retour
à la documentation
------------------------------------------------------------
Serviam remercie vivement l'Ecole d'Evangélisation
JEUNESSE LUMIERE, Pratlong, 81330 - VABRE, de son aimable accord
de reproduction
------------------------------------------------------------
Blessé par Amour : Padre Pio
Au nom de l'Église, le
2 mai 1999, Jean-Paul II a prononcé la béatification
d'un religieux italien de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins
: Padre Pio.
Il s'agit du premier prêtre stigmatisé de l'histoire.
Mystique catholique du XX° siècle initiateur d'un vaste
réseau de prière mondial, il est aussi le fondateur
d'une uvre hospitalière sans précédent au
service des souffrants. Tel fut l'humble capucin qui a ramené
vers Dieu une foule immense d'hommes en recherche de raisons d'aimer,
de vivre et de croire.
Sud de l'Italie dans ce qui ressemble
à l'"éperon de la botte" : San Giovanni
Rotondo, près de Foggia.
Nous sommes dans
ce que l'on appelle le "grenier de l'Italie ", de longues
plaines couvertes de cultures. Avant de monter dans le bourg,
nous traversons une vaste "mer d'oliviers". C'est un
village à flan de montagne, dont on peut dire que toute
la vie sociale et économique actuelle dépend de
la vie d'un capucin mystique.
La plupart des personnes
travaillent dans les oeuvres fondées par le padre Pio,
principalement un grand hôpital "La Maison du Soulagement
de la Souffrance". Actuellement, ont lieu les travaux d'édification
d'une troisième église afin d'accueillir la foule
des pèlerins qui ne fait que s'accroître dans ce
lieu-culte : aujourd'hui 7000000 personnes par an. On dirait que
le petit capucin qui a habité dans le couvent y demeure
toujours et continue d'y dispenser une douceur, une paix, une
ambiance de prière et de sérénité
qui attire une foule de plus en plus grande.
Francesco Forgione, né à Pietrelcina,
province du Bénévent, le 25 mai 1887. Quatrième
enfant de Giuseppa et Grazio , qui devra s'expatrier deux fois
en Amérique pour faire vivre sa famille très pauvre.
L'enfant est timide, souffreteux, silencieux, peu joueur, mais
ni triste, ni maussade ayant toujours une bonne parole pour ses
compagnons. Parlant de lui, le Padre Pio dira : " De toute
ma vie, je n'ai jamais joué j'étais un macaroni
sans sel ! ". Solitaire, il va garder les brebis pour
aider son père et gardant le troupeau, prie. Pour un enfant
d'à peine sept ans, il porte déjà toute la
force d'un "appel" irrévocable.
À
15 ans, il entre au séminaire de Mortone en 1903. Il y
reçoit l'habit de novice et un an plus tard devient Frère
Pio da Pietrelcina. En 1907, Il prononce ses voeux perpétuels
et poursuit ses études en vue de la prêtrise. Après
avoir étudié à S. Elia a Pianisi, Venafro
et à Montefusco, à cause de son état de santé
précaire il est envoyé en 1908 à Pietrelcina
où il demeurera jusqu'en 1916. Il y aide le curé
dans l'espoir que l'air de son pays puisse l'améliorer.
Le 10 août 1910, il est ordonné prêtre
à la cathédrale de Bénévent. En 1916,
il va à Foggia pour aider, avec sa direction spirituelle,
Raffalina Cerase une malade, une de ses filles spirituelles qui
avait dit de lui : " Faites-le rentrer (au couvent) et
faites-le confesser car il fera beaucoup de bien ". Le
climat de Foggia est malsain pour le frère de Pieltrelcina.
Avec l'autorisation de ses supérieurs, il va à San
Giovanni Rotondo, dit alors Couvent de la désolation, où
l'air salubre du pays situé aux pieds du Gargano peut l'aider.
Dans ce lieu pauvre et isolé va s'accomplir jusqu'au jour
de sa naissance à la vie céleste le 23 septembre
1968, une uvre magnifique de sauvetage d'âmes en détresse.
Prêtre pour faire aimer
Dieu
En marchant dans ce qui
était l'humble couvent et cellule du Père Pio, l'on
respire une présence spirituelle très forte. Le
Musée qui retrace la vie du Bienheureux montre clairement
ses trois amours : l'Eglise ; l'Eucharistie ; la Vierge Marie.
