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Jean Paul
II à Toronto XVIIe Journée mondiale de la jeunesse
- 23-28 juillet 2002
Sommaire
Cérémonie de bienvenue
à l'aéroport 23 juillet Fête d'accueil des jeunes Exhibition
place 25 juillet Cérémonie
d'ouverture Exhibition place 25 juillet Angelus 27 juillet Downsview Park 27 juillet Veillée avec les jeunes Discours du Saint-Père 24
Downsview Park 28 juillet Messe concélébrée Chemin de croix Angelus du 28 juillet Salut et remerciements aux jeunes du monde entier
28 juillet Remerciements
au Comité d'organisation des JMJ 28 juillet Angelus du 4 août
CÉRÉMONIE DE BIENVENUE DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
Toronto Aéroport
international, mardi 23 juillet
2002
Monsieur
le Premier Ministre Jean Chrétien, Chers amis canadiens !
1. Je vous suis profondément reconnaissant,
Monsieur le Premier Ministre, pour vos paroles de bienvenue et
je me sens très honoré par la présence,
à mon arrivée, du Premier Ministre de l'Ontario,
du Maire de la grande ville de Toronto et de plusieurs hauts
représentants du gouvernement et de la société
civile. À tous, j'exprime de tout cur un chaleureux "
merci " : merci d'avoir répondu favorablement à
l'idée d'accueillir la Journée mondiale de la Jeunesse
au Canada, et merci pour tout ce qui a été accompli
afin que cela devienne réalité.
Chers Canadiens, je garde un souvenir très vif de mon
premier voyage apostolique en 1984 et de la brève visite
accomplie en 1987 auprès des peuples indigènes
dans la terre de Denendeh. Cette fois-ci, je dois me contenter
de rester seulement à Toronto. De ce lieu, je salue tous
les citoyens du Canada. Vous êtes présents dans
ma prière de reconnaissance envers Dieu qui a comblé
de ses bénédictions votre immense et splendide
pays.
2.
Voici que se rassemblent des jeunes de tous les points du monde
pour la Journée mondiale de la Jeunesse. Avec leurs dons
d'intelligence et de cur, ils sont l'avenir du monde. Mais ils
portent aussi les marques d'une humanité qui, trop souvent,
ne connaît ni la paix ni la justice.
Trop de vies commencent et s'achèvent sans joie et sans
espérance. Une des principales raisons d'être des
Journées mondiales de la Jeunesse est celle-ci : les jeunes
sont en train de se rassembler pour s'engager, avec la force
de leur foi en Jésus Christ, à servir la grande
cause de la paix et de la solidarité humaine.
Merci à toi, Toronto ! Merci à toi, Canada, pour
l'accueil offert à bras ouverts à tous ces jeunes
!
3. Dans la version
francophone de votre hymne national " O Canada ", vous
chantez : " Car ton bras sait porter l'épée,
il sait porter la croix ". Les Canadiens sont les héritiers
d'un humanisme extraordinairement riche, grâce à
l'association de nombreux éléments culturels divers.
Mais le noyau de votre héritage, c'est la conception spirituelle
et transcendante de la vie, fondée sur la Révélation
chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à
votre développement comme société libre,
démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier
comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.
4. Dans un monde
marqué par de fortes tensions éthiques et sociales,
et par une sorte de confusion sur le but même de la vie,
les Canadiens ont, comme contribution, un trésor incomparable
à offrir. Ils doivent donc préserver ce qui est
profond, ce qui est bon, ce qui est valable dans leur héritage.
Je prie pour que cette Journée mondiale de la Jeunesse
soit pour tous les Canadiens une occasion de redécouverte
des valeurs qui sont essentielles pour une vie bonne et pour
le bonheur humain.
Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les représentants
des Autorités, chers amis : puisse la devise de la Journée
mondiale de la Jeunesse résonner d'un bout à l'autre
du pays, rappelant à tout chrétien son devoir d'être
" sel de la terre et lumière du monde " !
Que Dieu vous
bénisse. Que Dieu bénisse le Canada !
FÊTE D'ACCUEIL DES JEUNES SALUT INITIAL DU PAPE JEAN-PAUL II
Toronto Exhibition Place,
jeudi 25 juillet 2002
Chers
jeunes amis ! 1. Vous êtes
venus à Toronto des cinq continents pour célébrer
votre Journée mondiale. À vous s'adresse mon salut
joyeux et cordial. J'ai attendu avec impatience cette rencontre
alors que parvenaient sur ma table de travail au Vatican, de
diverses régions du monde, les échos consolants
des multiples initiatives qui ont marqué votre chemin
jusqu'à aujourd'hui. Et souvent, même sans vous
connaître, je vous ai présenté un par un
au Seigneur dans la prière : Lui vous connaît depuis
toujours et vous aime personnellement.
Je salue avec une fraternelle affection les Cardinaux et les
Évêques qui vous accompagnent, en particulier Monseigneur
Jacques Berthelet, Président de la Conférence des
Évêques catholiques du Canada, le Cardinal Aloysius
Ambrozic, Archevêque de cette ville, et le Cardinal James
Francis Stafford, Président du Conseil pontifical pour
les Laïcs. À tous je redis : puisse la vie en proximité
avec vos Pasteurs vous aider à découvrir toujours
plus et à goûter la beauté de l'Église
vécue comme communion missionnaire !
2. À entendre la longue liste
des pays dont vous êtes originaires, nous avons fait ensemble
quasiment le tour du monde. Derrière chacun de vous, j'ai
vu le visage des jeunes de votre âge que j'ai rencontrés
au cours de mes voyages apostoliques et qu'aujourd'hui, en quelque
sorte, vous représentez ici. Je vous ai imaginés
en chemin à l'ombre de la croix du Jubilé dans
ce grand pèlerinage de la jeunesse qui, passant de continent
en continent, désire rassembler le monde dans une étreinte
de foi et d'espérance.
Aujourd'hui, ce pèlerinage fait étape ici, sur
les rives du lac Ontario, qui nous rappelle un autre lac, celui
de Tibériade, sur les rives duquel le Seigneur Jésus
adressa aux premiers disciples, parmi lesquels certains étaient
probablement jeunes comme vous, une proposition attirante (cf.
