On le sent bien, les médias (en tous cas ce qu'il est convenu d'appeler les grands médias) n'aiment guère l'Eglise catholique. Très souvent, lorsque l'on se met à lire un article de fond, dans un journal, ou à regarder un documentaire de télévision consacrés à l'Eglise, on est agacé par les partis pris des journalistes, qui semblent ne connaître de l'Eglise que les problèmes du mariage des prêtres, de l'ordination des femmes, de l'absence de vraie «démocratie» à l'intérieur de l'Eglise (sic), sans parler, certes, de tout ce qui touche à la morale personnelle (préservatif, divorce, relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage, homosexualité, etc.).

En somme, si l'on en croit les journalistes de la grande presse, la vie de l'Eglise et surtout des chrétiens se résume à ces questions de «liberté» au sein de l'institution et, surtout, de «liberté» sexuelle. C'est à se demander pourquoi il se trouve encore plus d'un milliard de personnes dans le monde pour se dire membres d'une Eglise qui a un horizon aussi bouché et des préoccupations aussi médiocres !

On pourrait, sans doute hâtivement, en conclure que ce sont les journalistes qui ont la vue basse et sont dans l'incapacité de regarder au moins un peu au-dessus de leur propre personne. Mais, force est de constater que, sur d'autres sujets, lesdits journalistes ont des vues plus larges et plus profondes. Alors, d'où vient cette incompréhension, cette absence de perspective, ce besoin de regarder l'Eglise par le petit bout de la lorgnette ?

La première explication, la plus simple aussi, consiste à dire que la plupart des journalistes sont des ennemis, déclarés ou non, de l'Eglise. C'est, comme explication, un peu simple et réducteur.

La seconde explication (et celle-là est déjà plus convaincante), c'est que les journalistes en question n'aiment pas être mis en porte à faux sur des sujets de morale personnelle, contraires à ce qu'ils pensent et à ce qu'ils vivent. Autrement dit, puisque je suis incapable de vivre comme l'Eglise me l'enseigne, je vais proclamer que ce qu'elle enseigne est rétrograde, dépassé, voire dangereux. Réaction on ne peut plus humaine, il faut bien l'admettre.

La troisième explication nous a été donnée par un méchant petit documentaire, diffusé par France 2, ce dimanche. Signé des auteurs des «Croisés de l'ordre moral», de sinistre mémoire, ce documentaire, intitulé «Dans le secret de l'Eglise catholique de France» ne traite que des sujet cités plus haut. C'est dire s'il est incomplet, superficiel et orienté.
Pourtant, comme c'est souvent le cas des oeuvres médiocres, on apprend beaucoup en regardant ce document (que, par ailleurs, nous vous déconseillons, cela va de soi). Dans celui-ci, à plusieurs reprises, les auteurs stigmatisent l'attitude de l'Eglise (en l'occurrence celle de la Conférence épiscopale française), qui ne veut pas étaler en place publique ses divergences, et qui semble refuser de «communiquer» et de débattre publiquement de certaines questions.

Ces mêmes journalistes s'étonnent-ils que les directions de Renault, Vivendi ou même celle de leur propre journal, sans parler du gouvernement français, refusent de porter sur la place publique des débats qui, par nature, doivent rester confidentiels.
Tout comme des parents n'exposent pas devant leurs enfants les discussions serrées qu'ils peuvent avoir sur l'art et la manière d'être parents. Ce qui est bon pour les uns est inacceptable pour les autres. On se souvient de la réaction indignée de certains chroniqueurs religieux lorsque la porte de la salle des travaux de la Conférence épiscopale, à Lourdes, leur a été fermée. Auraient-ils pu avoir la même réaction devant la porte de la salle du Conseil des ministres ?

Et si les journaliste, tout simplement, n'acceptaient pas que l'Eglise veuillent vivre sa vie d'Eglise, sans se soucier de la presse...
Crime majeur à notre époque, mais nécessité absolue pour qui veut rester libre.

Retour au sommaire