Il conseillait la confession fréquente, la méditation,
la lecture de l'Ecriture Sainte et des livres religieux, le Rosaire,
l'Adoration du Saint Sacrement.
Lorsqu'il célébrait
la Messe une foule énorme ne redoutait pas de camper près
du couvent la nuit pour y assister dès avant l'aube. Voici
ce qu'en dit un fidèle, extrait du livre "Le Vrai
Visage du Padre Pio" : " je défie les personnes
qui ont été à San Giovanni Rotondo d'assister
dorénavant à la messe en simples spectateurs ! "On
dirait que mes yeux se sont dessillés, -m'a dit quelqu'un,
- je découvre dans la messe ce que je ne soupçonnais
même pas ! ". Je comprends soudain que par la messe
nous accédons à l'éternel. Le mystère
de la Croix échappe au temps-durée dans la mesure
exacte où cet Homme supplicié est Dieu. D'une façon
ineffable et absolument inaccessible aux prises de notre intelligence,
le Calvaire est présent dans chaque messe et nous sommes
présents au Calvaire.. Chaque messe n'invite-t-elle pas
ses membres à fournir leur part de Passion rédemptrice,
puisque c'est Lui-même qui vit, souffre, meurt dans son
Corps ? Ne sommes-nous pas tous des ouvriers de la Rédemption
? Et la messe n'est-elle pas, pour chacun de nous, un lieu de
transsubstantiation où nos pauvres souffrances, assumées
par le Christ, acquièrent un prix d'éternité
? Mais si tel est le rôle du simple chrétien, combien
davantage du prêtre ? Hostie par vocation, médiateur
entre Dieu et son peuple ? ".
Si
l'autel fut son lieu de prédilection, Padre Pio accomplit
un grand ministère de don de la miséricorde de Dieu
à travers le Sacrement de Réconciliation. Quand
sa santé le lui permettait, il lui arrivait de passer jusqu'à
15 heures par jour à recevoir les pénitents. Ainsi
se répandit la réputation de ce confesseur et un
nombre croissant de pénitents prit le chemin de San Giovanni
pour demander conseil et recevoir le pardon du Seigneur. À
un visiteur qui lui dit : " Père, je ne crois pas
en Dieu ! " il répondit un jour : " Oui, mais
Dieu, lui, il croit en toi ". À quelqu'un qui le remerciait
pour une faveur obtenue du Ciel : "Mon fils, que puis-je
faire, moi ? Tout vient de Dieu. Je suis riche d'une seule chose
: d'une misère infinie".
Comme
l'écrit le Père Alessandro da Ripabottoni sur Padre
Pio la grâce fut vraiment une "pluie torrentielle"
dont les signes extérieurs abondèrent en plusieurs
phénomènes mystiques extraordinaires :
- les extases et les apparitions : elles furent fréquentes
dès l'âge de 5 ans. Toutes les étapes de son
engagement religieux ont été confirmées par
de tels signes. Il pensait que c'était "des choses
ordinaires à toutes les âmes".
- La connaissance des coeurs. C'est à travers le sacrement
de la réconciliation que Padre Pio exerçait principalement
ce don.
- le don des langues : il comprenait les langues étrangères
sans aucun exercice, ni études préalables.
- La bilocation, de nombreux témoins attestent avoir été
sauvé de la mort, notamment pendant la guerre 14/18 sur
les champs de bataille, alors que le Père Pio n'a jamais
quitté les couvents.
- Le don des parfums qu'il exhalait.
- Enfin, et cela mériterait un livre à lui seul
-certains l'on fait - : pendant cinquante ans, il a reçu
dans sa chair les cinq plaies du Christ Crucifié, en souffrait
quotidiennement surtout à partir du jeudi.
Signalons aussi les attaques du diable que subit un
prêtre tel que Padre Pio, destiné par le Seigneur
à opérer un bien immense pour la Gloire de Dieu
et le salut des âmes.
Le capucin le surnommait
"Barbablu" (Barbe-bleue). Il dut l'affronter
dès ses premiers pas sur le chemin de la sainteté
et soutenir contre lui un combat continuel. C'est au prix d'énormes
sacrifices qu'il mena cette lutte et dut en supporter les conséquences
physiques mais il fut toujours vainqueur. Pendant ses apparitions,
le démon se montrait toujours sous des formes obscènes,
inhumaines, bestiales. Parfois, il prenait des aspects angéliques,
ou bien ceux de saint François, de la Vierge, du Christ.