Jn, 1, 35-42).
3.
Le Pape est venu de Rome pour entendre à nouveau avec
vous la parole de Jésus qui, aujourd'hui encore, comme
cela s'est produit pour les disciples en un jour lointain, peut
enflammer le cur d'un jeune et motiver toute son existence. Je
vous invite donc à faire des divers moments des Journées
mondiales qui commencent un temps privilégié durant
lequel chacun de vous, chers jeunes, se mettra à l'écoute
du Seigneur, avec un cur disponible et généreux,
pour devenir " sel de la terre et lumière du monde
" (cf Mt 5, 13-16).
Chers jeunes d'Espagne et d'Amérique latine, je vous salue
cordialement. Rappelez-vous le chemin du bonheur que Jésus
annonce dans l'Évangile !
Je vous salue avec affection, ainsi que les évêques
qui vous accompagnent.
Je salue aussi les jeunes de langue portugaise et je vous souhaite
à tous le bonheur et la joie des Béatitudes.
Je salue avec joie et affection les jeunes italiens, accompagnés
par leurs évêques.
Enfin, je salue mes compatriotes venus de Pologne jusqu'à
Toronto.
FÊTE
D'ACCUEIL DES JEUNES
cérémonie d'ouverture
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II Toronto
- Exhibition Place,
jeudi 25 juillet 2002
Chers
Jeunes,
1. La page des Béatitudes
que nous venons d'entendre est la grande charte du christianisme.
C'est avec les yeux du coeur que nous revoyons la scène
de ce jour-là : une foule de personnes entoure Jésus
sur la montagne, hommes et femmes, jeunes et vieux, bien-portants
et malades, venus de la Galilée, mais aussi de Jérusalem,
de la Judée, des villes de la Décapole, de Tyr
et de Sidon. Ils sont tous en attente d'une parole, d'un geste
qui puisse leur donner réconfort et espérance.
Ce soir, nous sommes nous aussi rassemblés pour nous mettre
à l'écoute du Seigneur. Je vous regarde avec une
grande affection : vous venez de diverses régions du Canada,
des États-Unis, de l'Amérique centrale, de l'Amérique
du Sud, de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie.
J'ai écouté vos voix joyeuses, vos cris, vos chants,
et j'ai perçu l'attente profonde de vos curs : vous voulez
être heureux !
Chers jeunes, les propositions qui vous sollicitent de toute
part sont nombreuses et séduisantes : beaucoup vous parlent
d'une joie qui pourrait s'obtenir par l'argent, par le succès,
par le pouvoir. Surtout, ils vous parlent d'une joie qui coïnciderait
avec le plaisir superficiel et éphémère
des sens.
2. Chers amis, à votre
envie de jeunes désirant être heureux, le vieux
Pape, chargé d'années mais encore jeune de cur,
répond par une parole qui n'est pas la sienne. C'est une
parole qui a résonné il y a deux mille ans. Nous
l'avons de nouveau entendue ce soir : " Heureux ".
La parole clé de l'enseignement de Jésus est une
annonce de joie : " Heureux "
L'homme est fait pour le bonheur. Votre soif de bonheur est donc
légitime. Le Christ a la réponse à votre
attente. Il vous demande donc de lui faire confiance. La joie
véritable est une conquête, qui ne s'obtient pas
sans une lutte longue et difficile. Le Christ possède
le secret de la victoire.
Vous savez ce qui a précédé. Le livre de
la Genèse le raconte : Dieu créa l'homme et la
femme dans un paradis, l'Eden, parce qu'Il les voulait heureux.
Malheureusement le péché bouleversa ses projets
initiaux. Dieu ne se résigna pas à cet échec.
Il envoya son Fils sur la terre pour redonner à l'homme
la perspective d'un ciel encore plus beau. Dieu s'est fait homme
les Pères de l'Église l'ont souligné
afin que l'homme puisse devenir Dieu. Tel est le tournant
décisif que l'Incarnation a imprimé dans l'histoire
humaine.
3. Où se situe la lutte
? La réponse nous est donnée par le Christ lui-même.
" Lui qui était dans la condition de Dieu ",
a écrit saint Paul, " il n'a pas jugé bon
de revendiquer son droit d'être traité à
l'égal de Dieu ; mais en prenant la condition de serviteur,
il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant
jusqu'à mourir " (Ph, 2 6-8). Il s'agit d'une lutte
jusqu'à la mort. Le Christ l'a vécue non pour lui
mais pour nous. De cette mort a jailli la vie. La tombe du Calvaire
est devenue le berceau de l'humanité nouvelle en chemin
vers le vrai bonheur.
Le " Discours sur la Montagne " trace la carte de ce
chemin. Les huit Béatitudes sont les panneaux signalétiques
qui indiquent la direction à suivre. C'est un chemin qui
monte, mais Jésus l'a parcouru le premier. Et il est prêt
à le parcourir de nouveau avec vous. Il déclara
un jour : " Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres
" (Jn 8, 12). Et dans une autre circonstance il ajouta :
" Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et
que vous soyez comblés de joie " (Jn 15,11).
C'est en marchant avec le Christ que l'on peut conquérir
la joie, la vraie joie ! C'est précisément pour
cette raison qu'il vous lance aujourd'hui encore un appel à
la joie : " Heureux ".
Accueillant maintenant sa Croix glorieuse, cette Croix qui a
parcouru avec les jeunes les routes du monde, laissez résonner
dans le silence de votre cur cette parole consolante et exigeante
: " Heureux ".
(Procession avec la Croix de l'Année sainte, voir p. 38)
4. Rassemblés autour de
la Croix du Seigneur, nous nous tournons vers lui : Jésus
ne s'est pas contenté d'énoncer les Béatitudes.
Il les a vécues. Parcourant de nouveau sa vie, relisant
l'Évangile, nous restons émerveillés : le
plus pauvre parmi les pauvres, l'être le plus doux parmi
les humbles, la personne au cur le plus pur et miséricordieux,
c'est précisément lui, Jésus. Les béatitudes
ne sont que la description d'un visage, son Visage !
