Introduction
Un Jubilé est un temps de grâces
et un temps d'action de grâces pour l'Eglise toute entière
et pour chaque membre du Corps Mystique du Christ.
Si
le sujet est, par définition, inépuisable parce
que particulièrement riche, il n'en reste pas moins que,
pour s'ouvrir à ce temps de grâces, il est indispensable
de méditer l'enseignement de l'Eglise sur la question....
Un Jubilé, une Année Sainte, ne peuvent être
temps de grâces que parce qu'ils sont temps de conversion
: quitter le péché et s'ouvrir à la miséricorde
divine, tel est le but premier de toute démarche jubilaire.
L'origine du mot "Jubilé
"
Le véritable jubilé,
c'est l'incarnation du Fils de Dieu parmi les hommes
Le mot jubilé vient du mot
hébreu "yobel" qui signifie "le bélier".
Par extension, il désigne la corne du bélier dont
on se sert, comme d'un cor, pour annoncer un événement.
"Au jour du Grand Pardon vous sonnerez de la trompe dans
tout le pays, vous déclarerez sainte cette 50°
année et proclamerez la libération de tous les
habitants du pays " (Lv 25, 8-55).
De
ce terme hébreu est issu le verbe latin "jubilaire"
qui signifie se réjouir et qui a donné en français
le verbe "jubiler", exulter de joie et le substantif
"jubilé " qui désigne un anniversaire
fêté joyeusement.
a) Le Jubilé dans la Bible
Dans
l'Ancien Testament, au cours de l'histoire de l'Alliance, le Seigneur
a proposé à son peuple deux sortes de célébrations,
une tous les 7 ans, l'autre tous les 50 ans.
1.
L'Année "sabbatique". Elle avait lieu tous les
7 ans. Comme le sabbat était le 7° jour de la semaine,
elle clôturait "une semaine d'années".
Durant cette année, le peuple élu
devait observer deux prescriptions :
- Laisser
reposer la terre, ne pas cultiver et se nourrir de ce qui pousserait
spontanément (Lévitique 25, 1-7)
- Remettre les dettes à tous ses frères (Deutéronome
15, 1-3).
Cette coutume est un acte religieux "
pour Dieu ", comme le repos et la sanctification du dimanche.
"C'est un sabbat pour le Seigneur" (Lv 25,
4) "Une remise pour le Seigneur" Dt 15, 2). C'est
un acte fraternel, un geste d'amour. Le livre de l'Exode ajoute
même que si on a cultivé et fauché, on devra
laisser cette récolte sur place pour "les démunis"
qui viendraient la prendre (Ex 23, 10-12).
2. L'année
jubilaire (jubilé) devait avoir lieu tous les 50 ans. Les
prescriptions étaient les mêmes, mais la célébration
était plus solennelle. C'était "l'année
sainte" (Lv 25, 10) ou, suivant Isaïe, "une année
de grâce " (Is 61, 2).
Aux prescriptions
de l'année sabbatique an étaient ajoutées
deux autres : - La libération des esclaves - la restitution
à chacun de "sa propriété". Tous
les membres du peuple de Dieu devaient pouvoir bénéficier
de ce qu'il leur a donné : la liberté et la terre.
Mais le véritable jubilé, c'est l'Incarnation
du Fils de Dieu parmi les hommes.
b)
Le Jubilé dans l'histoire de i'Eglise
La pratique des jubilés est très ancienne
dans l'Eglise catholique. Elle remonte au Pape Boniface VII an
l'an 1300. L'ordonnancement en a été fixé
en 1499. Le jubilé commence à Rome, aux premières
vêpres de Noël de l'année qui précède
immédiatement la date.
Le Pape célèbre
alors le rite d'ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre,
pendant que trois cardinaux ouvrent simultanément les portes
des autres basiliques majeures de Rome : Saint-Jean-de-Latran,
Sainte Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs.
Le
jubilé dure un an, jusqu'aux vêpres du Noël
suivant. Les festivités de l'Année Sainte 2000 devraient
donc durer de Noël 1999 à Noël 2000. Formés
de pèlerinages à leurs débuts, ces jubilés
ont conservé dans leur esprit cet aspect de "Grand
Pardon", de la charité et d'union en Eglise et par
l'Eglise.
(in Eglise de Tours)
retour
à la page de présentation