Témoins de la Foi au XXè
siècle ... 
DEROULEMENT DE LA CELEBRATION: LES NOMS DES TEMOINS
Aux sources de la fraternitéROME, Dimanche 7 Mai 2000 (ZENIT.org) -
Une commémoration oecuménique - et sans précédent - des témoins de la foi du XXe siècle a marqué un nouveau tournant du Grand Jubilé de l'Incarnation. La célébration avait un caractère solennel, en raison du lieu aussi mais prenait en même temps un tour très humain et très personnel avec le témoignage du pape lui-même, et de la fraternité établie par l'évocation des souffrances commune pour l'Evangile vécue par les chrétiens de différentes confessions. A noter que des orthodoxes présentaient des témoins catholiques, ou un protestant une catholique, et vice-versa: cet échange de présentation réciproque établissait d'emblée une authentique fraternité, dans la reconnaissance des mérites mutuels.
Un podium a ciel ouvert avait été dressé, le dos au Colisée, pour la Commémoration de ces témoins de l'Evangile -qu'ils aient versé ou non leur sang pour l'Evangile. Le pape y a pris place avec les représentants des
différentes confessions chrétiennes délégués pour les représenter. Il faisait jour lorsque la célébration a commencé à 18 heures, et la nuit n'était pas encore tombée lorsqu'elle s'est achevée, vers 20 heures 30. Le ciel était dégagé: la pluie s'était arrêtée, épargnant les dizaines de milliers de fidèles.La "statio" et la procession
La célébration a commencé par une "statio", une halte à l'intérieur même du Colisée: Jean-Paul II a ainsi pu rencontrer les délégations avant la célébration. Après le chant d'ouverture, ce fut le moment du salut liturgique et de la doxologie en six langues: en latin (par le pape), en grec (par le Métropolite Gennadios), en anglais (par le Rév. Ishmaël Noko, luthérien), en allemand (par l'évêque luthérien Jonas Jonson), en français (par l'évêque de Coptes orthodoxes en Italie, Barnaba), et en italien (par le cardinal Cassidy, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des Chrétiens).
Une procession précédée de la Croix et de l'Evangéliaire a ensuite conduit le pape et les délégués au podium qui
était présidé par une grande icône du crucifix. Là, comme lors d'autres célébrations solennelles du Jubilé, et en particulier, la célébration oecuménique du 18 janvier dernier à Saint-Paul-hors-les-Murs, l'Evangile a
été intronisé et encensé.Les lectures
La liturgie de la Parole constituait la deuxième partie de la célébration.
Des membres du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des Chrétiens ont fait les deux premières lectures en polonais (1 Pierre 1, 3-9 et 13-21: la foi des baptisés éprouvée par le feu) et en espagnol (Hébreux 12, 1-6; 18-19a; 22-24: "Entourés d'une si grande nuée de témoins...). Le chant entre les deux lectures était tiré de l'Apocalypse (Ap 19, 1-7: Les Noces de l'Agneau). L'évangile des Béatitudes (Matthieu 5, 1-12) était lu par un diacre catholique en italien et par le Rév. Makarios Segredos, diacre, Recteur de la communauté orthodoxe grecque de Rome, en grec. Une lecture suivie de l'antique acclamation au Christ, le chant liturgique oriental "Phôs ilaron", "Joyeuse lumière", puis de l'homélie de Jean-Paul II.Le baiser de paix, la confession de foi et les témoignages
La confession de foi et les témoignages constituaient la troisième partie de la commémoration: ils étaient précédés par l'échange de la paix du Christ, à l'invitation des deux diacres, catholique et orthodoxe: un moment
particulièrement émouvant, étant donné sa dimension oecuménique, le lieu et la circonstance. Le Choeur chantait alors "Ubi charitas".Le pape a ensuite introduit la profession de foi: le symbole des Apôtres était proclamé, comme le 18 janvier dernier, en trois grec (par le Métropolite Pétros du patriarcat orthodoxe d'Alexandrie), en latin (sic! par l'archevêque Iosif, du patriarcat orthodoxe de Roumanie), et en anglais (par le Dr Cecil Robeck, co-président pour le dialogue
catholico-pentecôtiste). L'assemblée répondait: "Credimus, Domine. Amen".La commémoration des témoins à proprement parler avait lieu ensuite, en huit catégories. Chaque témoignage était suivi d'une prière et d'un chant par un choeur différent. Les lecteurs allaient ensuite encenser l'icône du Christ crucifié et allumer une lampe. Parmi les témoins, des laïcs aussi, dont une chinoise ou un ministre républicain espagnol.