En même temps, les Béatitudes décrivent le
chrétien. Elles sont le portrait du disciple de Jésus,
la photographie de l'homme qui a accueilli le règne de
Dieu et qui veut harmoniser sa vie avec les exigences de l'Évangile.
Jésus s'adresse à cet homme en l'appelant "
heureux ".
La joie que les Béatitudes promettent est la joie même
de Jésus : une joie cherchée et trouvée
dans l'obéissance au Père et dans le don de soi
à ses frères.
5. Jeunes du Canada, d'Amérique
et de toutes les parties du monde ! Regardant Jésus, vous
pouvez apprendre ce que signifie être pauvre de cur, humble
et miséricordieux, ce que veut dire rechercher la justice,
avoir un cur pur, être un artisan de paix.
Avec le regard fixé sur lui, vous pouvez découvrir
le chemin du pardon et de la réconciliation dans un monde
souvent en proie à la violence et à la terreur.
Avec une dramatique évidence au cours de l'année
passée, nous avons fait l'expérience du visage
tragique de la méchanceté humaine. Nous avons vu
ce qui arrive lorsque règnent la haine, le péché
et la mort.
Mais aujourd'hui la voix de Jésus résonne au milieu
de notre assemblée. Sa voix est une voix de vie, d'espérance,
de pardon ; c'est une voix de justice et de paix. Écoutons-la
!
6. Chers amis, l'Église
aujourd'hui vous regarde avec confiance et attend que vous deveniez
le peuple des béatitudes.
Heureux êtes vous si vous êtes comme Jésus,
pauvres de cur, bons et miséricordieux ; si vous savez
chercher ce qui est juste et droit ; si vous avez un cur pur,
si vous êtes artisans de paix, si vous aimez et servez
les pauvres. Heureux êtes-vous !
Jésus seul est le Maître véritable, Jésus
seul propose un message qui ne change pas, mais qui répond
aux attentes les plus profondes du cur de l'homme, parce lui
seul sait " ce qu'il y a dans l'homme " (Jn, 2,25).
Aujourd'hui, il vous appelle à être sel et lumière
du monde, à choisir la bonté, à vivre dans
la justice, à devenir instruments d'amour et de paix.
Son appel a toujours demandé un choix entre le bien et
le mal, entre la lumière et les ténèbres,
entre la vie et la mort. La même invitation vous est adressée
aujourd'hui à vous qui êtes ici, sur les rives du
lac Ontario.
7. Quel appel choisiront de suivre
les sentinelles du matin ? Croire en Jésus signifie accueillir
ce qu'il dit, même si cela va à contre-courant de
ce que disent les autres. Cela signifie refuser les sollicitations
du péché, aussi attrayantes soient-elles, et cheminer
sur la route exigeante des vertus évangéliques.
Jeunes qui m'écoutez, répondez au Seigneur avec
un cur fort et généreux ! Il compte sur vous. N'oubliez
pas : le Christ a besoin de vous pour réaliser son projet
de salut ! Le Christ a besoin de votre jeunesse et de votre enthousiasme
généreux pour faire résonner son annonce
de joie dans le nouveau millénaire. Répondez à
son appel en mettant votre vie à son service en servant
vos frères ! Ayez confiance dans le Christ, parce que
lui a confiance en vous.
8. Seigneur Jésus Christ,
proclame encore une fois
tes Béatitudes devant ces jeunes,
rassemblés à Toronto
pour leur Journée mondiale.
Regarde avec amour
et écoute ces jeunes curs,
qui sont disposés
à risquer leur avenir pour Toi.
Tu les as appelés à être
" sel de la terre et lumière du monde ".
Continue à leur
enseigner
la vérité et la beauté
des perspectives
que tu as annoncées
sur la Montagne.
Rends-les
hommes et femmes des Béatitudes !
Fais resplendir en eux
la lumière de ta sagesse,
afin que, par leurs paroles
et par leurs actes ils sachent
répandre dans le monde
la lumière et le sel de l'Évangile.
Fais de toute leur vie
un reflet lumineux de Toi,
qui es la lumière véritable,
venue en ce monde,
afin que quiconque croie en toi
ne meurt pas,
mais ait la vie éternelle (cf Jn, 3, 16) !
Mes chers amis, remercions le
Seigneur pour le don de la jeunesse. Jeunesse, jeunesse arrive
et passe, mais elle reste pendant toute la vie. Merci pour votre
danse et bonne continuation.
ANGELUS Morrow Park
Cappella della Casa, samedi 27 juillet 2002
Chères Soeurs,
Je vous remercie vivement de
l'hospitalité que vous m'offrez à l'occasion de
mon séjour à Toronto pour la célébration
de la XVIIe Journée mondiale de la Jeunesse. Je sais combien
les Surs de Saint-Joseph, avec tant d'autres religieux et religieuses,
ont collaboré à la préparation de ce grand
événement et à l'accueil des jeunes du monde
entier. A tous et à chacun, j'exprime ma très vive
gratitude.
Votre Congrégation vient de célébrer ses
cent cinquante ans d'existence : avec vous je rends grâce
au Seigneur, qui a accompli des merveilles à travers le
dévouement, le sacrifice, le service humble et caché
de nombreuses Surs de Saint-Joseph ; je lui demande de continuer
à vous soutenir par sa grâce et par le don de son
Esprit, dans votre zèle qui vous pousse à confier
à Dieu ce que vous êtes et ce que vous serez, et
dans une constante disponibilité à être envoyées,
comme Jésus, pour servir les autres.
Que Marie, l'épouse de
Joseph, soit pour vous une mère et un maître de
vie et de sainteté !
VEILLÉE AVEC LES JEUNES SALUT INITIAL DU PAPE JEAN-PAUL II
Toronto
Downsview Park, samedi 27 juillet 2002
Chers Jeunes du monde, chers amis !
1. Au nom du Seigneur, je vous
salue tous avec affection ! Je suis heureux de vous rencontrer
une nouvelle fois, après les jours de catéchèse,
de réflexion, de partage et de fête que vous avez
vécus. Nous nous approchons de la phase conclusive de
cette Journée mondiale, qui trouvera son couronnement
demain dans la célébration de l'Eucharistie.
