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Serviam, Catholiques en ligne, remercie vivement les Editions du Sarment, de leur aimable accord de reproduction des lignes qui suivent, extraites de l'ouvrage " L'art et son message - ce que dit le Pape, textes choisis par les moines de l'Abbaye de Solesmes "
On peut se procurer l'ouvrage intégral à la Barque de Pierre : Achats par correspondance


LA CULTURE ET L'ART

Commentaire des moines bénédictions de Solesmes :
La culture peut être comparée à ce que l'air constitue pour les êtres vivants qui ont à respirer. Cet air sera vif et tonifiant, ou bien pollué ou pauvre en oxygène. La culture doit donc établir un cadre de vie qui permet â l'homme d'atteindre su perfection par la connaissance active de ce qui a été fait, dit et pensé de meilleur au monde. La constitution Gaudium et Spes du concile Vatican Il l'exprime très bien au numéro 53: « Au sens large du mot culture " désigne tout ce par quoi l'homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps; s'efforce de soumettre l'univers par la connaissance et le travail; humanise la vie sociale, aussi bien la vie familiale que l'ensemble de la vie civile, grâce au progrès des moeurs et des institutions; traduit, communique et conserve dans ses oeuvres, au cours des temps, les grandes expériences spirituelles et les aspirations majeures de l'homme, afin qu'elles servent au progrès d'un grand nombre et même de tout le genre humain.
Si la culture permet à l'homme d'apprendre à être plus, l'art sera à la fois la matrice de cette culture et sa résultante, spécialement lorsqu'il traduira en lignes, images, sons... le mystère auquel chaque homme est confronté...
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L'homme vit d'une vie vraiment humaine grâce â la culture

(Jean-Paul IL Discours à l'UNESCO à Paris, 2 juin 1980; ORf 24)
Genus humanum arte et ratione vivit (cf. saint Thomas, commentant Aristote, dans Post. Analyt., n. 1). Ces paroles d'un des plUS grands génies du christianisme, qui fut en même temps un continuateur fécond de la pensée antique, portent au-delà du cercle et de la signification contemporaine de la culture occidentale, qu'elle soit méditerranéenne ou atlantique. Elles ont une signification qui s'applique à l'ensemble de l'humanité où se rencontrent les diverses traditions qui constituent son héritage spirituel et les diverses époques de sa culture. La signification essentielle de la culture consiste, selon ces paroles de saint Thomas d'Aquin, dans le fait qu'elle est une caractéristique de la vie humaine comme telle. L'homme vit d'une vie vraiment humaine grâce à la culture. La vie humaine est culture en ce sens aussi que l'homme se distingue et se différencie à travers elle de tout ce qui existe par ailleurs dans le monde visible: l'homme ne peut pas se passer de culture.

La culture est un mode spécifique de l' « exister et de I' « être » de l'homme. L'homme vit toujours selon une culture qui lui est propre, et qui, à son tour, crée entre les hommes un lien qui leur est propre lui aussi, en déterminant le caractère inter-humain et social de l'existence humaine. Dans l'unité de la culture comme mode propre de l'existence humaine, s'enracine en même temps la pluralité des cultures au sein de laquelle l'homme vit. Dans cette pluralité, l'homme se développe sans perdre cependant le contact essentiel avec l'unité de la culture en tant que dimension fondamentale et essentielle de son existence et de son être.

L'homme qui, dans le monde visible, est l'unique sujet de la culture, est aussi son unique objet et son terme. La culture est ce par quoi l'homme en tant qu'homme devient davantage homme, « est » davantage, accède davantage à l' « être ». C'est là aussi que se fonde la distinction capitale entre ce que l'homme est et ce qu'il a, entre l'être et l'avoir. La nécessaire à ce qu'est l'homme, tandis que sa culture se situe toujours en relation essentielle et relation à ce qu'il a, à son « avoir », est non seulement secondaire, mais entièrement relative. Tout l' « avoir » de l'homme n'est important pour la culture, n'est un facteur créateur de la culture, que dans la mesure où l'homme, par l'intermédiaire de son « avoir » , peut en même temps « être » plus pleinement comme homme, devenir plus pleinement homme dans toutes les dimensions de son existence, dans tout ce qui caractérise son humanité.
Cet homme, qui s'exprime et s'objective dans et par la culture, est unique, complet et indivisible. Il est à la fois sujet et artisan de la culture. On ne peut dès lors l'envisager uniquement comme la résultante de toutes les conditions concrètes de son existence, comme la résultante - pour ne citer qu'un exemple - des relations de production qui prévalent à une époque déterminée. Ce critère des relations de production ne serait-il alors aucunement une clé pour la compréhension de l'historicité de l'homme, pour la compréhension de sa culture et des multiples formes de son développement? Certes, ce critère constitue bien une clé, et une clé précieuse même, mais il n'est pas la clé fondamentale, constitutive. Les cultures humaines reflètent, cela ne fait aucun doute, les divers systèmes de relations de production; cependant, ce n'est pas tel ou tel système qui est à l'origine de la culture, mais c'est bien l'homme, l'homme qui vit dans le système, qui l'accepte ou qui cherche à le changer. On ne peut penser une culture sans subjectivité humaine et sans causalité humaine; mais dans le domaine culturel, l'homme est toujours le fait premier l'homme est le fait primordial et fondamental de la culture.

Et cela, l'homme l'est toujours dans sa totalité dans l'ensemble intégral de sa subjectivité spirituelle et matérielle. Si la distinction entre culture spirituelle et culture matérielle s'exerce seulement en fonction du caractère et du contenu des produits dans lesquels la culture se manifeste, il faut constater en même temps que, d'une part, les oeuvres de la culture matérielle font toujours apparaître une spiritualisation » de la matière, une soumission de l'élément matériel aux forces spirituelles de l'homme, c'est-à-dire â son intelligence et à sa volonté et que, d'autre part, les oeuvres de la culture spirituelle manifestent, d'une manière spécifique, une « matérialisation » de l'esprit, une incarnation de ce qui est spirituel. Dans les oeuvres culturelles, cette double caractéristique semble être également primordiale et également permanente.


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