Retour au sommaire

    LA CONFUSION des ESPRITS, par Gabrielle Fonval ( oct 2003 )

    On savait notre époque en pleine confusion, secouée par des vagues d'idées politiquement correctes qui gangrènent les esprits et propagent une culture de mort, comme le martèle si bien Jean-Paul II. Depuis la légalisation de l'avortement et des contraceptifs chimiques, jusqu'au clonage, en passant par la fivete, les manipulations génétiques, le PACS, etc. notre société n'en finit pas d'errer, ne sachant plus à quoi se raccrocher, si ce n'est à la satisfaction des ses plaisirs et de ses pulsions du moment.

    Curieusement, alors que la vie n'est plus respectée à ses origines, pour le moment, du moins en France, la vie est toujours respecté à son terme. L'euthanasie est toujours considérée comme un crime dans notre pays. On le sait, il n'en va pas de même chez certains de nos voisins.

    Mais ils sont nombreux, ceux qui ouvrent pour la culture de mort, que ce soit dans la presse, au cinéma ou à la télévision. Qu'on se souvienne de Christine Malèvre, l'infirmière condamnée récemment pour avoir euthanasié plusieurs de ses patients, à Mantes-la-Jolie, et qui a été portée aux nues par la presse. Certains journalistes sont même allés jusqu'à la surnommer la Madone, voulant dire, par là, qu'elle était le dernier recours de ceux qui souffrent (une comparaison on ne peut plus affreuse et contre nature !).

    La semaine dernière, c'était un épisode de la série «Louis Page», sur France 2, mettant en scène un prêtre qui assurait la promotion de l'euthanasie (en violation de la loi). Cette semaine, c'est le film de Denys Arcand, «Les invasions barbares» (auquel ROC va consacrer, prochainement, une plus longue analyse) qui traite de ce sujet. Le réalisateur allant même jusqu'à déclarer, pour justifier sa prise de position : «On est encore sous l'emprise d'une vieille idéologie selon laquelle notre vie ne nous appartient pas.».

    Malheureusement, comment c'est souvent le cas, les faits divers sont là pour apporter de l'eau au moulin de ceux qui voudraient voir la culture de mort progresser. Ces faits divers, en effet, parlent à la sensibilité et non pas à l'intelligence. Vincent Humbert, ce malheureux jeune pompier, tétraplégique, muet et aveugle depuis un accident de voiture, avait écrit au président de la République pour lui demander le droit à l'euthanasie, en décembre dernier. Aujourd'hui, sa mère a tenté de mettre fin aux jours de son malheureux fils, en lui injectant des barbituriques reçus d'un médecin suisse «compatissant»...

    Une telle histoire ne peut que bouleverser tout un chacun et elle représente une aubaine pour ceux qui oeuvrent en faveur de la légalisation de l'euthanasie active, stigmatisant, au passage, l'attitude «rétrogade» de l'Eglise en la matière.

    C'est oublier, un peu vite, que celle-ci est, précisément, très en avance sur la plupart des législations en vigueur dans les pays occidentaux, en refusant l'acharnement thérapeutique. Cela signifie que, dans certains cas (et sous réserve que tout ait été mis en uvre pour soigner le malade, compte tenu de l'état actuel des connaissances médicales), il est parfaitement admis par l'Eglise, voire légitime de «débrancher» la machine qui maintient en vie artificiellement le malade, afin de laisser la nature faire son uvre. Ce qui signifie que, à côté de l'obligation de se soigner, tout homme a l'obligation d'accepter la fin ultime et de ne pas s'acharner à préserver une vie qui n'est qu'artificielle (c'est-à-dire soumise à une machine).

    On le voit, ces éléments de la doctrine catholique sont méconnus des médias (et même de la plupart des catholiques). Cependant, combien il serait opportun que les journalistes posent les bonnes questions aux prêtres ou aux évêques, afin d'éclairer l'opinion et d'éviter cette confusion des esprits en la matière ! Mais, pour cela, il faudrait que notre société génère des hommes et des journalistes libres, avec une pensée structurée !

    Un voeu pieux ?

    Retour au sommaire