Face à celles-ci le religieux ressentait une
forte nausée. Un jour, Padre Pio, malade et alité,
voit s'ouvrir la porte de sa chambre et entrer le Père
Agostino son confesseur. Le capucin en le dévisageant attentivement
voit bien qu'il ressemble à Padre Agostino, mais n'est
pas convaincu d'autant qu'il note sur ce visage quelque chose
d'étrange qui l'inquiète. Alors, pour vérifier
si c'est vraiment lui, il commande : " Dis : Vive Jésus
! " À ce moment, le faux Padre Agostino hurle : "
Non ! " et il disparaît immédiatement. Les nuits
qui précédaient la libération d'une personne
possédée, ou la conversion d'un grand pécheur
étaient particulièrement douloureuses et exténuantes.
Prêtre blessé
par amour
Les stigmates sont les
blessures, analogues à celles du Christ en croix, apparues
spontanément sur le corps d'un simple mortel.
Saint
François d'Assise fut le premier stigmatisé de l'histoire.
Après lui, on en compte 330, dont 93 au XX° siècle
; 60 sont canonisés, et jamais pour cette raison.
On
constate qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes, des religieuses
et quelques femmes mariées, mères de famille. La
grâce de cette " blessure d'amour " se fait d'abord
à l'âme, suivie d'une immédiate et douloureuse
transposition dans la chair. Le stigmatisé dans ce summum
d'amour et de douleur peut expérimenter la joie parfaite
(François d'Assise ; Catherine de Sienne). Les stigmates
sont alors le signe de la transformation de l'âme dans l'amour
divin. Ils ne sont jamais un épiphénomène
sensationnel avec exhibition théâtrale. Les stigmatisés
sont les témoins vivants du Rédempteur. Ils rappellent
que "Jésus Christ est en agonie jusqu'à
la fin du monde.."
Dans
la nuit du 5 au 6 août 1918 un personnage mystérieux
armé d'une épée luminescente apparaît
à Padre Pio de Pietrelcina. Dans moins de deux mois, les
stigmates seront visibles. Ce sera le même personnage qui
imprimera les stigmates sur le corps du P. Pio le vendredi 20/09/18
alors qu'il priait intensément dans le choeur de l'église.
Voici comment le capucin relate l'événement à
son père spirituel: "C'était le matin du
20 du mois dernier. J'étais dans le chur, après
la célébration de la sainte Messe, quand je fus
surpris par un repos semblable à un doux sommeil. Tous
mes sens internes et externes, et même les facultés
de mon âme se trouvaient dans une quiétude indescriptible
Et pendant que tous ceci s'accomplissait, je vis devant moi un
Personnage mystérieux, semblable à celui que j'ai
vu le 5 août au soir. La seule différence, c'est
que ses mains, ses pieds et son côté ruisselaient
de sang. Sa vue était terrifiante.
Ce que j'ai ressenti à ce moment, je ne saurais le dire.
Je me sentais mourir et je serai mort si le Seigneur n'était
pas intervenu pour soutenir mon cur qui sautait dans ma poitrine.
La vision du Personnage disparut et je m'aperçus que mes
mains, mes pieds et mon côté étaient percés
et ruisselaient de sang ! Imaginez le supplice que j'ai alors
éprouvé et que je continue d'éprouver presque
chaque jour. De la blessure du coeur coule continuellement du
sang, surtout du vendredi soir jusqu'au samedi".
Il ne parlera de ces signes qu'au bout d'un mois à
son supérieur le Père Paolino. Fin mai la nouvelle
est révélée dans un journal et se répand
très vite. Les autorités ecclésiastiques
devant l'attrait des foules et de plusieurs charismes : guérisons,
bilocations, conversions, envoient des enquêteurs. Ils concluent
qu'ils ne constatent pas le caractère surnaturel aux faits
attribués au Padre Pio. 1923 : un décret du Saint
Office l'assigne à l'isolement dans le couvent. Le pape
Benoît XV le défend, mais meurt subitement. Le Saint
Office commande alors son transfert immédiat loin de San
Giovanni ; le peuple fait le siège du couvent, il n'aura
jamais lieu. 1931 : on le prive de tout ministère, excepté
la Messe qu'il peut célébrer seul dans un oratoire
intérieur. Ces dix années de "quarantaine"
sont principalement dûes à des accusations calomnieuses
lancées contre lui par des ecclésiastiques. 1933,
il est enfin réintégré grâce à
des rapports médicaux du Docteur Giorgio Festa qui concluent
que les "plaies" du père sont d'authentiques
faits inexpliqués par la science.
