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Amour, que de crimes on commet en ton nom !
 
( 26.2.2000) par Gabrielle Fonval

La semaine dernière, on avait abordé le problème de ces attaques en règle que lançaient, de temps en temps, les chaînes de télévision contre les valeurs auxquelles nous croyons, en particulier contre la vie.
Dans un premier temps, on pouvait penser que seul le hasard faisait que deux chaînes concurrentes (en l'occurrence TF1 et France 2) avaient programmé, le même jour, un téléfilm favorable à l'euthanasie («Justice : Illégitime souffrance», sur TF1) et un autre favorable à l'avortement («Docteur Sylvestre : Le choix d'une vie», sur France 3), puis, deux jours plus tard, France 3 diffusait un documentaire très orienté, retraçant l'histoire de la bataille pour la légalisation de l'avortement (en attendant le téléfilm en trois parties de Nadine Trintignant sur le même sujet).

Mais, inutile de le cacher, nous ne croyons guère au hasard.
Surtout lorsque l'on regarde le programme de cette semaine, où l'on découvre, toujours sur TF1, une fiction qui a pour objectif avoué la promotion du couple homosexuel, à savoir «Joséphine, ange gardien : Une famille pour Noël». On se souvient que France 2 avait ouvert le feu, fin janvier, avec un téléfilm (de très bonne qualité, d'ailleurs) intitulé «Juste une question d'amour», qui mettait en scène un couple d'homosexuels devant la réaction de rejet de la famille de l'un d'eux.

Toutes ces fictions, malgré des thèmes et des approches différentes, semblent coulées dans le même moule.
Elles racontent toutes une histoire émouvante, le plus souvent une histoire d'amour, et elles nous conduisent, très habilement, sous couvert de respect de la différence, à accepter des comportements répréhensibles, voire dangereux.
C'est par amour qu'un mari va mettre fin aux souffrances de sa femmes malade. C'est toujours par amour qu'une mère va se donner du mal pour admettre l'homosexualité de son fils (alors qu'au départ cela la choquait). Enfin c'est toujours l'amour qui va entraîner des personnages à proposer l'avortement à une très jeune fille.

Il va de soi que l'on peut être amené à souhaiter voir être abrégées rapidement les souffrances de celui ou de celle que l'on aime, qu'une mère ne doit jamais rejeter son enfant, quelles que soient les fautes qu'il ait pu commettre, et que tout doit être mis en oeuvre pour aider une jeune fille à accueillir la vie.
Cela va de soi, mais cela ne doit jamais entraîner acceptation de la faute, du péché ou, pire, de l'acte criminel. Comprendre et aimer l'autre n'a jamais voulu dire comprendre et aimer tout ce qu'il fait.
C'est, d'ailleurs, une chose que tout le monde peut constater, à chaque instant de sa vie, avec chacune des personnes qu'il aime. Pourtant, c'est sur cette corde sensible que toutes ces fictions s'appuient. Comme si les auteurs de ces fictions n'avaient d'autres arguments à proposer que ceux qui font appel à la sensibilité, et non à la raison.

Triste époque où le citoyen est méprisé au point que l'on ne peut (ou ne veut) plus faire appel à son intelligence, où on le croit incapable de se faire sa propre opinion, où on le pense uniquement mû par sa sensibilité ou son instinct.

Pourtant, depuis quelques semaines, ces tirs groupés sont bien étranges (surtout en ce qui concerne l'avortement et l'homosexualité qui sont banalisés depuis longtemps déjà). Serait-ce que les promoteurs de cette culture de mort, de cette culture de la soumission à son bon plaisir et à se pulsions du moment , auraient peur que le bon peuple n'ait pas bien compris le message ? Ou qu'il soit sur le point de se cabrer contre un matraquage trop puissant ?

On n'ose l'espérer, mais cette insistance est bien étrange.

Gabrielle Fonval


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