1. Sous le totalitarisme soviétique
Premier groupe de témoins évoqués: les chrétiens qui ont témoigné de leur foi sous le totalitarisme soviétique. L'archevêque Longhin, du Patriarcat de Moscou, évoquait, en russe, la grande figure du patriarche Tichon, de
l'Eglise orthodoxe russe; le Métropolite Ambrosius, de l'Eglise orthodoxe de Finlande, évoquait Olga Jafa, en anglais; le Métropolite Ionafna, de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine (Patriarcat de Moscou), concluait par une
prière en ukrainien.2. Les victimes du communisme dans d'autres nations d'Europe étaient représentées par le témoignage de Mgr Joan Suciu, évêque grec catholique Roumain, présenté, en roumain, par Irina Lazarescu, étudiante roumaine, et
-signe oecuménique s'il en est- orthodoxe! De même, la vie du P. Anton Lulli, Jésuite albanais, était présentée par le Rév. Jani Trebisca, de l'Eglise orthodoxe d'Albanie. Une étudiante orthodoxe bulgare lisait la prière finale avant d'aller allumer la deuxième lampe.3. Les confesseurs de la foi victimes du nazisme et du fascisme étaient représentés par le pasteur que le pape citait dans son homélie: le pasteur luthérien Paul Schneider, selon les écrits du pasteur Leonhard Steinwender,
lus, en allemand, par un représentant de l'Eglise de Moravie. Puis, en polonais, on présentait la figure de Mgr Ignace Jez, évêque émérite de Koszalin-Kolobrzeg (Pologne). La prière finale était faite en langue Tchèque.4. Les disciples du Christ qui ont donné leur vie pour l'annonce de l'Evangile en Asie et en Océanie étaient représentés par Marguerite Chou, une catholique de Chine continentale, présentée, en anglais par un membre
de la Fraternité évangélique de la Parole. M'évêque anglican de Wincester présentait ensuite le témoignage de Mgr Philip Strong, évêque anglican de Paouasie-Nouvelle Guinée, tandis que la prière conclusive était confiée à
une religieuse catholique vietnamienne.5. Les fidèles du Christ persécutés par haine de la foi étaient représentés par un laïc, Manuel de Irujo, Ministre de la Justice du Gouvernement républicain espagnol, présenté par le P. carme, président de la faculté de Théologie "Teresianum", Jesus Castellano Cervera. L'évêque catholique mexicain Jose de Jesus Manriquez y Zarate était présenté par un prêtre espagnol, une prière en espagnol concluait cette évocation.
6. Les témoins de l'évangélisation de l'Afrique et de Madagascar étaient représentés par le témoignage d'un séminariste de Burundi, qui a survécu au massacre de ses compagnons. Son récit était lu en français par un membre de l'Eglise évangélique d'Arménie, et celui d'un jeune médecin missionnaire baptiste du Canada mort au Nigeria, W.G.R. Jotcham était lu par le Secrétaire général de l'Alliance méthodiste mondiale, le Rév. Joe Hale, en
anglais. Un séminariste africain catholique concluait par une prière en Swahili.7. Les chrétiens qui ont donné leur vie par amour du Christ et de leurs frères en Amérique étaient représentés par l'exemple de l'évêque catholique équatorien Alejandro Labaka, présenté par une religieuse espagnole, et par celui d'un évêque catholique de Colombie, Mgr Jesus Emilio Jaramillo Monsalve. La prière finale, en portugais, mentionnait parmi les autres témoins de la foi en Amérique Mgr Romero.
8. Enfin, les témoins de la foi de différentes parties du globe étaient rassemblés dans une évocation commune représentée par la vie et la mort des sept moines de Notre-Dame de l'Atlas dont nous évoquons le témoignage dans les "Documents". Ils étaient présentés en français par le P. P. trappiste Jean-Pierre Flacher. Un autre grand témoin, disparu l'an dernier: S.S. Karékin Ier, Catholicos suprême des Arméniens, que Jean-Paul II avait souhaiter aller trouver, alors que le Catholikos était déjà très malade, lors de son voyage en Asie, en Inde et en Géorgie. Il avait été la cheville ouvrière d'une déclaration conjointe de foi avec les catholiques. Son témoignage était présenté par S.E. Mar Bawai Soro, évêque de Seattle, représentant l'Eglise Assyrienne d'Orient, tandis que l'évêque Panossian, du Catholicosat de Cilicie des Arméniens, concluait par une prière.
La célébration s'achevait après la prière du "Notre Père", une dernière salutation de Jean-Paul II et la bénédiction apostolique. La pluie ne reviendrait sur Rome que plus tard, une fois les fidèles dispersés, mais drue et persistante.
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