Prêtre pour soulager
la souffrance humaine
L'Evangile de Jésus
nous dit que celui qui pense aimer Dieu et qui néglige
son prochain n'aime pas vraiment Dieu.
Padre Pio
porte en lui depuis un soir du 9 janvier 1940 le projet d'une
oeuvre gigantesque destinée à soulager les maux
d'une humanité souffrante, non seulement ceux de son âme
mais également ceux de son corps. Elle est destinée
aussi à mettre en oeuvre la recherche scientifique dans
des buts spécifiquement humanitaires, au bénéfice
des pauvres qui, en général, en sont privés.
Ayant fait voeux de pauvreté et n'ayant rien
en propre, le capucin va recevoir les sommes nécessaires
du monde entier pour réaliser ce beau projet.
Le
5 mai 1956, c'est l'inauguration de l'hôpital " La
Maison du Soulagement de la Souffrance " appelée aussi
" Maison de la Souffrance Transfigurée ". De
300 lits, la capacité d'accueil en lits passe à
600 lits en 1966, elle est actuellement de 1200 lits. Les malades
peuvent y trouver, non seulement le réconfort de la science,
mais également celui de la prière, concrétisé
par les Groupes de prière du Padre Pio. En 1991,
une maison de retraite pour personnes âgées est inaugurée.
Dans ce complexe, on trouve tous les secteurs de la médecine,
de la pédiatrie à la gérontologie, de la
chirurgie à la neurologie, de la pharmacie aux laboratoires
de recherche.
L'oeuvre du "Padre Pio",
c'est également un sanctuaire où sont célébrées
chaque jour plusieurs messes, une maison d'accueil, un cénacle
pour retraitants, un pèlerinage, une revue. Tout un réseau
agricole permet d'approvisionner l'uvre en viande, légumes
et fruits, fromages, lait, huile et d'assurer ainsi la nourriture
quotidienne.
C'est aussi l'époque où
le Padre Pio va traverser une seconde vague de persécution
(1956-1962) qui va toucher son oeuvre hospitalière et les
"Groupes de Prière". Des religieux sans
scrupule iront jusqu'à placer des micros dans le confessionnal
du capucin pour enregistrer ses confessions sacramentelles. Il
y faudra le sens de la justice du Pape Paul VI pour sortir le
père Pio de ce long tunnel d'isolement qui, pendant près
de dix ans, le tiendra à nouveau éloigné
de ces enfants spirituels. S'adressant aux Supérieurs de
l'Ordre des Capucins, Paul VI dit du Padre Pio : " Voyez
la célébrité qu'il a eue, la clientèle
mondiale qu'il a rassemblée autour de lui ! Mais pourquoi
? Parce qu'il était un philosophe ? Parce qu'il était
un savant ? Parce qu'il avait de grands moyens à sa disposition
? Non. C'est parce qu'il disait sa messe humblement, qu'il confessait
du matin au soir et était marqué dans sa chair par
les stigmates de notre Seigneur. C'était un homme de prière
et de souffrance. " (20-02-1971)
Padre Pio qui fut le guide spirituel de nombreuses personnes leur
recommandait de prier sans cesse. C'était la base de son
enseignement. Peu à peu les gens formés par lui
ressentirent le besoin de se réunir pour prier ensemble.
Ces groupes sont nés dans la "Maison du Soulagement
de la Souffrance" alors qu'elle était encore en
construction.
Le Père leur donna des critères
bien précis et les groupes devaient s'y conformer s'ils
voulaient se nommer Groupes de Prière. Ils doivent
prier dans une église ou une chapelle, guidés par
un prêtre approuvé par son Évêque. Deux
points forts animent l'esprit de ces règles : prier avec
l'Église, pour l'Église, dans l'Église avec
la participation à la vie liturgique et sacramentelle vécue
comme le sommet de la communion intime avec Dieu et pratiquer
une charité active pour le soulagement des souffrances,
comme réalisation pratique de la charité envers
Dieu. Actuellement, ils ont au nombre de 2187, dont 1807 en Italie,
65 aux USA et 56 en France.
