Nous avons coutume de fêter le 22 juillet sainte Marie-Madeleine. Mais qu'a-t-elle à nous dire, à vingt siècles de distance ?
Permettez-moi de souligner l'actualité de son message. Message de compassion, de conversion, d'évangélisation. De compassion, car notre monde est en attente d'un retournement spirituel : il est en attente du Christ. De compassion, car notre monde est blessé. D'évangélisation puisque nous sommes les témoins d'une Parole de vie et de salut qui, ayant saisi nos existences, les mobilise pour la Mission de l'Eglise.
Notre société entretient avec la notion de liberté une relation paradoxale. On exalte l'autonomie et l'indépendance de chacun (à chacun sa religion, sa morale), jusqu'à instaurer un « nouvel ordre libertaire » : on doit pouvoir tout faire sans restriction. Cette liberté-là a un prix : on suspecte toute forme d'autorité !
Le surf, le skate, le roller, le zapping, le nomadisme, la multiplication des morales, sont autant de pratiques sociales ou de techniques qui symbolisent cette volonté de glisser sur le réel, de contourner ses aspérités, d'échapper à toute contrainte. Mais corrélativement, cette liberté est servile, facilement apportée par l'instinct, manipulable à souhait, otage des conformismes et des prêts à penser, parce qu'elle est privée de points de repère, sans carte routière et sans boussole.
Marie-Madeleine a été libérée par le Christ de 7 démons. Le chiffre 7 marque le symbole de la plénitude et de l'emprise du Mal auquel elle était soumise. Le Christ a investi sa liberté et elle s'est attachée à lui. La liberté a été gagnée par un amour qu'elle n'avait jamais connu jusqu'alors. Elle est libre et en même temps fermement attachée à Jésus.
Puisse Marie-Madeleine aider nos contemporains à croire et à vivre cette parole de Jésus : « La Vérité vous rendra libres ! ». La vraie liberté est notre capacité à nous engager à sa suite.
Il y a deux manières d'aller au Christ : une manière masculine, celle de Pierre, faite de détermination, d'engagement volontaire et résolu. Mais nous en découvrons les limites. Au pied de la croix, il ne s'agit plus de faire mais de laisser faire.
La manière féminine de suivre le Christ apparaît plus perspicace, plus disponible, plus en creux, parce que plus intérieure : celle de Marie, la Mère de Jésus, terre d'accueil de la grâce, celle des saintes femmes, celle de Marie-Madeleine enfin. Marie-Madeleine a le visage du désir et Jésus a allumé un feu en son coeur. Elle est la femme du petit matin et du juste pressentiment. L'apôtre des apôtres.
Notre mission : exalter la beauté, la bonté et la vérité du message de Dieu de toute miséricorde que Marie-Madeleine ne cesse de désigner, depuis plus de 2000 ans.
Monseigneur Dominique Rey
Evêque de Fréjus-Toulon
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