au ciel et, avant cela, quand ils se retrouveront tout à coup face à face avec Celui qui l'a choisi comme le Pierre de notre temps, et qui nous l'a donné comme un de ses plus grands cadeaux, le confiant à notre coeur ?
Que diront-ils le jour - proche - où il sera canonisé comme Jean Paul le Grand ? D'ailleurs, ne l'est-il pas déjà par cette vox populi qui est vox Dei ? Bien au delà, oui, de son Église catholique...

Ce 25 août 2002, avec l'évangile dominical du premier Credo de l'Église : celui de Pierre

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