Prêtre glorifié
pour l'éternité
22 septembre 1968, le
premier prêtre stigmatisé célèbre sa
dernière Messe au cours de laquelle on put constater le
commencement de la disparition des stigmates.
C'est
le grand miracle final pour le Frère stigmatisé
du Gargano. La mission que le Seigneur lui a confiée pendant
cinquante longue années s'achève. En réalité,
il est en train de mourir, il prend congé du monde. Jésus
l'a privilégié avec les signes de sa Passion, il
le rappelle à Lui et Il reprend ses douloureux dons célestes,
laissant à l'homme seulement les chairs intactes de l'existence
humaine ordinaire. Vers deux heures du matin dans la nuit du 22
au 23, il se blottit avec sérénité et foi
dans les bras du Père. Jusqu'au 26 à midi la foule
vint rendre un dernier salut à la dépouille vénérée
du défunt. Vers 15h30 une foule de plus de 100000 personnes
se dirige de l'église vers le village et se déroule
à travers les rues principales : ce n'était pas
l'enterrement, c'était le triomphe du Padre Pio. Dans le
monde beaucoup reprennent confiance grâce à ces paroles
: " Je pourrai beaucoup plus pour vous au Ciel que sur
la terre ".
Telle fut
la vie de ce mystique, prêtre stigmatisé et prophète,
qui fut persécuté comme le Fils de Dieu le fut.
Mais par-delà les calomnies, il est réconfortant
de constater que l'Eglise reconnaît et proclame au monde
ce que Dieu a fait par l'humble capucin. L'Abbé René
Laurentin (3) remarque : " Cela est signe d'espérance
pour d'autres mystiques, d'autres prophètes qui aujourd'hui
souffrent encore d'un jugement prudemment réducteur qui
les voue à la diffamation en les réduisant au slogan
facile qui a discrédité la Padre Pio en 1923 "Rien
de surnaturel". Cette formule conventionnelle signifie seulement
: le surnaturel n'est pas prouvé pour les enquêteurs,
qui d'ailleurs ne produisent ni les faits ni leurs raisons. Mais
pour la presse et le public, ce verdict négatif est compris
comme une disqualification voire une condamnation "..
Avril 1947, Karol Wotjila, jeune prêtre
polonais visite Padre Pio. Il s'était confessé à
lui et avait participé à sa Messe. Devenu Cardinal
Archevêque de Cracovie, il revint le 1° novembre 1974,
célébrer la Messe dans la crypte devant le tombeau
du Padre Pio. Nommé Pape sous le nom de Jean-Paul II, il
se rendit à nouveau à San Giovanni Rotondo le 22
mai 1987 et déclare : " Dieu a versé dans
cette âme la grâce d'une profonde compassion des pauvres,
de ceux qui souffrent, de ceux qui sont dans le besoin Il nous
invite tous, surtout nous les prêtres à l'aider dans
cette mission de charité ".
Padre Livio est l'actuel gardien du Couvent de San Giovanni Rotondo,
selon lui : " Beaucoup sont restés en dehors du
vrai message et n'ont pas compris l'amour qui brûlait son
coeur. L'amour n'est jamais banal. Que le Seigneur nous ait aimés
jusqu'à donner sa vie, qu'il nous ait associés à
la rédemption de l'humanité, cela reste une bonne
nouvelle toujours actuelle. Nous connaîtrions mieux ce que
signifie l'offrande de soi si nous comprenions jusqu'où
va l'amour. Aimer passionnément les hommes, désirer
leur salut, suppose le don de soi. Quant à la souffrance,
l'humanité en est marquée de mille manières.