C'est en vous, qui êtes réunis à Toronto
des quatre coins de la terre, que l'Église lit son avenir
et qu'elle entend l'appel à cette jeunesse dont l'Esprit
du Christ l'enrichit constamment. L'enthousiasme et la joie que
vous manifestez sont les signes de votre amour pour le Seigneur
et de votre désir de le servir dans l'Église et
dans vos frères.
2. Ces jours derniers, à
Wadowice ma cité natale s'est déroulé
le troisième Forum international des Jeunes, qui a rassemblé
des catholiques, des grecs-catholiques et des orthodoxes provenant
de Pologne et de l'Europe de l'Est. Aujourd'hui, à l'inverse,
au même endroit, se sont rassemblés des jeunes de
toute la Pologne pour s'unir à nous au moyen de la télévision
et pour vivre ensemble cette veillée de prière.
Permettez que je les salue en polonais :
Je salue les jeunes de langue polonaise, qui sont venus très
nombreux de notre patrie et des autres pays du monde, ainsi que
les milliers de jeunes qui, de toute la Pologne et des pays de
l'Europe de l'Est, sont rassemblés à Wadowice pour
vivre avec nous cette veillée de prière. À
tous, je souhaite que ces jours apportent des fruits abondants
pour un élan généreux dans leur adhésion
au Christ et à son Évangile.
3. Au cours de la veillée
de ce soir, nous accueillerons la Croix du Christ, témoignage
de l'amour de Dieu pour l'humanité. Nous acclamerons le
Seigneur ressuscité, lumière qui brille dans les
ténèbres. Nous prierons avec les psaumes, reprenant
les paroles mêmes que Jésus a prononcées
quand il s'adressait à son Père durant sa vie terrestre.
Ils constituent aujourd'hui encore la prière de l'Église.
Nous écouterons enfin la Parole du Seigneur,
lampe pour nos pas, lumière sur notre route
(cf. Ps 119, 105).
Je vous invite à être
la voix des jeunes du monde, de leurs joies, de leurs désespoirs,
de leurs espérances. Regardez Jésus, le Vivant,
et refaites-lui la même demande que les Apôtres :
" Seigneur, apprends-nous à prier " ! La prière
sera comme le sel, qui donne de la saveur à votre existence
et qui vous tournera vers Lui, lumière véritable
de l'humanité.
VEILLÉE AVEC LES JEUNES DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II Toronto
Downsview Park, samedi 27 juillet 2002
Chers Jeunes,
1. Lorsqu'en l'année 1985,
désormais lointaine, j'ai voulu lancer les Journées
mondiales de la Jeunesse, j'avais dans le cur les paroles de
l'Apôtre Jean que nous avons écoutées ce
soir : " Ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé
de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché,
c'est le Verbe de la vie nous vous l'annonçons à
vous aussi " (1 Jn 1, 1.3). Et j'imaginais les Journées
mondiales comme un temps fort au cours duquel les jeunes du monde
pourraient rencontrer le Christ, éternellement jeune,
et apprendre de Lui à devenir les évangélisateurs
des autres jeunes.
Ce soir, avec vous, je bénis le Seigneur, lui rendant
grâce pour le don fait à son Église à
travers les Journées mondiales de la Jeunesse. Des millions
de jeunes y ont participé, trouvant ainsi des motifs d'engagement
et de témoignage chrétiens. Je vous remercie en
particulier vous qui, accueillant mon invitation, vous êtes
rassemblés ici à Toronto pour " dire au monde
votre joie d'avoir rencontré le Christ Jésus, votre
désir de le connaître toujours mieux, votre engagement
à annoncer son Évangile de salut jusqu'aux extrémités
de la terre " (Message pour la 17e Journée mondiale
de la Jeunesse, n. 5).
2. Le nouveau millénaire
a commencé avec deux événements contradictoires
: celui de la foule des pèlerins venus à Rome au
cours du grand Jubilé pour franchir la Porte sainte qui
est le Christ, Sauveur et Rédempteur de l'homme ; et celui
du terrible attentat terroriste de New York, icône d'un
monde dans lequel semble prévaloir la dialectique de l'inimitié
et de la haine.
La question qui se pose est dramatique : sur quelles fondations
faut-il construire la nouvelle époque de l'histoire qui
émerge des grandes transformations du vingtième
siècle ? Sera-t-il suffisant de parier sur la révolution
technologique en cours, qui semble être guidée uniquement
par des critères de productivité et d'efficacité,
sans référence aucune à la dimension religieuse
de l'homme et sans un discernement éthique universellement
partagé ? Est-il juste de se contenter de réponses
provisoires aux problèmes de fond et de laisser la vie
aux prises de pulsions instinctives, de sensations éphémères,
d'enthousiasmes passagers ?
La question se pose à nouveau : sur quelles bases, sur
quelles certitudes édifier son existence et celle de la
communauté à laquelle on appartient ?
3. Chers amis,
vous le sentez instinctivement au-dedans de vous, dans l'enthousiasme
de vos jeunes années, et vous l'affirmez par votre présence
ce soir : seul le Christ est la 'pierre angulaire sur laquelle
il est possible de construire solidement l'édifice de
son existence. Seul le Christ, connu, contemplé et aimé,
est l'ami fidèle qui ne déçoit pas, qui
se fait le compagnon de notre route et dont les paroles réchauffent
le cur (cf. Lc 24, 13-35).
Le vingtième siècle a souvent prétendu se
passer de cette 'pierre angulaire', tentant de construire la
cité des hommes sans faire référence à
Lui et il a fini par l'édifier de fait contre l'homme.
Mais les chrétiens le savent : il n'est plus possible
de refuser ou d'écarter Dieu sans s'exposer au risque
d'humilier l'homme.
4.
L'attente que l'humanité nourrit au milieu de tant d'injustices
et de souffrances est celle d'une nouvelle civilisation à
l'enseigne de la liberté et de la paix. Mais, pour une
telle entreprise, il faut une nouvelle génération
de bâtisseurs qui, animés non par la peur ou par
la violence, mais par l'urgence d'un amour authentique, sachent
poser une pierre après l'autre pour édifier dans
la cité des hommes la cité de Dieu.
