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PARDON POUR LES FILS de l'EGLISE ! 

LE PAPE DEMANDE PARDON POUR LES PÉCHÉS DES FILS DE L'ÉGLISE
L'un des événements les plus importants du Jubilé

CITÉ DU VATICAN, dimanche 12 mars (ZENIT.org) -
Jean-Paul II a présidé ce matin une cérémonie qui passera dans les livres d'histoire.
Pour la première fois, l'évêque de Rome a demandé pardon, lors d'une cérémonie solennelle, pour les péchés passés et présents des fils de l'Église. Il s'agit là sans aucun doute de l'un des gestes les plus significatifs de ce Jubilé.

La cérémonie a commencé devant la "Pietà", le célèbre chef-d'oeuvre de Michel-Ange, située dans la Basilique Saint Pierre. Le Saint Père avait souhaité commencé la cérémonie aux pieds de Marie car, à l'image de la Vierge, l'Église veut prendre dans ses bras le Sauveur crucifié, en se chargeant du passé de ses enfants et en invoquant le pardon du Père.

Jean-Paul II a voulu faire de son homélie un réel examen de conscience pour les fautes passées et présentes des fils de l'Église. Il a ensuite confessé ces fautes et demandé pardon, au cours d'une prière.

"Mea culpa"
Après une première invitation au repentir, sept cardinaux de la Curie romaine ont confessé publiquement les fautes passées et présentes des chrétiens.
Le premier, le cardinal béninois Bernardin Gantin, doyen du Collège des cardinaux, a fait une confession générale des péchés des chrétiens à travers l'histoire ; le Cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a invité à confesser les fautes de ceux qui ont utilisé "des méthodes non évangéliques" au service de la foi ;
le Cardinal Roger Etchegaray, président du Comité Central pour le Jubilé, a encouragé à confessé les péchés qui ont provoqué la séparation des chrétiens ; le Cardinal Edward Cassidy, président du Conseil Pontifical pour l'Unité des Chrétiens, a reconnu les fautes commises "contre le peuple de l'alliance", Israël ; l'archevêque japonais Stephen Fumio Hamao, président du Conseil Pontifical pour les Migrants, a parlé des péchés contre l'amour, contre la paix, contre les droits des peuples, le respect des cultures et des religions ; le cardinal nigérien Francis Arinze, président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Inter-religieux, a invité à confesser les péchés qui ont blessé la dignité de la femme et l'unité du genre humain ; l'archevêque vietnamien François Xavier Nguyên Van Thuân a encouragé à confesser les péchés commis dans le domaine des droits fondamentaux de la personne humaine : les abus contre les enfants, la marginalisation des pauvres, la suppression des enfants à naître dans le sein maternel ou leur utilisation à des fins expérimentales, etc.

La confession des cardinaux a repris les thèmes présentés par le Saint Père dans son homélie. Le "mea culpa" du Pape incluait par ailleurs les péchés actuels des chrétiens. "Nous confessons à plus juste titre encore nos responsabilités de chrétiens pour les maux d'aujourd'hui.
Face à l'athéisme, à l'indifférence religieuse, à la sécularisation, au relativisme moral, aux violations du droit à la vie, à l'indifférence devant la pauvreté de nombreux pays, nous ne pouvons pas ne pas nous demander quelles sont nos responsabilités".

Après avoir demandé pardon à Dieu, chacun des représentants des organismes du Vatican s'est dirigé devant un crucifix très spécial, transporté pour l'occasion dans la Basilique Saint Pierre mais qui est vénéré dans l'église romaine de Saint Marcel. Il s'agit du Christ qui est vénéré pendant les années saintes, depuis le XIVe siècle. A la fin de la prière de conclusion, le Saint Père a embrassé le crucifix en signe d'amour et de demande de pardon.

Les raisons du "mea culpa"
Jean-Paul II a expliqué la signification de cette célébration unique, à la fin de la cérémonie, au cours de la prière de l'Angélus, place Saint Pierre. "L'année Sainte est une temps de purification : l'Église est sainte car le Christ est sa Tête et son Époux, l'Esprit son âme vivifiante, la Vierge et les saints, sa manifestation la plus authentique.
Les fils de l'Église ont fait cependant l'expérience du péché dont les ombres se reflètent dans l'Église et voilent sa beauté. C'est pour cette raison que l'Église ne cesse d'implorer le pardon de Dieu pour les péchés de ses membres".

Le Pape a expliqué clairement qu'il "ne s'agit pas d'un jugement sur la responsabilité subjective des frères qui nous ont précédés : "ceci revient uniquement à Dieu qui, contrairement à nous, êtres humains, est capable de 'scruter le coeur et l'intelligence'. L'acte qui s'est déroulé aujourd'hui est une reconnaissance sincère des fautes commises par les fils de l'Église dans un passé lointain et dans un passé proche, et une humble demande de pardon à Dieu.
Ceci ne manquera pas de réveiller les consciences, permettant aux chrétiens d'entrer dans le troisième millénaire plus ouverts à Dieu et à son dessein d'amour".

Mais le Pape n'a pas seulement demandé pardon.
Au nom de l'Église, il a également pardonné. "Tout en demandant pardon, nous pardonnons", a-t-il expliqué. "C'est ce que nous disons tous les jours lorsque nous disons la prière que le Christ nous a enseignée : " Notre Père... pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ". Que cette journée jubilaire apporte à tous les croyants le fruit du pardon accordé réciproquement et accueilli !"

Jean-Paul II a expliqué qu'après avoir pardonné et après avoir été pardonnés, les chrétiens peuvent entrer dans le nouveau millénaire "comme des témoins plus crédibles de l'espérance". "Après des siècles marqués par
la violence et les destructions, et après le siècle dernier, particulièrement dramatique, l'Église présente l'Évangile du pardon et de la réconciliation à l'humanité qui franchit le seuil du troisième millénaire, comme base pour construire une paix authentique", a-t-il conclu.
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