INTRODUCTION AU PSAUTIER

Jusqu'à la fin des temps, l'Eglise chantera les psaumes. L'Eglise a les promesses de la vie éternelle ; elle est la nouvelle Eve, glorieuse et immaculée, sans tache ni ride (Eph. 5, 27), composée de pécheurs mais sans péché, Epouse de l'Homme-Dieu et son Corps Mystique, son extension sociale dans le temps et dans l'espace. Elle est la Cité sainte, la Jérusalem céleste descendue d'auprès de Dieu (Apoc. 21), maîtresse et gardienne du chant des psaumes, prière de ses fils de la terre : elle la leur distribue, en règle la mesure, en indique le sens profond grâce aux écrits des anciens Pères, et en choisit les différentes parties pour les insérer dans l'office et en faire l'application à chaque mystère du Christ.
Par une douce disposition de la Providence, cette manne, que le nouvel Israël ramasse chaque jour, au long de sa marche dans le désert de la vie, s'adapte au goût de chacun et n'engendre nulle satiété. C'est une nourriture délicieuse, un banquet céleste, le vrai pain des anges, panis angelorum. Mieux, c'est la voix de l'Epouse, directement inspirée par le Saint-Esprit, la prière que l'Enfant-Jésus apprit sur les genoux de sa Mère et que nos lèvres chantent depuis deux mille ans pour traduire avec lyrisme toutes les nuances des sentiments d'un coeur humain.

Un moine bénédictin