Chers jeunes, acceptez que je vous confie mon espérance
: vous devez être ces bâtisseurs. Vous êtes
les hommes et les femmes de demain ; dans vos curs et dans vos
mains est contenu l'avenir. À vous, Dieu confie la tâche,
difficile mais exaltante, de collaborer avec Lui pour édifier
la civilisation de l'amour.
5. Dans la lettre de Jean l'apôtre
le plus jeune et peut-être pour cela le plus aimé
par le Seigneur nous avons entendu que " Dieu est
lumière et qu'il n'y a pas de ténèbres en
Lui " (cf. 1 Jn 1, 5). Cependant, observe saint Jean, Dieu,
personne ne l'a jamais vu. C'est Jésus, le Fils unique
du Père, qui nous l'a révélé (cf.
Jn 1, 18). Mais si Jésus a révélé
Dieu, il a révélé la lumière. En
effet, avec le Christ, " la vraie lumière, qui éclaire
tout homme ", est venue dans le monde (Jn 1, 9).
Chers jeunes, laissez-vous attirer par la lumière du Christ
et répandez-la dans les milieux où vous vivez !
" La lumière du regard de Jésus est-il
écrit dans le Catéchisme de l'Église catholique
illumine les yeux de notre cur ; elle nous enseigne à
tout voir dans la lumière de sa vérité et
de sa compassion pour tous les hommes " (n. 2715).
Dans la mesure où votre amitié avec le Christ,
votre connaissance de son mystère, votre don de vous-mêmes
à Lui, seront authentiques et profonds, vous serez "
fils de la lumière " et vous deviendrez à
votre tour " lumière du monde ". Pour cela,
je vous redis la parole de l'Évangile : " Que votre
lumière brille devant les hommes ; alors en voyant ce
que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père
qui est aux cieux " (Mt 5,16).
6. Ce soir, avec vous, jeunes des différents
continents, le Pape affirme à nouveau la foi qui soutient
la vie de l'Église : le Christ est la lumière des
nations ; il est mort et il est ressuscité pour redonner
aux hommes, qui marchent dans l'histoire, l'espérance
de l'éternité. Son Évangile n'humilie pas
l'humain : toute valeur authentique, quelle que soit la culture
dans laquelle elle se manifeste, est accueillie et assumée
par le Christ. Conscient de cela, le chrétien ne peut
pas ne pas sentir vibrer en lui la fierté et la responsabilité
d'être témoin de la lumière de l'Évangile.
C'est pourquoi je vous dis à vous ce soir : faites resplendir
la lumière du Christ dans votre vie ! N'attendez pas d'être
plus âgés pour vous engager dans la voie de la sainteté
! La sainteté est toujours jeune, comme est éternelle
la jeunesse de Dieu.
Faites connaître à tous la beauté de la rencontre
avec Dieu, qui donne sens à votre existence. Dans la recherche
de la justice, de la promotion de la paix, de l'engagement en
vue de la fraternité et de la solidarité, ne soyez
pas en reste !
Comme il est beau le
chant qui résonne en ces jours :
" Lumière du monde ! Sel de la terre !
Soyez pour le monde visage de l'amour !
Soyez pour la terre le reflet de sa lumière !
C'est le don le plus beau et
le plus précieux que vous pourrez faire à l'Église
et au monde. Vous le savez, le Pape vous accompagne de sa prière
et de son affectueuse Bénédiction.
7. Je voudrais
saluer encore les jeunes de langue polonaise :
Chers jeunes amis,
Je vous remercie de votre présence à Toronto, à
Wadowice et dans tous les lieux où vous êtes spirituellement
unis aux jeunes du monde, qui vivent leur XVIIe Journée
mondiale. Je veux vous assurer que je ne cesse de porter chacun
et chacune de vous dans mon cur et dans ma prière, demandant
à Dieu que vous puissiez être le sel et la lumière
de la terre, maintenant et dans la vie adulte. Que Dieu vous
bénisse !
A
l'issue de la cérémonie, le Saint-Père s'est
adressé à nouveau aux jeunes en anglais :
Vous êtes tous invités demain matin. Dormez bien
!
Puis en français
:
Bonne nuit, que Dieu vous bénisse toujours. Bonne nuit
!
Messe concélébrée
Downsview Park, le 28 juillet 2002
Véritable sommet de la
XVIIe Journée mondiale de la Jeunesse, dont le thème
était : " Vous êtes le sel de le terre Vous
êtes la lumière du monde " (Mt 5, 13.14) la
Messe s'est déroulée au Downsview Park de Toronto,
le dimanche 28 juillet 2002. Au cours de la célébration
eucharistique, en présence de plus d'un million de jeunes
de milliers de prêtres et de centaines d'évêques,
provenant de 172 nations le Saint-Père a prononcé
l'homélie suivante :
Vous êtes le sel de la
terre
Vous êtes la lumière du monde " (Mt 5, 13.14)
Chers jeunes
de la XVII Journée mondiale de la Jeunesse
Chers frères et soeurs !
1. Sur une montagne proche du
lac de Galilée, les disciples de Jésus étaient
à l'écoute de sa voix douce et pressante. douce
comme le paysage même de la Galilée, pressante comme
un appel à choisir entre la vie et la mort, entre la vérité
et le mensonge. Le Seigneur prononça alors des paroles
de vie qui seraient appelées à résonner
pour toujours dans le coeur des disciples.
Aujourd'hui, il vous adresse les mêmes paroles, jeunes
de Toronto, de l'Ontario et de tout le Canada, des États-Unis,
des Caraïbes, de l'Amérique de langue espagnole et
portugaise, de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie et de l'Océanie.
Écoutez la voix de Jésus au plus profond de vos
curs ! Ses paroles vous disent qui vous êtes en tant que
chrétiens. Elles vous enseignent ce que vous devez faire
pour demeurer dans son amour.
