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Allocution sur DUNS SCOT
et sa pensée concernant l'Immaculée Conception de la Mère du Sauveu
r
par Eric Launay O.F.S.

L'Église n'a donc pas " inventé " l'Immaculée Conception de Marie, la mère du Sauveur. Elle s'est " contentée " de la reconnaître. Cette reconnaissance officielle a pris du temps puisque le dogme n'a été promulgué qu'en 1854. Avant cette date, les avis étaient " quelque peu " partagés. Dans le calendrier qui a préparé cette reconnaissance officielle, je vous propose que nous nous arrêtions quelques instants sur l'épitaphe que l'on peut trouver sur la pierre tombale d'un franciscain, un certain Jean DUNS SCOT, né en 1266 et mort en 1308, béatifié par notre souverain Pontife Jean-Paul II le 20 mars 1993. Cette épitaphe latine, la voici :

SCOTIA ME GENUIT L'Ecosse m'a engendré,
ANGLIA ME SUSCEPIT l'Angleterre m'a reçu,
GALLIA ME DOCUIT Le France m'a enseigné
COLONIA ME TENET Cologne me tient.

A première vue, il s'agit là d'un résumé géographique des pays visités par le bienheureux défunt. Cela n'est pas faux, et c'est d'ailleurs tout à fait exact. DUNS SCOT est né en Ecosse ; il est mort à Cologne et, entre les deux dates, il a longuement séjourné en Angleterre et en France. Ce qui surprend, c'est que l'inscription soit apposée sur sa pierre tombale et qu'elle dénote " un peu " avec ce que l'on trouve généralement sur les monuments funéraires. Traditionnellement, c'est plutôt : " à notre très regretté Frère", à notre fraternelle amitié... ". Doit-on penser que le Frère Jean DUNS SCOT, franciscain de son état, se serait vu offrir des voyages dans toute l'Europe, par l'agence Havas de l'époque ? et que " le prix à payer " pour la gratuité des billets de transports soit justement la promotion des pays visités par l'apposition d'une inscription publicitaire sur sa pierre tombale ? On imagine d'ici le tableau : visitez l'Ecosse et ses châteaux, découvrez l'Angleterre et ses chevaliers, gouttez à la France, à ses vins et à sa thalassothérapie, et terminez le voyage par Cologne et sa Cathédrale. Si c'était cela, on serait alors en droit de se demander comment il a été possible de béatifier quelqu'un à partir d'un tel panneau publicitaire ?
A dire vrai, il s'agit d'une épitaphe à double lecture. Si les lieux relatent bien les endroits ou DUNS SCOT a séjourné, l'épitaphe relate surtout, et à chaque ligne, sa dévotion à l'Immaculée Conception.

SCOTIA ME GENUIT - L'Écosse m'a engendré
A ne considérer que l'énumération des dates de sa biographie, le parcours de DUNS SCOT commence effectivement par l'Écosse. Il y naît en 1266, dans une famille de petite noblesse.
A 13 ans, il entre à l'école d'Haddington tenue par les Franciscains. Deux ans après, il commence son Noviciat à Dumfries et à 16 ans il émet sa profession solennelle dans l'Ordre des Frères Mineurs. A 25 ans, il est ordonné prêtre à Northampton, enclave écossaise en territoire anglais. Mais nous sommes toujours en Écosse.
Cette énumération prend un tout autre sens lorsqu'on la replace dans le contexte de l'époque. Sur le plan politique, il y a opposition de plus en plus tendue entre l'Écosse et l'Angleterre. Au plan religieux, il faut insister - précisément pour notre sujet - sur l'importance de la dévotion à la Vierge.
De plus en plus au XIe siècle, en Irlande, en Écosse et en Angleterre, la fête de la Conception de Marie est célébrée sous l'influence de l'Église Orientale, sans que Rome, d'ailleurs, n'intervienne pour interdire cette dévotion. Autour du village natal de DUNS SCOT, se trouvent 4 abbayes , en particulier une abbaye de cisterciens, laquelle est le grand centre de la dévotion mariale de toute l'Écosse envers la Conception de la Vierge, fête alors méconnue d'un certain nombre de pays de l'Église occidentale. C'est dans ce contexte de piété mariale que se sont passées l'enfance, l'adolescence et la jeunesse de Jean DUNS SCOT.

