| LES " REPERES " de SERVIAM : Signes d'Espérance " Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. St Paul, 2 Epître à Timothée 4-1à 5 Il suffit de tendre l'ouïe, le regard, la raison, pour constater l'ampleur du désastre dans lequel l'homme moderne s'enfonce en se détournant de son créateur... C'est pour aider à reprendre le bon cap que le site serviam propose une série de " repères " à ses correspondants.... ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- |
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Religion du livre... par le Père Mestre " Religion du livre..." Le qualificatif nous colle à la peau. Les musulmans y tiennent beaucoup qui parlent des trois religions du Livre : le judaïsme, le christianisme et l'islam. Car toutes trois se réfèrent à un texte sacré fondateur. Et a priori, la première lecture tirée du livre de Néhémie pourrait nous le faire croire. Puisque tout l'épisode est centré sur la redécouverte de la loi au temps d'Esdras, bien après le retour de captivité de Babylone. La communauté spirituelle reprend vie au Vème siècle dans un temple reconstruit et grâce à une loi retrouvée. On peut distinguer trois temps dans le récit : on apporte le livre de la Loi de Moïse, Esdras donne lecture
de la Loi, puis les Lévites, les prêtres traduisent, donnent le
sens. Dans ce commentaire, réside une bonne partie de la nouveauté du
christianisme : " cette parole de l'Ecriture que vous venez d'entendre,
c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit ". Rien de tel dans le Christianisme : Jésus a un tout autre rapport à la loi écrite. Certes, Il la lit, Il s'y réfère, Il la respecte. Mais il est bien plus qu'un scribe docile : Il est cette Parole même de Dieu parmi nous, incarnée. D'où son autorité particulière : Il ne parle pas comme les scribes et les pharisiens. Il ne se borne pas à commenter la loi, à prévoir tous les cas possibles et imaginables d'application. Il se permet de l'ajuster. Par exemple, dans les fameuses antithèses rapportées par St Matthieu : " vous avez appris qu'il vous a été ditet moi Je vous dis ". Ou encore lorsqu'Il déclare que le Fils de l'homme est maître du sabbat. Il ne se pose pas en rival de la Loi de Dieu, mais Il l'accomplit, lui redonne tout son sens. Parce que cette loi n'a pas à être figée dans le marbre, mais inscrite dans le coeur. Ainsi le Christianisme glisse d'une religion du Livre à une religion
de la Parole. De la Parole faite chair, qui désire s'imprimer
dans notre chair. De la Parole qui désire naître en nous : pour
exister, la Parole de Dieu a besoin qu'un autre la prenne. Le
christianisme est une religion de l'intériorité et du dialogue.
Jésus Parole de Dieu désire nous rencontrer, pour nous parler,
pour nous faire parler ensuite. Son Esprit, l'Esprit de Dieu,
si présent à la synagogue de Nazareth, désire rencontrer le nôtre,
ne faire plus qu'un avec nous, afin que la parole entendue devienne
nôtre. Alors, mais alors seulement, nous pourrons devenir des
porte-parole. St Luc, lui-même, s'y réfère au tout début de son
propre Evangile. Celui-ci n'est pas un texte dicté par Dieu, mais
la composition d'un récit. St Luc précise : " plusieurs ont entrepris
de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi
nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent
les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole
". L'Evangile, c'est une Parole transmise de génération en génération.
A nous de la faire rayonner alentour. D'être, à notre place, des
serviteurs de la Parole. |