2. Jésus offre une chose,
" l'esprit du monde " en offre une autre. Dans la lecture
d'aujourd'hui, tirée de la lettre aux Éphésiens,
saint Paul affirme que Jésus nous fait passer des ténèbres
à la lumière (cf. Ep 5, 8). Assurément,
le grand Apôtre pensait à la lumière qui
l'avait aveuglé, lui le persécuteur des chrétiens,
sur le chemin de Damas. Quand il avait recouvré la vue,
rien n'était plus comme avant. Paul était né
de nouveau et, désormais, rien n'aurait pu lui soustraire
la joie qui avait inondé son âme.
Chers Jeunes, vous êtes vous aussi appelés à
être transformés. " Réveille-toi, ô
toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ
t'illuminera " (Ep 5, 14) : c'est encore Paul qui parle.
" L'esprit du monde " offre de multiples illusions,
de nombreuses parodies du bonheur. Il n'est sans doute pas de
ténèbres plus épaisses que celles qui s'insinuent
dans l'âme des jeunes lorsque de faux prophètes
éteignent en eux la lumière de la foi de l'espérance
et de l'amour. La tromperie la plus grande, la source la plus
importante de malheur consistent dans l'illusion de trouver la
vie en se passant de Dieu, d'atteindre la liberté en excluant
les vérités morales et la responsabilité
personnelle.
3. Le Seigneur vous invite à
choisir entre ces deux voix, qui sont en compétition pour
s'emparer de votre âme. Ce choix constitue la substance
et le défi de la Journée mondiale de la Jeunesse.
Pourquoi vous êtes-vous rassemblés ici de toutes
les parties du monde ? Pour dire ensemble au Christ : "
Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? " Qui, qui a les
paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6 68) ? Jésus,
l'ami intime de chaque jeune, a les paroles de la vie.
Le monde dont vous hériterez est un monde qui a désespérément
besoin d'un sens renouvelé de la fraternité et
de la solidarité humaine. C'est un monde qui a besoin
d'être touché et guéri par la beauté
et par la richesse de l'amour de Dieu. Le monde actuel a besoin
de témoins de cet amour. Il a besoin que vous soyez le
sel de la terre et la lumière du monde. Le monde a besoin
de vous, le monde a besoin de sel, de vous comme sel de la terre
et lumière du monde.
4. Le sel est utilisé
pour conserver et maintenir saine la nourriture. En tant qu'apôtres
du troisième millénaire, il vous revient de conserver
et de maintenir vive la conscience de la présence de Jésus-Christ,
notre Sauveur en particulier dans la célébration
de l'Eucharistie mémorial de sa mort rédemptrice
et de sa résurrection glorieuse. Vous devez maintenir
vive la mémoire des paroles de vie qu'il a prononcées,
des merveilleuses uvres de miséricorde et de bonté
qu'il a accomplies. Vous devez sans cesse rappeler au monde que
" l'Évangile est la puissance de Dieu qui sauve "
(cf. Rm 1, 16).
Le sel assaisonne et donne du goût à la nourriture.
En suivant Jésus, vous devez changer et améliorer
la " saveur " de l'histoire humaine. Par votre foi,
votre espérance et votre amour, par votre intelligence,
votre courage et votre persévérance, vous devez
humaniser le monde dans lequel nous vivons. Isaïe indiquait
déjà dans la première lecture d'aujourd'hui
le moyen d'y parvenir : " Faire tomber les chaînes
injustes partager ton pain avec celui qui a faim [faire disparaître]
le geste de menace et la parole malfaisante Alors ta lumière
se lèvera dans les ténèbres " (Is 58,
6-10).
5. Même une petite flamme
qui vacille soulève le lourd manteau de la nuit. Combien
plus de lumière pourrez-vous faire tous ensemble, si vous
êtes proches les uns des autres dans la communion de l'Église
! Si vous aimez Jésus, aimez l'Église ! Ne vous
découragez pas devant les fautes et les manquements de
certains de ses fils ! Le préjudice causé par certains
prêtres et religieux à des personnes jeunes et fragiles
nous remplit tous d'un profond sentiment de tristesse et de honte.
Mais pensez à la grande majorité des prêtres
et des religieux qui vivent généreusement leur
engagement, et dont l'unique désir est de servir et de
faire le bien ! Aujourd'hui, il y a ici beaucoup de prêtres,
de séminaristes et de personnes consacrées : soyez
proches d'eux et soutenez-les ! Et si au plus profond de votre
cur, vous entendez résonner le même appel au sacerdoce
ou à la vie consacrée, n'ayez pas peur de suivre
le Christ sur la voie royale de la Croix ! Dans les moments difficiles
de l'histoire de l'Église, le devoir de la sainteté
devient encore plus urgent. Et la sainteté n'est pas une
question d'âge. La sainteté, c'est vivre dans l'Esprit
Saint, comme l'ont fait Kateri Tekakwitha, ici en Amérique,
et de nombreux autres jeunes. Vous êtes jeunes, le Pape
est âgé, avoir 82 ou 83 ans de vie, ce n'est pas
pareil que 22 ou 23 ans. Mais le Pape fait encore siennes vos
attentes et vos espérances. Jeunesse de l'esprit, jeunesse
de l'esprit ! Même si j'ai vécu des moments de profondes
ténèbres, sous de durs régimes totalitaires,
j'ai vu assez de choses pour être convaincu de manière
inébranlable qu'aucune difficulté, qu'aucune peur
n'est assez grande pour étouffer complètement l'espérance
qui jaillit éternellement dans le cur des jeunes.
Vous êtes notre espérance, les jeunes sont notre
espérance. Ne laissez pas mourir cette espérance
! Pariez votre vie sur elle ! Nous ne sommes pas la somme de
nos faiblesses et de nos échecs ; au contraire, nous sommes
la somme de l'amour du Père pour nous et de notre capacité
réelle à devenir l'image de son Fils.
6. Je termine par une
prière :
Seigneur Jésus Christ,
garde ces jeunes dans ton amour.
Fais qu'ils entendent ta voix
et qu'ils croient à ce que tu dis,
car toi seul
as les paroles de la vie éternelle.
Apprends-leur
comment professer leur foi,
comment faire don de leur amour,
comment communiquer
leur espérance aux autres.