Bien évidemment, DUNS SCOT n'a pas été le premier, ni le seul, à réfléchir sur la conception immaculée de la Vierge. Il y a d'un côté les opposants à l'idée même de la Conception Immaculée, et qui s'en tiennent à l'opinion de ce temps, opinion soit-disant augustinienne, qui voit dans toute conception le fruit de la concupiscence .
Ceux qui plaident pour la conception Immaculée de Marie sont plus rares. Il y a notamment ABELARD, qui s'appuie précisément sur saint Augustin qui avait précisé : " Quand il s'agit du péché, je ne veux pas qu'il soit question de la Vierge Marie : et cela pour l'honneur du Seigneur ". Mais personne ne parvient à résoudre la difficulté de concilier, d'une part la pensée attribuée à Saint Augustin sur le péché originel transmis par la génération à tous les descendants d'Adam et, d'autre part, la pensée d'une conception toute spéciale pour la Vierge qui échappait à la règle absolue de la transmission de la faute originelle à tous les descendants. Pour faire simple (très simple), et pour faire cours (très cours), nous pourrions résumer la pensée de l'époque du côté des supporters de la conception immaculée, par cet argument qu'on attribuera plus tard à DUNS SCOT : " Dieu pouvait, il convenait, il l'a fait ".

De tout ce qui précède, nous voyons bien que dans le contexte religieux de l'Écosse d'alors, on peut dire que DUNS SCOT était prédisposé à admettre la Conception sainte, sinon immaculée de la Vierge. L'épitaphe de son tombeau prend désormais son sens plénier. Il n'est pas dit en effet : " l'Écosse m'a vu naître ", mais " l'Écosse m'a engendré " (SCOTIA ME GENUIT), autrement dit, l'Écosse l'a enfanté à concevoir la pensée de la Vierge Immaculée.

ANGLIA ME SUSCEPIT - L'Angleterre m'a reçu
Ordonné en 1291 à Northampton en Ecosse, il part aussitôt à Paris, en vue de l'obtention de la Maîtrise de théologie, qu'il obtient cinq ans après. Or, tandis que SCOT est en France, s'accentue l'interminable lutte qui empoisonne tout le Moyen ge depuis environ 2 siècles (depuis Canossa, 25 janvier 1077) : celle entre la Papauté et le pouvoir temporel. Souvenons-nous.
Philippe le Bel, précurseur du socialisme à la Française, c'est-à-dire ce système politique qui consiste à tout dépenser sans compter et à se poser la question, seulement ensuite, de savoir comment faire payer la note (aux autres), prélève des impôts sur le clergé.
C'est qu'à ce moment, il a besoin d'argent pour guerroyer contre l'Angleterre. Le clergé riposte en appelant le pape Boniface VIII à la rescousse. Celui-ci, canoniste émérite, interdit aux princes d'exiger des impôts sur l'Eglise. Philippe le Bel répond que c'est une honte pour le vicaire du Christ de défendre de " payer le tribut à César ". Après une courte accalmie, au cours de laquelle Boniface VIII canonise l'aïeul de Philippe le Bel, le roi saint Louis (11 avril 1297), la lutte reprend sans tarder entre Philippe le Bel et Boniface VIII, tous deux demeurant intransigeants.
C'est dans ce climat politique malsain que les supérieurs de DUNS SCOT envoient alors celui-ci à Cambridge, puis à Oxford, pour enseigner les étudiants jusqu'en 1301. C'est au cours de cette époque que se forme sa pensée personnelle dans la question de la Vierge Immaculée. Il va alors prendre parti face à des contemporains immédiats (saint Bonaventure notamment), moins pour les contredire que pour trouver, chez les opposants, des convergences avec sa pensée.
Ce n'est pas la seule fois où il sera reçu en Angleterre. Il sera contraint d'y retourner très rapidement, non sans avoir enseigné à Paris. Nous y reviendrons donc tout à l'heure.

