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FAÇADE DE SAINT PIERRE : "LA RESTAURATION DU SIÈCLE"
La superficie, aussi grande qu'un terrain de football, retrouve sa couleur originale

CITÉ DU VATICAN, 28 sept. (ZENIT) -
La restauration de la façade de la Basilique Saint Pierre, qui vient d'être terminée a été l'un des projets les plus ambitieux du genre jamais réalisés. Le Cardinal Virgilio Noe,président de la Fabrique de Saint Pierre, et Renato Ruggiero, président de l'ENI, l'entreprise pétrolifère italienne qui a financé les travaux, ont expliqué ce matin à la presse comment cette restauration a été réalisée.

La restauration du siècle
En introduisant la conférence de presse, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquín Navarro-Valls, a déclaré qu'il s'agissait bel et bien de "la restauration du siècle". Un record de caractéristiques similaires à la restauration de la Chapelle Sixtine qui fut "la restauration picturale du siècle", celle-ci étant "la restauration de pierre" du siècle. La restauration s'est terminée comme prévue, deux mois avant l'ouverture de la Porte Sainte, qui aura lieu la nuit du 24 décembre, et qui marquera le début du grand Jubilé de l'an 2000. Une ponctualité qui, en Italie, où les travaux publics se terminent toujours avec beaucoup de retard, est un"véritable record".

Le Cardinal Noe a déclaré que la façade de Saint Pierre était comme "la carte de visite pour les pèlerins qui viendront à Rome à l'occasion du Jubilé". "Ceux qui travaillaient à ce projet savaient qu'ils ne le faisaient pas pour n'importe quel édifice mais pour la maison de Dieu, pour la maison de Dieu la plus splendide qui existe dans le monde catholique", a-t-il expliqué. "La splendeur de cette maison se transforme en une véritable profession de foi et d'amour. Le travail réalisé par la Fabrique de Saint Pierre, en collaboration avec l'ENI, restitue au monde la façade de la Basilique vaticane, dans toute sa beauté originelle et son mystérieux enchantement", a-t-il déclaré.

Une technologie de pointe
Pour retrouver la splendeur originelle des 7.000 mètres carrés de la façade en pierre de la Basilique, conçue par Carlo Maderno au début du XVIIe siècle, il a fallu deux ans et demi de travaux, 150 scientifiques, des techniciens et des restaurateurs différents selon les phases de restauration. Le coût : six millions de dollars ; 45 % de cette somme a été consacrée à la réalisation de diagnostics scientifiques sur l'état du monument. Grâce à des photogrammes, on a pu réaliser une carte complète de la façade et analyser centimètre par centimètre le type d'intervention nécessaire. Des milliers de fragments extraits de la superficie et de l'intérieur de la pierre ont été analysés. Les experts ont alors décidé d'utiliser la technique "jos", un jet d'air, d'eau et de poussière de carbone qui enlève la saleté sans endommager la pierre.

L'aspect le plus important de l'oeuvre réalisée par l'ENI est l'utilisation de technologies sophistiquées dérivées du développement des missions spatiales. Vittorio Mincato, administrateur délégué de l'ENI, a montré à la presse,avec l'aide d'une cassette vidéo, la manière dont ils ont pu, grâce à photogrammétrie, aux techniques de géoradar, à la diffraction de rayons X,à la microscopie électronique et à la thermographie, analyser la couleur originale, les micro-organismes, la profondeur des matériaux, les éventuelles fractures internes et l'état de conservation des supports métalliques qui unissent les blocs de pierre entre eux, sans endommager les matériaux de l'édifice. Toutes ces informations ont été décisives pour réaliser le nettoyage et la restauration de façon appropriée.

Mais la grande surprise de cette restauration a été de découvrir que la façade avait été peinte.
Le professeur Sandro Benedetti, de la Fabrique de Saint Pierre, a expliqué que c'est Carlo Maderno qui avait demandé de peindre la façade. La restauration n'a fait qu'éliminer la saleté et retrouver ce qui restait de la couleur au bout de presque quatre siècles.

Cette restauration a permis non seulement de retrouver la splendeur de la façade de Saint Pierre mais aussi de fournir une base de données unique obtenue grâce aux études réalisées, et qui sera extrêmement utile pour les restaurations futures. Un système de contrôle de la pollution atmosphériquea également été créé. Le quartier du Vatican est particulièrement pollué par les cars de tourisme.
Ce problème devrait toutefois être résolu grâce au parking souterrain que le Vatican est en train de construire au Janicule.
ZF99092801
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