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FERMETURE de la PORTE SAINTE


La porte sainte, un "exercice spirituel"

CITÉ DU VATICAN, Vendredi 22 déc. (ZENIT.org) -
Les cardinaux Camillo Ruini, Roger Etchegaray et Carlo Furno fermeront les portes saintes des basiliques Saint-Jean-du-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-Majeure, le 5 janvier à 17 heures et le pape Jean-Paul II le 6 janvier, à 9 h 30 fermera la porte sainte de la basilique vaticane, en la solennité de l'Epiphanie. Un rite dont les documents donnent une description pour la première fois, il y a 500 ans, dans un récit de l'an 1501, grâce au liturge Jean Burkart, maître des cérémonies de ce Jubilé. Mgr Marini affirmait: "la porte sainte est une forme d'exercice spirituel".

Des milliards de téléspectateurs pourront suivre cette célébration très simple dans ses textes et dans ses rites parce que, expliquait ce matin en les présentant à la presse Mgr Piero Marini, Maître des célébrations liturgiques pontificales, "le geste de clôture d'une porte n'a pas en soi la même richesse de sens positif que son ouverture". Le pape Jean-Paul II lui-même disait ces jours-ci que la vraie porte qu'est le Christ est toujours ouverte, même lorsqu'on ferme la porte sainte. Ce devrait être aussi l'occasion de la publication d'une lettre apostolique dans laquelle le pape Jean-Paul II fera un bilan du Jubilé.

La fermeture de la porte
La procession de la porte sainte partira le 6 janvier du "bras de Constantin", la partie droite de la colonnade du Bernin, le pape la rejoindra depuis sa sacristie, tandis que la "schola cantorum" chantera le psaume 94 (95) avec l'antienne latine: "Venite adoremus eum quia ipse est Dominus Deus noster" (Venez, adorons-le car il est le Seigneur notre Dieu). Tous prendront ensuite place sur les sièges placés dans l'atrium de la basilique, devant la porte sainte. Arrivé à la cathèdre, le pape commencera la célébration par le signe de la croix, une invocation trinitaire - à laquelle l'assemblée répondra trois fois "Béni soit le Seigneur dans les siècles" - et la salutation liturgique et une monition. Suivra une oraison.

Le pape se rendra ensuite à la Porte sainte tandis que la shola chantera "O Clavis David". Le Saint-Père gravira les marches et s'agenouillera sur le seuil de la porte et priera en silence. Toujours en silence, il se relèvera et fermera les deux battants de la porte. Lorsque le pape redescendra, la schola et l'assemblée entonneront l'acclamation du Jubilé: "Christus heri et hodie, Finis et Principium, Christus Alpha et Omega. Ipsi gloria in saecula!"

De l'intronisation de l'Evangile au Te Deum
Lorsque la procession arrivera à l'autel, on intronisera le livre des Evangiles: le diacre le placera sur le trône préparé, des laïcs de différents continents déposeront des lampes et des fleurs devant le livre et le Saint-Père encensera le livre.
La schola et l'assemblée chanteront alors le "Gloria in excelsis Deo". Après l'Evangile, le diacre annoncera la date de Pâques 2001 et les dates des autres fêtes de l'année liturgiques. Les intentions de la prière universelle reprendront les moments saillants de la célébration du Jubilé, destinés à enrichir le chemin ecclésial du
troisième millénaire.

Jean-Paul II introduira, après une brève monition, le "Te Deum" qui sera chanté par la schola et l'assemblée. Ce Te Deum d'action de grâce pour l'Année sainte remplacera le traditionnel Te Deum d'action de grâce pour l'année, habituellement célébré le 31 janvier en l'église Saint-Ignace après la célébration des premières vêpres de la fête de la Vierge Marie, Mère de Dieu. La célébration se conclura par la bénédiction apostolique.

Les éléments particulier à l'An 2000
Mgr Marini a souligné ensuite trois groupes d'éléments spécifiques à ces célébrations de fin de Jubilé.
1 - La glorification de la Sainte-Trinité, l'action de grâce pour les dons reçus:
'invocation par laquelle le pape commencera la célébration rappelle ce qu'il disait dans Tertio Millennio adveniente (n.55): le jubilé a eu comme objectif "la glorification de la Trinité d'où vient toute chose et vers laquelle tout se dirige dans le monde et dans l'histoire".