GALLIA ME DOCUIT - La France m'a enseigné
En 1302, DUNS SCOT revient à Paris sur la recommandation du Ministre Provincial d'Angleterre. Il y retourne pour compléter le cycle réglementaire (9 ans au minimum) nécessaire à l'obtention du titre de " Docteur " d'université. Mais sur place, Philippe le Bel n'a pas désarmé de voir le clergé payer le tribut à " l'empereur ". En 1303, Philippe le Bel fait signer, tenez-vous bien, une pétition convoquant un concile contre le Pape Boniface VIII. DUNS SCOT ayant refusé de signer la pétition, il doit s'exiler, dans les deux jours, et retourne à OXFORD. C'est de nouveau ANGLIA ME SUSCEPIT. Comme vous le voyez, dans la France de l'époque, on ne plaisante pas avec les opposants.
Après le décès de Boniface VIII, DUNS SCOT est rappelé à Paris (à la fin de l'année 1304). En 1305, il est reçu comme Docteur à Paris. En 1306, il enseigne (alors que l'épitaphe dit le contraire : la France m'enseigna), mais en plus il est " Maître Régent " de 4 facultés à l'université (aujourd'hui " Doyen " d'université). Il a 40 ans. En 1307, il est invité à défendre la thèse sur l'Immaculée Conception devant toute l'université de Paris. Cette thèse, la voici :
Tout part de la très haute idée que DUNS SCOT se fait du Christ, et notamment à partir de celui qu'il appelle " notre philosophe ", l'Apôtre Saint Paul, dont il cite ce passage de l'épître aux Colossiens qui traite de la primauté du Christ : " Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature, car c'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose et tout subsiste en lui . Et il est aussi la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Eglise : il est le Principe, Premier-Né d'entre les morts (il fallait qu'il obtînt en tout la primauté), car Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. " DUNS SCOT précisera : " Quand il s'agit de l'âme du Christ, je veux plutôt excéder dans la louange que dans la réticence ".
Acceptons le dépaysement scotiste qui nous donne un regard neuf sur la Révélation au sujet de la Médiation du Christ et de la préservation originelle de la Vierge.

La Médiation parfaite du Christ
Le médiateur le plus parfait exerce l'acte le plus parfait possible de médiation envers la personne qu'il veut faire bénéficier de son acte. L'Homme Jésus-Christ, étant l'Unique Médiateur le plus parfait entre Dieu et les hommes (comme le dit saint Paul), a donc exercé l'acte de médiation le plus parfait envers cette personne dont il est le médiateur. Mais celui-ci n'eut aucun acte de médiation plus parfait qu'envers MARIE. Et l'acte le plus parfait fut, non pas de libérer du mal, mais de préserver du mal. Donc le Christ a mérité de préserver MARIE du péché originel. SCOT explique en effet que c'est un bienfait plus grand de préserver quelqu'un du mal que de permettre qu'il tombe dans le péché pour l'en libérer ensuite.
Mais, plus encore, cette Préservation augmente la gloire du Christ Médiateur et Sauveur : MARIE, dit SCOT, eut de fait un plus grand besoin du Christ rédempteur que nous. Car elle aurait contracté le péché originel en raison de la propagation commune, si elle n'avait été préservée par la grâce du Médiateur. Et si tous les autres ont besoin du Christ pour que leur soit remis leur péché déjà contracté, MARIE eut encore plus besoin du Médiateur pour l'empêcher de contracter le péché. D'une certaine façon, le Christ ne serait pas le Rédempteur le plus parfait s'il n'avait pas mérité que MARIE fût préservée du péché originel.
D'une certaine manière, MARIE est nécessaire, pour que le Christ exerce une fois une médiation parfaite. Sinon, le péché serait plus fort que le Christ, si MARIE n'était pas immaculée.

La Préservation originelle de la Vierge
La première argumentation essentielle est donc fondée sur la Médiation du Christ. Mais SCOT doit répondre à une objection tirée de la condition de la Vierge. MARIE, lui dit-on, a été conçue de la même manière que tous les autres humains, en vertu d'une génération soumise à la loi de la concupiscence. Sa chair a donc été infectée ; et l'âme s'unissant à la chair a donc contracté la souillure originelle. De fait, MARIE n'a pas été exempte des peines communes à notre nature : la faim, la soif, la fatigue, la souffrance, la mort. Ces peines sont les conséquences du péché originel qu'elle a contracté en naissant. Mais voici la réponse de SCOT : Ces peines n'ont pas un lien nécessaire avec le péché originel. Jésus lui-même les a acceptées. Jésus pouvait exercer son influence de médiateur en préservant MARIE du péché originel, mais en lui laissant les peines qu'elle assumait librement (comme Corédemptrice). Ainsi, l'âme de Marie étant préservée du péché originel par l'infusion immédiate de la grâce (" gratia Plena "), toute la personne de Marie est conçue sans péché.

Conclusion de SCOT
" Si cela n'est pas opposé à l'autorité de l'Eglise ou à l'autorité de l'Ecriture Sainte, il semble probable qu'il faille attribuer à Marie ce qu'il y a de plus excellent, c'est-à-dire l'Immaculée Conception. "
Nous voyons par là que, dans la pensée de DUNS SCOT, il y a deux affirmations conjointes, en quoi il est bien fils de François d'Assise. D'une part, il affirme toujours que l'Immaculée Conception a sa préférence : le Christ ne serait pas le Médiateur le plus parfait s'il n'avait pas mérité que Marie fût préservée du péché originel. Jamais il ne le reniera, et cela au péril de sa vie. Non moins grave d'autre part, mais combien riche de sens à cette époque était sa réserve : n'affirmer l'Immaculée Conception que dans la mesure où l'autorité de l'Eglise la reconnaît. Il n'y a pour SCOT que l'Eglise à pouvoir affirmer la Vierge Immaculée comme vérité de foi parce que l'Eglise et MARIE, pour lui comme pour François, sont un seul et même mystère, la Vierge-Eglise.

