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TRADITION DES CHEMINS DE CROIX DU COLISEE : 1750-2000 

Jubilé 2000 : VERITE, CONSCIENCE, LIBERTE.
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ROME, vendredi 21 avril 2000 (ZENIT.org) -

C'est Paul VI qui, en 1964 avait repris la tradition du rite du Chemin de Croix du Vendredi Saint au Colisée. La tradition remontait à l'Année sainte jubilaire de 1750, lancée par S. Léonard de Port-Maurice. Jusqu'à 1983, les méditations étaient tirées de la Sainte-Ecriture, des méditations des Pères de l'Eglise et des saints, des docteurs. Mais en 1984, le pape Jean-Paul II avait voulu les composer lui-même à l'occasion du Jubilé extraordinaire de la Rédemption.

Le Grand Jubilé de l'Incarnation
C'est également en raison du Grand Jubilé de l'Incarnation que Jean-Paul II a composé lui-même les méditations de cette année, des méditations inspirées aussi de son récent pèlerinage à Jérusalem. On se souvient qu'à l'improviste le pape avait souhaité, le dernier jour de son pèlerinage, dimanche 26 mars, se rendre à nouveau au Golgotha, au pied de la Croix.

Une célébration aux résonances oecuméniques
Depuis 1985, le pape faisait en effet appel à des personnalités contemporaines, dont André Frossard, en 1986 ; le cardinal Hans Urs von Balthasar, en 1988 ; le Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, en 1990 ; Mère Anna Maria Canopi, abbesse de l'abbaye bénédictine italienne " Mater Ecclesiae ", près de Novare. Mais aussi des personnalités d'autres confessions chrétiennes, comme le patriarche de Constantinople Barthélémy Ier, en 1994 ; une moniale protestante, Minke de Vries, de Grandchamp, en Suisse, en 1995 ; sa sainteté Karékin Ier Catholicos de tous les Arméniens, en 1997 ; le théologien orthodoxe français, laïc, Olivier Clément, en 1998; ou bien des personnalités représentant les souffrances du monde contemporain comme le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, en 1996.

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CHEMIN DE CROIX DE JEAN-PAUL II : Grand Jubilé - VERITE, CONSCIENCE, LIBERTE
Et le tombeau vide, " signe de l'espérance qui ne trompe pas ...

ROME, vendredi 21 avril 2000 (ZENIT.org) -

Dans sa méditation du Chemin de Croix, le pape Jean-Paul II, insistant sur les gestes profondément humains dont l'Evangile et la tradition chrétienne gardent la mémoire, insiste, dans les événements qui accompagnent la Passion du Christ sur la vérité, la conscience et la liberté des hommes.

Le Colisée en " mondovision "
Le pape Jean-Paul II a en effet présidé, à partir de 21H15, depuis l'amphithéâtre flavien illuminé dans la nuit ", puis à l'extérieur du Colisée, les 14 stations du Chemin de Croix traditionnel, en présence de plusieurs dizaines de milliers de pèlerins, et transmis en direct par la télévision italienne à 33 autres chaînes internationales.
Le pape portait la croix à la première et à la dernière station, mais était aidé à porter la croix, comme à l'accoutumée, par des " Cyrénéens " de différents continents, en particulier un enfant d'Afrique, représentant
l'enfance victime des guerres en Afrique.

Sous le signe de l'espérance
Un itinéraire que la méditation du pape achevait, de façon inhabituelle pour la dévotion du Vendredi saint, par le méditation sur le tombeau vide au matin de la résurrection : la " Via Crucis " Jean-Paul II, conduit ainsi
la méditation chrétienne à une vision d'espérance. " Le tombeau vide, affirme-t-il avec force, est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort. Le tombeau vide est le signe de l'espérance qui ne trompe pas ".

La " participation "
Le pape s'adresse " aux hommes et aux femmes du nouveau millénaire ", afin qu'ils se laissent " attirer " par la croix du Christ. " En cette année jubilaire, écrit-il, nous voulons réfléchir avec une intensité particulière sur le contenu de cet événement, afin qu'il parle avec une force nouvelle à nos esprits et à nos coeurs ". Qu'il " parle " de façon à conduire à une vraie " participation ".

L'expérience de l'amour caché
Mais " Que veut dire avoir part à la Croix du Christ ? ", interroge l'évêque de Rome. Il répond : " expérience de l'amour ". " Cela veut dire, explique-t-il, faire l'expérience dans l'Esprit Saint de l'amour que la Croix du christ cache ". Le pape cite encore ce cantique polonais qui lui revient en mémoire : " Sur la croix, il y a la souffrance ; sur la croix, il y a le salut ; sur la croix, il y a une leçon d'amour ". ". Plus loin, le pape citera une autre source polonaise de sa méditation : le poète Cyprian Norwid.

La Vérité : " Il ne suffit pas de se laver les mains "
Dès la première station, le Chemin de croix du Jubilé porte la marque de Karol Wojtyla : il médite sur la relation de Pilate à la Vérité, un grand thème de son enseignement. "Au long des siècles, dénonce-t-il, la négation
de la vérité a engendré souffrance et mort. Ce sont les innocents qui portent le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de se laver les mains . La responsabilité pour le sang du juste demeure. C'est pour cela que le Christ a prié avec tant de ferveur pour ses disciples de tous les temps : " Père, consacre-les dans la vérité ; ta parole est vérité ".

Une trace indélébile
On reconnaît aussi la plume du pape lorsqu'il contemple le geste de Véronique. Ce nom de " vraie icône ", dit-il, " rend mémorable le geste accompli par cette femme et renferme la plus profonde vérité sur elle. Tout geste de bonté, de compréhension, de service, laisse dans le coeur de l'homme une trace indélébile. Ainsi se forme l'identité de l'homme, son vrai nom ".

Ne pas céder
Devant le Christ qui tombe sous le poids de la Croix, le pape espère : " Il faut que notre génération transmette aux siècles futurs la bonne nouvelle de notre relèvement ".
Devant le Christ dépouillé de ses vêtements, il en appelle à la conscience et à la liberté de l'homme. " Conscience et liberté : telles sont les caractéristiques d'un agir pleinement humain. Il faut les protéger jalousement, écrit-il, contre toutes les violences. Même l'effort légitime pour soulager la souffrance doit toujours se faire dans le respect de la dignité humaine. Il faut s'unir au Christ pour ne pas céder ".
Et justement, devant la Pietà, celle de Michel Ange, celle de Cracovie, de Slovaquie, du monde entier, il voit " le difficile amour qui ne se dérobe pas devant la souffrance ".
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