Fais d'eux
des témoins crédibles de ton Evangile,
dans un monde qui a tant besoin
de ta grâce qui sauve.
Fais d'eux
le nouveau peuple des Béatitudes,
pour qu'ils soient le sel de la terre
et la lumière du monde
au début
du troisième millénaire chrétien.
Marie, Mère de l'Eglise,
protège et guide
ces jeunes hommes
et ces jeunes femmes
du vingt-et-unième siècle.
tiens-les tous serrés
contre ton coeur maternel.
Amen
Le Chemin de Croix dans les
rues de Toronto
Dans la soirée du vendredi
26 juillet, les jeunes, pèlerins à Toronto pour
la XVIIe Journée mondiale de la Jeunesse, ont participé
au Chemin de Croix qui s'est déroulé dans les rues
du centre de la ville. La longue et ample procession est passée
par le " Queen's Park " pour se conclure devant le
" Royal Ontario Museum ". Trois heures de lent cheminement,
dans la méditation, rythmé par des chants et des
prières en diverses langues. Jamais un tel événement
de jeunes ne s'était produit à Toronto. Jamais
les rues de la ville, les immeubles officiels et les gratte-ciels
des finances et des affaires n'avaient été le décor
d'un tel événement religieux. Le pèlerinage
s'est conclu au pied de la Croix. La Croix du Christ, toujours
et partout. La Croix du Christ dans le cur de la ville et du
monde pour apporter l'espérance et l'avenir aux jeunes
du troisième millénaire qui, à travers leur
présence jeune et enthousiaste, ont donné à
Toronto, à tout le Canada, un visage nouveau, pur, ouvert
et dynamique.
Le Chemin de Croix était présidé par le
Cardinal Stafford, Président du Conseil pontifical pour
les Laïcs, accompagné par le Cardinal Ambrozic, Archevêque
de Toronto et du Cardinal Turcotte, Archevêque de Montréal.
Les jeunes portant la Croix ont parcouru les
14 stations suivis des 172 jeunes représentant les nations
participant aux JMJ. Au terme du Chemin de Croix, les trois Cardinaux
ont béni la foule
nombreuse des jeunes.
ANGELUS Toronto, Downsview Park, dimanche 28 juillet 2002
Nous concluons cette splendide
célébration eucharistique par la prière
de l'Angelus à Marie, Mère du Rédempteur.
Je lui confie les fruits de cette Journée mondiale de
la Jeunesse, pour qu'elle en assure la fécondité
au long des jours. Puisse notre rencontre être le signe
d'un réveil de la pastorale des jeunes au Canada ! Que
l'enthousiasme suscité au cours de ces journées
soit l'étincelle qui lance une nouvelle saison d'un dynamique
témoignage évangélique !
Je désire d'autre part annoncer officiellement que les
prochaines Journées mondiales de la Jeunesse se dérouleront
en 2005 à Cologne, en Allemagne.
Dans l'imposante Cathédrale de Cologne, on vénère
la mémoire des Mages, les Sages venus d'Orient, guidés
par l'étoile qui les conduisit au Christ. Comme pèlerins,
votre chemin vers Cologne commence aujourd'hui. Le Christ vous
donne rendez-vous là-bas, pour y célébrer
la XXe Journée mondiale de la Jeunesse.
Que la Vierge Marie, notre Mère dans le pèlerinage
de la foi, vous accompagne !
Angelus Domini nuntiavit Mariæ
" Soyez les constructeurs
de la civilisation de l'amour et de la justice "
28 juillet 2002
Après la Messe et la récitation
de l'Angelus, le Saint-Père a voulu une nouvelle fois
saluer dans leur langue respectice, plus d'un million de jeunes
du monde entier présents :
Je remercie vivement tous ceux et toutes celles qui ont contribué
au succès de cette XVIIe Journée mondiale de la
Jeunesse : les citoyens de Toronto, les bénévoles,
la police, les pompiers, le Maire et les Autorités du
Gouvernement canadien, aux différents niveaux.
Je salue cordialement les autres Eglises et les Communautés
chrétiennes qui sont représentées ici, ainsi
que les fidèles d'autres traditions religieuses.
A vous tous et toutes qui avez participé à ces
journées de foi et de fête, je souhaite que les
résolutions qui en ont jailli mûrissent en fruits
abondants de témoignage et de service. Que le souvenir
de Toronto fasse partie du trésor de votre vie !
Je veux exprimer ma gratitude toute particulière au Cardinal
Aloysius Ambrozic, Archevêque de Toronto, à la Conférence
des Evêques catholiques du Canada et au Comité organisateur.
Je remercie vivement le Conseil pontifical pour les Laïcs
et d'abord son Président, le Cardinal James Francis Stafford.
Je salue les Cardinaux et les Evêques venus des différents
points du monde, les prêtres, les diacres et les personnes
consacrées qui ont vécu ces journées avec
les jeunes.
Alors que nous nous apprêtons à rentrer chez nous,
je vous dis, avec saint Augustin : " Nous nous sommes sentis
bien sous la commune lumière. Nous nous sommes réjouis
et nous avons exulté de joie ensemble. Maintenant que
nous devons nous séparer, essayons de ne pas nous détacher
de Lui, le Christ " (Traité sur l'Evangile de Jean,
35, 9).
Merci à vous, jeunes de langue espagnole. N'ayez pas peur
de répondre généreusement à l'appel
du Seigneur. Faites briller votre foi à la face du monde
; que vos actions témoignent de votre responsabilité
à l'égard du message de salut de l'Evangile !
Chers jeunes de langue portugaise : la Journée mondiale
de la Jeunesse ne s'achève pas ici ; elle doit se poursuivre
tout au long de votre vie de fidélité au Christ.
Soyez sel, soyez lumière pour le monde qui vous entoure
!
Chers jeunes Italiens : maintenez vivant le don de la foi qui
vous a soutenus pendant ces jours. L'Eglise a besoin de votre
engagement. Au revoir, à Rome !