Cette reconnaissance de l'Eglise se fera par la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 par le Pape Pie IX : " La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel. "
Nous sommes donc en 1307. Philippe le Bel, aidé de ses légistes, ordonne d'arrêter les templiers dans toute la France. Mais les templiers ne sont pas la seule cible de Philippe le Bel. Boniface VIII étant mort, Guillaume de Nogaret va faire organiser un concile, avec l'accord de l'université, contre le pape Boniface VIII. Guillaume de Nogaret veut faire condamner le Pape défunt comme hérétique, quitte à faire brûler son effigie sur un bûcher. Cette condamnation, bien évidemment, rendrait caduque la décision officielle qu'il avait prise de ne pas voir taxer le clergé par " César ", car l'une des motivations (sinon la motivation) de tout cela, est bien une sordide histoire d'argent. Philippe le Bel veut et obtient l'appui du clergé Français et de l'université, à l'exception de 27 maîtres qui refusent de signer l'appel, dont DUNS SCOT et GONZAGE de BABOA, franciscain lui aussi et futur ministre général.

Le régent d'université DUNS SCOT ayant été l'un des rares à ne pas signer, et même à s'opposer, à ce procès posthume, risque gros par les temps qui courent. Il risque même sa vie si l'on relate les propos tenus par l'un des maîtres séculiers de l'université de Paris (lesquels maîtres étaient tous à la solde de Nogaret), un certain Jean de Pouilly. Alors que nous ne sommes qu'au début du procès des templiers, Jean de Pouilly veut voir condamner DUNS SCOT comme hérétique.
Voici le motif qu'il invoque : " Quelques-uns soutiennent que Marie n'a pas encouru le péché originel, à savoir Jean DUNS SCOT. Or la Vierge procède d'Adam par voie de génération, donc elle a hérité de la faute. Jusqu'ici, aucun docteur dont les écrits ont été publiés dans l'Université de Paris n'a osé affirmer le contraire. L'opinion (de DUNS SCOT) étant opposée à la Sainte Ecriture, il faut la considérer comme hérétique. Qui oserait être d'une telle audace et présomption pour prétendre le contraire des témoignages fondés pour l'éternité ? Personne ! Et si quelqu'un y prétendait, il faudrait agir contre celui-là, non pas avec des arguments, mais d'une autre manière. "

La menace qui tombait sur DUNS SCOT était donc très précise. Nous comprenons mieux, maintenant, le troisième morceau de l'épitaphe. DUNS SCOT ne dit pas : " j'ai enseigné en France ", mais " la France m'apprit ", à mes dépens, de me méfier de l'absolutisme royal du moment.

COLONIA ME TENET - Cologne me tient

A la fin de l'année universitaire 1307, le ministre général envoie, pour des raisons de sécurité, le frère DUNS SCOT à Cologne. Mais pourquoi Cologne, qui ne possédait pas alors d'université, mais seulement des écoles ? C'est qu'à ce moment, les bourgeois de la ville s'étaient libérés de l'autorité du Prince-Evêque électeur. Cologne était devenue une ville libre, affranchie du Saint Empire germanique.
Il est remarquable que l'épitaphe de la tombe, pour signifier le parcours de la vie de DUNS SCOT, donne 3 noms de pays (l'Écosse, l'Angleterre et la France), mais termine par un nom de ville (Cologne), et nullement par le Saint Empire Germanique, comme on s'y attendrait.
DUNS SCOT est désormais à l'abri dans cette ville libre.
C'est pourquoi l'épitaphe emploie, non pas le passé comme pour les autres pays, mais le présent " Cologne me tient ", car il y est définitivement à l'abri. Il continuera d'y défendre sa thèse et d'y défendre l'autorité de l'Eglise, jusqu'à sa mort, qui interviendra très rapidement : le 8 novembre 1308, à l'âge de 42 ans.

Notre souverain pontife, Jean-Paul II, est venu plusieurs fois en pèlerinage à son tombeau à Cologne, en particulier pour la béatification d'Edith STEIN. Il tenait à honorer expressément " le penseur tout à la fois de la Vierge Immaculée et de l'autorité de l'Eglise. "

Eric LAUNAY O.F.S.

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