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LES "
REPERES " de SERVIAM : Signes d'Espérance Serviam met volontiers
en ligne l'instruction du Père Collas en réponse
à une correspondante qui demandait : |
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Mars 2003 Quand vous souhaitiez le printemps avec la formule "Bonne Pâque", vous ne vous trompiez pas tellement. Pour un chrétien, la fête de Pâque est celle de la résurrection de Jésus. Jésus était mort et il retrouve la vie. Ses apôtres nous ont fait part de cette étonnante nouvelle. Jésus qui retrouve la vie, c'est bien un peu ce que fait la nature au printemps : elle retrouve une vitalité que l'hiver avait endormie. Et, à ce titre, le printemps nous rappelle une attente étonnante qui se tient au coeur le plus profond des hommes et qui est de ne pas mourir. Cette attente inconsciente nous habite tous, et quand nous réfléchissons sur nous, nous nous rendons compte qu'en effet, alors que tout nous dit que nous devrons mourir, une voix insistante mais qu'on n'entend que lorsqu'on peut prendre le temps de réfléchir, nous dit que la mort est absurde. C'est ce dont Jésus a voulu nous assurer en ressuscitant lui-même. Sa résurrection nous confirme que l'instinct de non-mort qui nous habite tous, est fondé. Jésus nous dit : de même que je ressuscite trois jours après ma mort, de même vous aussi vous ne ferez que passer par la mort, mais vous passerez pour aller vers un type de vie qui lui, ne finira pas. En hébreu "passage" se dit "Pâque". Quand vous souhaitez à un ami une bonne pâque, vous lui dites qu'un jour, lui aussi, comme Jésus, fera le passage vers la vie définitive. Quand vous faites ce souhait à un ami qui n'est pas chrétien, vous lui dites de se réjouir de ce que la vie de la nature est en train de renaître. Vous ne pouvez pas lui dire davantage, mais vous faites bien tout de même de le lui dire, parce que, ce faisant, vous l'encouragez à espérer, à travers la vie qu'il voit, en une vie qui ne finisse pas. Même si vous ne pouvez pas lui dire davantage, c'est déjà beaucoup de l'aider à penser à une vie qui n'en finit pas de renaître, à une vie, donc, qui ne finit pas. Vous lui rendez service parce que vous l'aidez à espérer en la vie. Et vous savez qu'il ne sera pas déçu et qu'un jour, en effet, il verra que la vie qu'il aimait tant, elle ne lui sera jamais enlevée. Cela, il le verra le jour où on dira qu'il est "mort". Les gens le diront, mais lui, il verra qu'il est vivant, passé désormais du côté où la vie est enfin au point et se retrouve éternelle. Et quand vous le dites à un ami qui est chrétien, vous l'encouragez à ne pas désespérer de la vie, qui est parfois si lourde, mais qui donne aussi tant de joies. Vous l'aidez à attendre courageusement le jour où lui aussi passera vers l'endroit où la vie ne finit plus, comme Jésus et comme tous les vivants qui ont déjà "disparu" à nos yeux. "Disparus", après avoir fait leur passage, leur Pâque, disparus à nos yeux, parce que nos yeux sont habitués à ne voir que le provisoire, et qu'eux sont désormais dans le définitif, et que le définitif, nos yeux ne savent pas encore le deviner. Ils le pressentent seulement. Bonne Pâque, Madame. Ce
matin pendant la messe, je prierai avec vous. |