Chers jeunes de langue allemande, il vous revient à vous,
de manière toute spéciale, de maintenir vivant
l'esprit de la Journée mondiale de la Jeunesse, en vue
de Cologne 2005. Soyez les constructeurs de la civilisation de
l'amour et de la justice. Faites en sorte que votre lumière
guide beaucoup d'autres vers le règne du Christ, règne
de vérité, de justice et de paix.
Je me tourne enfin vers la terre polonaise que je m'apprête
à visiter encore une fois. Chers compatriotes, ne perdez
jamais de vue votre héritage chrétien. C'est en
lui que vous pouvez trouver la sagesse et le courage dont vous
avez besoin pour affronter les grands défis religieux
et éthiques de notre temps. Je vous confie tous à
la protection de la Vierge de Jasna Góra.
SALUT DU PAPE JEAN-PAUL II
AU COMITÉ D'ORGANISATION DE
LA JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, AUX BIENFAITEURS,
AUX INDIGÈNES
Toronto , Maison Mère
des Soeurs de Saint-Joseph
dimanche 28 juillet 2002
Je vous salue avec affection, vous qui êtes
venus me rendre visite au terme de cette XVIIe édition
de la Journée mondiale de la Jeunesse.
Je désire avant tout remercier l'Archevêque de Toronto,
le Cardinal Aloysius Ambrozic qui, avec Monseigneur Anthony Meagher,
a conduit le long travail de préparation de ce grand événement.
Avec lui, je remercie ceux qui ont contribué par leur
dévouement, et aussi par leur soutien financier, à
sa pleine réussite.
Je salue le groupe de jeunes indigènes qui proviennent
de la région de la Bienheureuse Kateri Tekakwitha. Avec
justesse, vous l'appelez Kaiatano (= très noble et très
digne personne) : qu'elle soit pour vous un modèle, vous
montrant comment les chrétiens peuvent être sel
et lumière de la terre !
J'adresse enfin un salut particulier aux jeunes et aux adultes
du Comité national pour la Journée mondiale : chers
amis, je sais avec quel dévouement et avec quelle générosité
vous avez travaillé durant ces deux dernières années.
Au nom de tous les jeunes qui sont venus à Toronto et
qui ont bénéficié du fruit de votre labeur
le Pape vous dit merci !
Sur chacun de vous et sur vos familles j'appelle la Bénédiction
du Seigneur.
Annexe
ANGELUS
Dimanche 4 août 2002
1. Je viens de rentrer du voyage
qui m'a conduit au Canada, au Guatemala et au Mexique, et je
remercie la Divine Providence de m'avoir permis de porter à
terme ce nouvel engagement apostolique. Je remercie tous ceux
qui, de diverses façons, ont contribué à
sa réalisation, ainsi que ceux qui ont accompagné
mes pas de leur prière fervente.
Je m'arrêterai au cours de la catéchèse de
mercredi prochain sur les étapes au Guatemala et au Mexique,
tandis que je désire aujourd'hui revenir en mémoire
à Toronto, où la XVIIe Journée mondiale
de la Jeunesse a vu confluer de tous les continents des centaines
de milliers de jeunes garçons et filles, accueillis avec
une chaleureuse amitié par les habitants du Canada, pays
caractérisé par un humanisme riche et varié.
2. Sur les rives du lac Ontario, il me semblait revivre l'expérience
du peuple de Galilée sur les rives du lac de Tibériade,
lorsque Jésus ayant appelé la foule, lui remit
la " proclamation " splendide et exigeante des Béatitudes.
Les jeunes réunis à Toronto ont senti que dans
les paroles de Jésus, il y avait la réponse à
l'attente de joie et d'espérance qui bat dans leur cur.
Une réponse qui convainc, notamment parce que Jésus
ne s'est pas limité à énoncer les Béatitudes,
mais les a vécues en première personne jusqu'au
don suprême de soi.
Il a été pauvre, doux, miséricordieux, pur
de cur. Il a recherché la justice, a réconforté
les affligés, a édifié la paix, en en payant
le prix à travers son sacrifice sur la croix. Voilà
pourquoi, au centre de toute rencontre, il y a eu la Croix. C'est
la Croix qui accompagne le " peuple des Béatitudes
", le peuple des jeunes sur les routes du monde.
3. " Heureux êtes-vous
". Les Béatitudes représentent la magna carta
de ceux qui veulent introduire dans le monde une nouvelle civilisation.
Les jeunes l'ont compris et sont repartis du Canada décidés
à placer leur confiance dans le Christ, car ils savent
qu'Il " a les paroles de vie éternelle " (cf.
Jn 6, 68). Un monde sans référence au Christ
tel est le message de Toronto est un monde qui, tôt
ou tard, finit par être contre l'homme. L'histoire du passé
récent le montre également. On ne rejette pas Dieu
sans finir par rejeter l'homme.
C'est pourquoi les jeunes réunis de plus de 170 pays ont
accueilli l'invitation du Christ à être " le
sel de la terre et la lumière du monde " (Mt 5, 13.14).
Etre avant tout le sel et la lumière, pour agir ensuite
comme sel et comme lumière. Tel a été le
défi de la XVIIe Journée mondiale de la Jeunesse.
Les jeunes l'ont relevé et sont aujourd'hui rentrés
dans leur pays pour être les bâtisseurs de la nouvelle
" civilisation de l'amour ".
Avec cet engagement, après l'intense expérience
vécue au Canada, ils se sont remis en marche vers la prochaine
étape qui sera Cologne, en Allemagne, en 2005.
Que Marie, Mère de l'Église, accompagne les jeunes
du monde entier dans leur itinéraire spirituel et ecclésial.
Le Saint-Père s'est ensuite adressé aux pèlerins
en anglais, en allemand, en espagnol et en français :3.
Chers pèlerins francophones rassemblés pour la
prière de l'Angelus, je vous salue cordialement. Dans
la lumière de l'inoubliable Journée mondiale de
la Jeunesse de Toronto, puissiez-vous être toujours plus
sel de la terre et lumière du monde ! Avec la Bénédiction
apostolique.
4. Que la Très Sainte
Vierge Marie, que nous invoquons à travers la prière
de l'Angelus Domini, nous aide à répondre toujours
plus fidèlement à la vocation à la sainteté
que le Christ adresse à chaque chrétien.
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