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    LES " REPERES " de SERVIAM : Signes d'Espérance
    " Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
    St Paul, 2 Epître à Timothée 4-1à 5

    Il suffit de tendre l'ouïe, le regard, la raison, pour constater l'ampleur du désastre dans lequel l'homme moderne s'enfonce en se détournant de son créateur... C'est pour aider à reprendre le bon cap que le site serviam propose une série de " repères " à ses correspondants....
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    dec 2002
    le Pardon du Père...

    ... Il faut d'abord savoir que, dans les tout premiers temps de l'Eglise, le pardon n'était donné que par le sacrement du Baptême. Peu à peu et, en gros jusqu'au VIè siècle, l'Eglise s'est mise à pratiquer ce que nous nommons le sacrement de pénitence (aujourd'hui de réconciliation); mais elle ne le donnait qu'une seule fois dans la vie. Au VIè siècle, nous est venue d'Irlande la coutume habituelle de le donner fréquemment.
    Or, le Seigneur lui-même n'a fixé aucune règle pour la "réception" de ce sacrement. Il a seulement parlé du pardon donné par le Père, en racontant la parabole du fils perdu - le fils prodigue - (Lc.15). Mais il a laissé à ses Apôtres, pour la suite des temps, la "gestion" du don du pardon fait par Dieu : "Tout ce que vous délierez sur la terre" (Mt. 18,18). C'est dire que toutes les règles que nous connaissons encore aujourd'hui, viennent de l'Eglise seule. Elle voulait, en les promulgant, aider les chrétiens à repartir "à neuf " aussi souvent que possible. Et c'est bien.

    Mais que voit-on si on regarde de près la parabole du fils perdu ?
    On voit que le pardon est total et immédiat. Sans condition autre pour le fils, que de reconnaître son "échec". Et encore en le "couvrant de baisers", le Père l'empêche-t-il d'entrer dans les détails au moment où justement il s'y prépare.
    On voit encore qu'aussitôt après les baisers, le fils est convié à reprendre ses habits et les signes de sa filiation: il est fils comme avant. Et le Père immédiatement ordonne la fête.
    Cette parabole est importante pour comprendre ce qu'est le pardon du Père. Si l'on regarde sans rien y retoucher ce que Jésus a dit ce jour-là, on voit :
    1/ que le fils doit venir vers son Père,
    2/ reconnaître qu'il a mal fait,
    3/ sans entrer dans les détails,
    4/ se laisser embrasser par le Père,
    5/ faire la fête, puis,
    6/ reprendre sa vie de fils comme avant.

    ... Le pardon du Père est efficace totalement et du premier coup. Et qu'il n'est donc pas nécessaire de revenir là-dessus.
    Ce qui est pardonné est anéanti. La seule exigence pour la suite est de tout faire pour faire mieux. Mais ce qui est pardonné n'a plus et à jamais aucune existence. Sauf peut-être dans notre mémoire. C'est que la tendresse du Père peut aisément faire ce que nous ne pouvons même pas rêver. C'est donc parce que je crois à cette force de la tendresse de mon Père que je ne redemande pas le pardon qu'il m'a déjà donné.

    Ne confondons pas les dires des hommes et la parole de Jésus. Les dires des hommes, quand ils s'appuient sur Dieu, peuvent être courageux et grands. Ils peuvent aussi être malencontreux quand ils s'appuient sur la méfiance qu'ils ont contre eux. Si je regarde le Père, je me sais libéré. Et donc libre pour vivre courageusement. Si je me regarde d'abord, je risque de voir le Père comme je me vois moi-même. Mais alors, je me trompe. C'est le Père que je dois regarder : il m'a "couvert de baisers". Ces baisers ont réduit en cendres ce qui en moi avait manqué d'amour et qu'on appelle un péché. Et ces cendres ont été envoyées à la décharge définitive d'où rien ne peut plus sortir puisque rien ne s'y trouve plus.
    Les prochains baisers seront pour les prochains actes qu'éventuellement je n'aurai pas faits avec assez d'amour et qu'on appellera encore des péchés.
    ...
    L' amour du Père n'a pas besoin de s'y reprendre pour détruire notre mal.
    Une bonne Nouvelle qu'il ne faut pas laisser encrasser sous des lois et des règles inspirées probablement plus par la peur que nous avons de nous, que par l'amour qu'Il a pour nous.
    L'amour libère de la peur.
    R .Collas, prêtre.

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