Le cinéma est à l'honneur cette semaine sur Arte. A l'occasion de la sortie de la dernière Palme d'or de Cannes, " Dancer in the dark ", du Danois Lars von Trier, Arte propose plusieurs documentaires consacrés à ce cinéaste singulier, mais également aux préceptes du Dogme, qu'il a fondé avec son complice Thomas Vinterberg, ainsi qu'un très intéressant documentaire sur ces nouvelles caméras numériques qui modifient l'économie et, surtout, l'esthétique des films.

Dorénavant, pour un budget très modeste, n'importe qui pourra faire un film. Nul besoin de matériel lourd et coûteux et d'équipes techniques importantes. Cette révolution technologique va, sans doute, permettre à de nouveaux artistes d'émerger, libérés qu'ils seront des contingences financières très contraignantes du cinéma d'aujourd'hui.

Les lecteurs attentifs de ROC (et les amateurs de fictions télévisuelles) ont, sans doute, déjà repéré ce que des artistes peuvent faire avec ces petites merveilles de la technique, grâce à l'excellente série d'Arte, justement intitulée " Petites caméras ". Ce qui prouve, une fois encore, que celle-ci est la chaîne la plus inventive du PAF (à défaut d'être la plus respectueuse des valeurs chrétiennes).

Certes, cette facilité, comme toutes les facilités, va entraîner des inconvénients majeurs (films tournés à la va-comme-je-te-pousse, diminution du temps de réflexion et de préparation, manque de précision, lors du tournage, etc.). Inconvénients d'ailleurs soulevés par les différents intervenants du documentaire " Free Dogme ", diffusé ce lundi 23 octobre, qui nous fait assister à une discussion passionnante entre Lars von Trier, Jean-Marc Barr, Lone Scherfig et Wim Wenders sur les enjeux artistiques de cette nouvelle caméra numérique.

Cette même semaine de télévision voit la diffusion de " Warriors ", le remarquable téléfilm, produit par la BBC, sur la guerre en Bosnie, vue du côté des soldats anglais impuissants de la force des Nations Unies. Peter Kosminsky, réalisateur de cette uvre, est un documentariste spécialisé dans la couverture des différents conflits, qui a choisi la fiction pour mieux traiter son sujet. Il le dit lui-même : " J'étais convaincu que la meilleure façon (d'aborder ce sujet) était le style fictionnel. Si vous l'abordez du point de vue de l'expérience humaine, le sujet prend vie d'une manière qu'il n'aurait connue ni à travers les actualités ni à travers des reportages objectifs. ".

On croirait lire un article de ROC !

Enfin, une nouvelle d'importance nous est donnée par Le Figaro du vendredi 13 octobre, qui signale que le célèbre réalisateur polonais Andrzej Wajda vient de présenter une nouvelle version de son film " La terre de la grande promesse ", qu'il avait réalisé en 1975. Il en a amélioré l'image et le son, mais il a aussi décidé de " censurer " plusieurs scènes érotiques (le mot «censurer» est celui employé par le journal. Pour le commun des mortels, cela veut dire que le cinéaste a décidé de couper, de retirer de son film les scènes en question). Andrzej Wajda reconnaît que, à l'époque, " tourner cette scène était un acte de grand courage. C'était une forme de lutte contre la censure officielle des murs. Aujourd'hui, j'en suis certain, elle n'apporte rien de nouveau. Le cinéma d'aujourd'hui est inondé d'érotisme. "

Tiens, tiens !

Gabrielle FONVAL

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