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    LES " REPERES " de SERVIAM : Signes d'Espérance
    " Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
    St Paul, 2 Epître à Timothée 4-1à 5

    Il suffit de tendre l'ouïe, le regard, la raison, pour constater l'ampleur du désastre dans lequel l'homme moderne s'enfonce en se détournant de son créateur... C'est pour aider à reprendre le bon cap que le site serviam propose une série de " repères " à ses correspondants....
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    Oct 2002
    Renoncer ou suivre ?....

    Vous avez entendu, frères : " Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même ! " Etrange, non ? Renoncer à soi-même : comment faut-il comprendre?

    Dites-moi : que penseriez-vous d'un chef d'entreprise qui doterait ses collaborateurs d'ordinateurs performants, avec, à la clef, l'indispensable stage de formation qu'ils exigent et qui, le jour d'en lancer l'exploitation, leur demanderait d'abandonner programmes et claviers ? Moi, je dirais qu'il est irrationnel et qu'il court à la faillite. Mais puis-je le dire du Christ ? Et pourtant...
    Que signifie " Faire l'homme à son image " si l'on demande à ce même homme de renier ce qu'il est dès lors qu'il veut vivre selon ce qu'il est et donc, selon le modèle du Dieu qui le crée ? Enfin, c'est bien Dieu qui confie à la génétique de combiner ce que nous sommes devenus et de l'inscrire en notre fond. Pourquoi structurer ce fond " à son image " s'il faut pour vivre, renier ce qu'il a voulu ? Comment comprendre ce que saint Luc a compris ?

    D'abord, frères, portons au crédit du Christ qu'il est assez intelligent pour ne pas se contredire. Et puis, ajoutons que nous, nous sommes maladroits puisque nous sommes encore en chantier, et que, du coup, nous avons du mal à comprendre, non seulement ce qu'il nous dit, mais aussi comment fonctionne l'impressionnante " machine " que nous sommes. Or l'un des risques majeurs et tout bêtes qui guette cette gaucherie, c'est que nous oubliions que nous sommes branchés sur le courant, dans notre hâte d'agir et parce que, c'est vrai, la prise n'est pas visible. Et pourtant, il nous a bien prévenus : en dehors de lui, nous ne pouvons rien faire, et nos batteries toutes seules ne tiendront pas un jour sous le poids de nos urgences.

    Dans ces perspectives, le Christ ne nous demanderait pas de renoncer à être nous-mêmes, mais de renoncer à l'être sans lui. Ce qu'il signifierait en rappelant qu'il faut " le suivre ". Il veut des vivants, mais des vivants qui sachent qu'ils ne peuvent vire s'ils ne sont branchés que sur eux. Il ne nous demande pas de renoncer à l'usage de notre clavier mais de comprendre que les batteries qui l'animent, ne tiendront pas si elles ne sont pas régulièrement rechargées. En langage chrétien, recharger ses batteries s'appelle prier. " Suivre le Christ " ne peut pas vouloir dire que l'on marche comme un esclave dépersonnalisé derrière son maître, mais que chaque jour quelques instants on s'immobilise dans sa trace, pour permettre au Père de refaire notre énergie.

    Seigneur, nous ne croyons pas que tu veuilles être accompagné par des robots sans substance, mais par des fils qui ne sont fils et vivants que s'ils prennent le temps chaque jour de se laisser embrasser par le Père, dans les bras duquel, te suivre nous conduit. Et pour les hommes, consciemment ou non, cela s'appelle prier.

    Sans quoi, en effet, nous ne serions personne. Amen.
    (Lc. 9, 18-24)

    R. Collas, prêtre

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