Ici, nous rencontrons des gens qui souffrent physiquement, moralement,
spirituellement. Ils reconnaissent en Padre Pio un ami, quelqu'un
qui peut les comprendre. Dans sa vie, il a connu la souffrance,
il a partagé les douleurs des autres. Cela explique sa
popularité universelle et le nombre sans cesse croissant
des pèlerins. Ils viennent se décharger de leurs
épreuves, alléger leur croix. Padre Pio n'a pas
chercher la souffrance, il ne l'a pas fuie non plus, il en fait
une offrande. C'est son exemple et son message. "
Une affluence en constante
progression
Le nombre de pèlerins
à San Giovanni Rotondo ne cesse d'augmenter d'année
en année : 5 millions en 1994 ; cinq millions et demi en
1995 ; 6 millions en 1996 et 7 millions en 1997. Pour le Jubilé
de l'an 2000, ce ne sont pas moins de 10 millions qui ont été
attendus. Pour faire face à cet afflux croissant, un nouveau
sanctuaire est en construction. Edifice moderne, conçu
par l'architecte Renzo Piano, il pourra accueillir 7000 personnes
à l'intérieur et 30000 pèlerins sur le parvis.
La façade de l'édifice sera en verre, paroi qui
ne séparera pas mais connectera l'extérieur avec
l'intérieur. Ainsi les fidèles se trouvant sur le
parvis pourront suivre ce qui se passera à l'autel. En
sous-sol, il y aura une crypte pouvant abriter 800 personnes,
crypte dans laquelle sera transféré le tombeau de
P. Pio. Y seront en outre aménagées trois grandes
salles de conférences de 1000 places chacune. S'y trouvera
également la vaste pénitencerie, c'est à
dire l'espace réservé aux confessionnaux dont le
nombre (soixante-dix) est bibliquement symbolique.
San Giovanni n'était qu'un pauvre petit village de campagne
en 1918, c'est aujourd'hui une ville de 26000 habitants, avec
une dizaine de banques, une vingtaine d'hôtels et près
d'une centaines de restaurants et bars, sans compter les commerces
d'objets de piét et de souvenirs. En 1998, les hôtels
ont enregistré plus de 200000 nuitées. En vue de
l'an 2000, l'autorité communale espère faire passer
le nombre de lits disponibles de 2000 à 6000. Dans une
région aussi pauvre et ravagée par un chômage
chronique que celle des Pouilles, le boom économique de
San Giovanni Rotondo est particulièrement bienvenu.
Par cette béatification,
l'Eglise nous montre que la sainteté contient l'énergie
du renouveau, toujours nécessaire pour chacun et l'ensemble
des croyants. Padre Pio disait : " Il est difficile de
devenir un saint, mais non pas impossible ". L'Eucharistie,
le Pardon, la Parole, la prière, la méditation l'attachement
filial à la Vierge Marie, sont les moyens qu'il a mis sans
cesse en pratique pour avancer sur la route de la sainteté.
Le 2 mai 1999, l'Eglise catholique a proclamé dans la joie,
la sainteté de cet enfant de Dieu. L'évènement
précède la grande Fête du Jubilé de
l'an 2000 - actualisant pour le passage d'un millénaire
à l'autre la présence du Christ ressuscité
- une fête où le vénérable Padre Pio
de Pietrelcina se réjouira avec toute l'Eglise, de l'événement
qui a définitivement changé le but ultime de l'histoire
de l'humanité.
Jean-Louis Bru, Permanent de l'Ecole d'Evangélisation JEUNESSE
LUMIERE
Bibliographie :
- "Padre Pio, transparent de Dieu", Jean Derobert. Editions
Hovine
- "Fioretti de Padre Pio", Pascal Cataneo. Editions
Médispaul.
- "Padre Pio, une pensée par jour ", Médiaspaul.
- Revue "La Voix de Padre Pio", éditée
par le Couvent des Pères Capucins " Santa Maria delle
Grazie" 71013San Giovanni Rotondo (FG) Italie.
- Padre Pio, immage vivante de Jésus, Jean Barbier. Editions
du Parvis.
- Album Padre Moi, texte de D. Alimenti. Editions du Parvis.
Vidéothèque :
- Un film documentaire en couleur du Prof. Hans Buschor. Medienstelle,
St. Michael CH 9056 Gais
-------------------------------------------------------
" Ô Mère, mets en moi cet amour
qui brûlait en ton coeur pour ton Fils. Moi qui suis si
faible, j'admire le mystère de ton Immaculée Conception.
Je le désire ardemment : purifie mon coeur
pour qu'il puisse mieux aimer Dieu ; purifie mon esprit pour qu'il
puisse s'élever à lui et le contempler, l'adorer
et le servir en esprit et en vérité ; purifie mon
corps pour qu'il devienne un tabernacle moins indigne de la recevoir,
lorsqu'il vient à moi dans l'Eucharistie ". (Padre
Pio)