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LA
PIRE ou LA MEILLEURE DES CHOSES... ( Février 2001 )
Nombreux
sont les lecteurs de ROC qui se posent cette question, lorsqu'ils
voient le flot de bêtises ou de provocations qui envahit,
le plus souvent, nos étranges petites lucarnes.
Et les journalistes que nous sommes, même si nous essayons
de faire ressortir les éléments positifs de la
télévision, sont, souvent, pris de découragement,
devant les programmes qu'ils ont à critiquer, pour aider
leurs lecteurs à faire leur choix, dans les meilleurs
conditions possibles.
- Nombreux sont,
également, ces mêmes lecteurs de ROC qui pensent
que la télévision est au service d'une entreprise
de déstabilisation de notre société, voire
de son pourrissement.
Il n'est que de lire certaines lettres ou certains articles de
journaux amis, pour constater que, bien souvent, nombreux sont
ceux qui pensent que la télévision est grandement
responsable de la dégradation des moeurs actuelle,
- Il est certain
qu'à maintes reprises, certaines émissions, qu'il
s'agisse de fictions, de documentaires et surtout, de magazines,
avec les débats publics qu'ils suscitent, semblaient avoir
été conçues et programmées pour préparer
la société à accepter certaines évolutions,
qualifiées d'indispensables par certains.
je
citerai simplement, comme exemples, les émissions qui
ont précédé les votes de la loi instaurant
le Pacs et de toutes celles tendant à banaliser l'homosexualité.
Sans parler, bien entendu, des propositions de loi qui reviennent
comme un serpent de mer et qui touchent l'euthanasie (ces dernières
émissions, on y aura droit, tant qu'une loi ne sera pas
votée dans le sens d'une légalisation de l'euthanasie!).
- Pourtant, aujourd'hui,
j'ai envie de dire que tout n'est pas si noir.
Car non seulement je suis convaincue
que la télévision ne fabrique pas les évolutions
de notre société, mais plutôt qu'elle les
accompagne. De plus, je suis persuadée qu'elle peut avoir,
sans doute, assez souvent, une influence très positive,
dans des domaines qui nous échappent.
Je ne prendrai qu'un
seul exemple, mais il est très significatif, à
lui seul, c'est celui de l'attitude de notre société
vis-à-vis des enfants trisomiques. Si vous vous en souvenez,
il y a quelques années à peine, on ne parlait que
très peu de leur terrible maladie, et le regard des passants
se détournait devant les enfants qui en étaient
atteints.
Aujourd'hui, les choses ont beaucoup changé en la matière,
et ce sont le cinéma (avec un film comme «Le huitième
jour», entre autres) et la télévision qui
en sont les grands responsables. Aujourd'hui, l'image nous a
appris à regarder ces êtres différents, d'une
autre manière, à accepter leur handicap. Mieux,
aujourd'hui, le cinéma et la télévision
nous ont appris à aimer ces trisomiques, à découvrir
quelles richesses d'amour et de tendresse se cachaient dans ces
êtres pas comme les autres.
Cette semaine, c'est
l'émission de France 3, «Des racines et des ailes»,
qui nous y invite. Avec un court reportage, qui montre comment
des parents et des éducateurs spécialisés
apprennent à ces enfants, devenus adultes, à se
débrouiller seuls, à faire leurs courses et la
cuisine, et à vivre de manière autonome. La télévision
habitue le téléspectateur à ne plus avoir
peur des trisomiques. Mieux, elle l'habitue à les apprécier
pour ce qu'ils sont: des personnes différentes, mais très
attachantes.
- Et même
si la télévision ne servait qu'à cela, quelle
merveille de la technique ! Ne rentre-t-elle pas parfaitement
dans le plan divin, en remplissant ainsi sa fonction ?
Quand on vous dit et
vous répète que la télévision, c'est
comme la langue d'Esope, la pire et la meilleure des choses !
Gabrielle Fonval
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