2 - Le Christ est l'unique porte du salut; cette vérité est marqué par trois éléments de la liturgie:
= le chant de l'antienne "O Clavis David, et sceptrum domus Israel: qui aperis et nemo claudit; claudis et nemo aperit; veni et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris, et umbra mortis", typique du temps de l'Avent, qui souligne que le Christ est "la clef, le centre et la fin de l'homme et de toute l'histoire humaine" (cf. apocalypse 4, 8).
= l'acclamation "Christus heri et hodie, finis et Principium, Alpha et Omega. Ipsi Gloria in saecula!" déjà chantée au moment de l'ouverture la nuit de Noël 1999. Elle sera à nouveau chantée devant la porte close. Ce sont les paroles, explique Mgr Marini, que le pape a proposées comme synthèse du Jubilé. Elle désignent la porte comme signe du Christ, Seigneur de l'histoire et présent dans son Eglise jusqu'à la fin des temps (cf. Hébreux 13,8).
= l'hymne au Christ seigneur des millenium, composé pour la circonstance par des membres de l'Office des célébrations liturgiques pontificales, sera chanté après la fermeture de la porte et pendant a procession vers l'autel. Le refrain est le même que celui qui a été chanté au Noël 99. Il souligne la dimension eschatologique du signe de la porte: une invitation à "attendre avec des bonnes oeuvres" la fin de notre "pèlerinage terrestre" et
l'arrivée devant "la porte du paradis".

3 - L'année de grâce continue dans l'Eglise:
= ce qui est marqué par l'annonce de la date de Pâques et des fêtes au coeur de la liturgie. "L'année sainte, le Grand Jubilé de l'An 2000 se termine, mais l'année de grâce, proclamée par le Seigneur Jésus dans la synagogue de Nazareth, continue dans le cycle annuel au cours duquel l'Eglise célèbre dans la liturgie l'oeuvre du salut de son Seigneur en attente de la bienheureuse espérance et de son retour dans la gloire".
= la prière universelle rappelle les étapes du Jubilé comme autant de jalons sur le chemin de l'Eglise.

4 - La célébration se conclut par la louange du Père, du Fils et du
Saint-Esprit.

Le Te Deum offre la synthèse des moments de grâce de toute l'année sainte, des prières d'action de grâce qui se sont élevées incessamment et partout dans le monde tout au long de l'année.
Les portes saintes seront murées un mois plus tard. Le rite se compose de la lecture du parchemin qui atteste l'ouverture et la fermeture de la porte sainte et porte la signature des personnes présentes. On met ensuite des
médailles dans une urne avec le parchemin, l'urne est murée dans les parois du mur qui scelle la porte sainte. Ces médailles sont: une médaille d'or de la 23e année de pontificat de Jean-Paul II, 23 médailles d'argent pour
chacune des années de pontificat , 17 médailles de bronze en souvenir des 17 années passées depuis le dernier Jubilé (1984-2001).
Traditionnellement, à Saint-Pierre, on ajoute une médaille commémorative de l'Ordre souverain de Malte et 3 briques dorées frappées aux armes du pape célébrant.
L'ensemble est enrichi de la prière initiale dite par le titulaire de la basilique, de chants, de la prière du Notre-Père, et de la bénédiction finale. Les télévisions qui en feront la demande pourront assister à ce rite. Les
briques du mur porteront inscrits en latin les noms de qui a ouvert et fermé chacune des portes (le pape, un cardinal) et la date du grand jubilé de l'An 2000.
Contrairement à ce qui a eu lieu en 1984, (et comme en 1975) les 4 urnes sont différentes: l'artiste allemand Mathias Maria Heiermann a réalisé celle de la porte de la Saint-Pierre, le japonais Kyosi Nagatani celle de Saint-Jean, l'italien Otello Scatoloni celle de Saint-Paul et Maria Antonietta Mitrio, italienne, celle de Sainte-Marie-Majeure.

La porte fermée, les tableaux des mystères du Christ représentés sur les battants font une mémoire du Jubilé et un symbole "à regarder" en y voyant la promesse d'arriver un jour à la porte du paradis: "le Seigneur ouvrira et nous fera entrer avec lui aux Noces", conclut Mgr Marini.
ZF00122201

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