| Toronto
2002 : la force de l'Amour... Le "doux Christ sur la terre" - comme sainte Catherine de Sienne aimait à appeler le Pape, est passé et a versé dans nos coeurs la douceur de la charité. L'arrivée de Jean-Paul II nous a plongé dans l' Evangile. Il nous a semblé vivre la scène de l'entrée de Jésus à Jérusalem dans l'euphorie que connurent les disciples. Ce pape nous vient, comme disait André Frossard, non pas de Pologne, mais de Galilée. C'est "un de la bande des douze arrivant directement de l'Evangile, un filet sur l'épaule, le Nouveau Testament sous le bras". Il touche les foules en leur rappelant les exigences les plus hautes. Exigences qui ne mentent pas parce qu'elles émanent d'un pape qui croit en Dieu. Non pas que les autres n'y croient pas, mais ce que Jean-Paul II nous apporte, c'est le témoignage d'une vie conforme à la foi dans un monde où l'homme, après avoir douté de Dieu, a fini par douter de lui-même et de l'univers. Une fois encore, Jean-Paul II a écouté la voix des jeunes qui lui ont dit leurs difficultés de croire et il a su conforter leur foi. Les interpellations, les interrogations, accueillies avec une sollicitude si paternelle, ont laissé aussi transparaître la détresse qui étreint nos contemporains : "Le monde dont vous hériterez est un monde qui a désespérément besoin d'un sens renouvelé de la fraternité et de la solidarité humaine. C'est un monde qui a besoin d'être touché et guéri par la beauté et par la richesse de l'amour de Dieu. Le monde actuel a besoin de témoins de cet amour. Il a besoin que vous soyez le sel de la terre et la lumière du monde. " (homélie du 28 juillet à Toronto) Dès le samedi soir, au cours de la grande veillée à Downsview Park, le Pape confiait aux jeunes : " L'attente que l'humanité nourrit au milieu de tant d'injustices et de souffrances est celle d'une nouvelle civilisation à l'enseigne de la liberté et de la paix. Mais, pour une telle entreprise, il faut une nouvelle génération de bâtisseurs qui, animés non par la peur ou par la violence, mais par l'urgence d'un amour authentique, sachent poser une pierre après l'autre pour édifier dans la cité des hommes la cité de Dieu. Chers jeunes, acceptez que je vous confie mon espérance: vous devez être ces bâtisseurs. Vous êtes les hommes et les femmes de demain; dans vos curs et dans vos mains est contenu l'avenir. À vous, Dieu confie la tâche, difficile mais exaltante, de collaborer avec Lui pour édifier la civilisation de l'amour." Fort d'une vie spirituelle authentique, Jean-Paul II répète que l'amour de l'homme se fonde sur l'amour de Dieu. S'aimer soi-même sans aimer Dieu, ce serait s'aimer d'un amour absolu et non subordonné. Aimer Dieu avec l'amour que Dieu a pour lui- même et aimer les autres comme Il les aime, voilà la réponse de Jean-Paul II. C'est la réponse de la charité : "Dieu est Amour". Aimer ne se réduit donc pas à un vague sentiment humanitaire : c'est imiter Dieu, l'adorer en faisant tout par amour pour Lui. L'amour divin est la mesure de l'amour humain. Qu'est-ce qu'aimer comme Dieu sinon vouloir le meilleur pour ceux qu'on aime, c'est-à-dire, vouloir Dieu pour eux ? Voilà ce que Jean-Paul II a voulu pour nous. Il nous a aimé à travers le Coeur du Christ. C'est pourquoi son départ a laissé en nous la nostalgie de l'éternel. Hervé Pasqua. Retour au sommaire |