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    EMBELLIE ? - février 2002

    par Gabrielle FONVAL
    J
    e ne sais pas pourquoi, mais la plupart des gens aiment bien se plaindre. Ils se plaignent du temps qui fait, de la télévision, des hommes politiques, des fonctionnaires, de la pollution et de ces mille et une choses qui constituent le quotidien de tout un chacun.

    Parmi nos concitoyens, ceux qui se plaignent le plus souvent et le plus vigoureusement, ce sont, me semble-t-il, les catholiques. Ceux qui en ont assez d'être régulièrement agressés, que ce soit directement ou indirectement, lorsque tel ou tel homme (ou femme) public, tel journal, tel film ou émission de télévision bafouent les valeurs auxquelles ils sont attachés.

    Comme nombre de nos confrères de la presse, nous recevons des lettres de lecteurs nous signalant que la France n'est plus vraiment fidèle aux promesses de son baptême, pour reprendre la célèbre expression de Jean-Paul II, lors de son premier voyage en France.

    Et de regretter le bon vieux temps où les églises étaient pleines le dimanche, où la vie du pays était ponctuée par les fêtes religieuses, où rares étaients les couples qui divorçaient, où l'on ne parlait pas de «cohabitation juvénile» ni d'avortement, où les clerc étaient respectés, etc. La liste est longue de ce qui heurte aujourd'hui, de plein fouet, les convictions profondes des catholiques.

    Pourtant, si on se donne la peine d'y regarder de plus près, on découvrira quelques signes encourageants. Non pas un retournement de situation, mais bien une petite embellie. En particulier dans un domaine, celui de l'avortement, dont la légalisation (ce qui signifie la banalisation) a longtemps été considérée comme une grande victoire pour les femmes, un progrès que nul n'aurait osé remettre en question (mis à part Christine Boutin, et il faut voir comment les médias et le corps politique la traitent !), car c'est de la «liberté» des femmes, qu'il s'agit. A entendre certains, l'avortement est aussi anodin qu'une méthode contraceptive !

    C'est de Jean-Luc Delarue et de son émission, «Ça se discute», souvent très intéressante, même si elle peut être, parfois, un peu racoleuse, que nous vient, cette semaine, l'embellie en question. Pour la première fois, dans une émission importante de la télévision publique, on va se poser la question interdite. Celle que, jamais au grand jamais, les animateurs, les politiques, les saltimbanques ou les autres ne devraient poser : «Peut-on sortir indemne d'un avortement ?».

    Mieux, dans le dossier de presse adressé à tous les journaux s'occupant de télévision (ce qui représente tout de même la majorité de la presse française !), les questions qui seront posées, lors de cette soirée, sont explicites : «Quelles traces laisse un avortement sur la femme et sur le couple ?», «Comment vivre sans regretter l'enfant qu'on n'a pas eu ?», «Comment faire le deuil d'un enfant qu'on a désiré et porté plusieurs mois, quand on a subit un avortement thérapeutique ?», etc. Toutes, elles expriment ce que les défenseurs de la vie ne cessent de répéter depuis 1974 et que nul, dans la presse (exception faite, bien entendu, de la presse catholique) et chez les instances qui nous gouvernent n'a osé dire tout haut : avorter est un acte très grave, qui laisse des traces profondes dans l'âme des femmes.

    Quand on vous disait que passer son temps à se plaindre des maux qui affectent notre société peut nous empêcher de voir que tout ne va pas si mal, que les puissances de la vie sont, finalement, plus fortes que celle de la mort.

    Que la télévision n'est pas aussi nocive qu'on veut bien le croire. Mais cela, c'est ce que ROC répète depuis des décennies !
    Gabrielle FONVAL



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