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Le texte présenté dans cette page est bien plus qu'un simple "mémo". le site Serviam, catholiques en ligne, est heureux de reproduire ce point de vue de Charles Rambaud reproduit avec l'aimable autorisation du Centre de Formation à l'Action Civique et Culturelle selon le Droit Naturel et chrétien, 47 rue des Renaudes 75 017 Paris - www.centredeformation.net | |
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Point de vue sur la sécurité... Chacun sait que l'homme a maintenant
des droits à ne plus savoir où les mettre, à
tel point que, pour faire de la place, il est obligé de
se débarrasser de quelques devoirs devenus encombrants.
Bien que son premier droit, celui de naître, et l'ultime,
celui de mourir de sa propre mort, lui soient contestés,
on lui concède, depuis peu et en principe, celui d'aller
et venir en sécurité, encore que celle-ci soit
considérée comme une frilosité par ceux
que leur milieu social met à l'abri des promiscuités
hasardeuses. Née dans le danger, toute civilisation constitue une recherche de sécurité. Depuis la grotte préhistorique jusqu'au contrat d'assurance, en passant par la haie épineuse, la palissade, le château-fort et la ville en son enceinte, la société établit, autant que faire se peut, un équilibre entre le risque et la sécurité. S'il est bon que les philosophes réfléchissent sur le rôle des gendarmes, ils ne peuvent le faire que grâce à eux. il est en effet difficile de méditer quand on est poursuivi par un pit-bull. Sans les gendarmes, pas de cours d'amour, de salons littéraires, de veillées chaleureuses au coin du feu, de rêveries sur l'étrangeté de l'homme, de travail intellectuel, autant d'états qui supposent un environnement paisible. Tous les gendarmes devraient être promus "Chevaliers des Arts et Lettres". En revanche, une sécurité acquise comme le sont les avantages du même nom ressemblerait à ces bulles stériles où survivent des malades dont le système immunitaire est en déroute. il convient donc de faire parallèlement les éloges du risque et de la sécurité. J'ai connu en ma jeunesse campeuse des moments d'intense délectation sous ma tente, au sec, au chaud, alors que la pluie tombait, que l'orage rôdait et que le vent secouait le paysage. Un vrai bonheur ! Le bonheur d'une sécurité à portée immédiate de ce qui la menace et de s'en trouver d'autant plus savouré en sa précieuse plénitude. Si la première sécurité est physique et matérielle et implique la possibilité de se promener, la nuit tombée, sans se faire agresser par une bande descendue de Cro-Magnon sur Seine ou sur Rhône, il en est d'autres moins immédiates mais aussi, voire plus, importantes. le pense, par exemple, à la sécurité psychologique dont un enfant a besoin pour garder toutes ses chances et que seule une vraie famille peut assurer. On a écrit, sur cette exigence, des livres savants sans que, pour autant, elle figure dans les catalogues publicitaires des "droits de l'homme". je pense à la sécurité morale qui permet l'exploration des chemins de traverse. le pense à la sécurité intellectuelle que l'école ne donne plus et je pense même à la sécurité spirituelle compromise, par exemple, par des traductions liturgiques si malencontreuses que le Pape a donné cinq ans à l'Eglise de France pour revoir ses copies. Quand on lit, du prophète Isaïe, le jour de l'Annonciation, "le Seigneur vous donnera un signe : voici que la jeune femme est enceinte. Elle enfantera un fils", on se demande quel signe peut bien constituer cette situation banale. Par contre, si on dit, comme dans la traduction traditionnelle: "Voici que la vierge est enceinte", nous nous trouvons devant la fulgurance d'un signe. Autrement dit, la sécurité n'est jamais acquise. Elle est un combat permanent contre tout ce qui déstabilise, désoriente, pervertit et détourne la liberté de l'homme de sa vocation d'inlassable défricheur de la vérité. Charles Rambaud |
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