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Serviam remercie vivement les moines de l'Abbaye Notre-Dame de Fontgombault
pour leur aimable accord de reproduction de cet édifiant texte du Père Salerno
paru dans l'excellente revue " les serviteurs des Pauvres du Tiers Monde " ( sept 2001)
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  Chemin de Croix durant une mission dans la cordillère des Andes...

Tu as une mission personnelle...

Nous avons reçu, par la miséricorde divine, la mission glorieuse de transmettre la beauté, la vérité, la bonté et l'amour divins.
Le fait que nous ayons été baptisés nous "qualifie" pour être envoyés comme apôtres du Christ. Notre monde continuera de s'éloigner de Dieu, si nous persistons à refuser notre participation personnelle au projet de Dieu pour le monde entier.

Quelle que soit ta condition (père ou mère de famille, étudiant, secrétaire, professeur, retraité, écrivain, chanteur, menuisier, etc...), ta vie entière aura une signification beaucoup plus profonde quand tu comprendras qu'une mission spéciale t'a été confiée. Elle est sous ta responsabilité, d'autant plus que, si tu ne la réalises pas, personne d'autre ne le fera à ta place.
Personne en effet ne peut te remplacer dans ce que tu es, et dans ce que tu fais à cet instant précis. Il en est de même pour ta mission spirituelle, pour toi comme pour les autres.

Donnons aux jeunes le sens de la mission.
Si, dès leur enfance, nous préparions les jeunes de nos familles, paroisses, villes, etc... à avoir le "sens de la mission", beaucoup plus d'adultes se consacreraient à être des instruments de valeur dans les mains de Dieu pour étendre le plus possible le salut apporté par Jésus Christ.
Aujourd'hui nous avons du mal à parler aux enfants d'un idéal de don total, et en premier lieu à Dieu, ce qui ne veut pas toujours dire devenir prêtre ou entrer au couvent. Il existe, de fait, des couples qui travaillent comme missionnaires, accompagnés de leurs enfants, parmi les plus pauvres. Il existe aussi d'autres couples saints qui, là où ils vivent, sont un continuel et splendide témoignage de l'Évangile. Tous, où qu'ils soient, dans la réalité du Corps Mystique du Christ (Ep. 5, 23) aident toute l'Église, l'Église universelle, y compris évidemment les pauvres des pays les plus lointains et des villages les plus abandonnés.
De plus, il faudrait inculquer aux enfants, le plus tôt possible, non seulement des "idées chrétiennes", mais une foi vive, une foi "convaincue", se traduisant en un style de vie fondé sur la fidélité au Dieu Amour, qui nous pousse à rendre témoignage de Lui auprès de ceux qui ne le connaissent pas et ne savent pas à quel point Il est bon. En tout cela, la certitude que Dieu accomplira ses promesses en nous, à cent pour un dans cette vie, et avec la vision béatifique dans l'autre, ne doit pas nous abandonner.
Mais, malheureusement, nous sommes nombreux à n'avoir aucune gêne à apprendre à nos enfants à consommer, dans le style de vie moderne (oublieuse des valeurs chrétiennes et incapable de donner sens à l'existence de l'homme), dans la mentalité du "do ut des" ("je te donne pour que tu me rendes") et du "tu vaux selon ce que tu as ou que tu feins d'avoir", et tous les principes du même style...
Malheureusement, beaucoup ont grandi sans Dieu et sans foi, et ont touché le fond de l'absurde de leur propre existence et de celle des autres.
Beaucoup d'entre eux s'en sortent, grâce à Dieu et seulement grâce à Lui. Mais d'autres non, comme ceux qui n'arrivent jamais à le connaître, ou qui sont scandalisés par notre mauvais exemple. D'une certaine façon, nous sommes responsables de ce qui arrive.
Nous devons nous arrêter un instant, et nous recueillir pour savoir lire les signes des temps, durant ces années que nous avons à vivre, à la lumière de la Parole de Dieu, pour imprégner nos enfants et nos jeunes de la mentalité du Christ.
Aujourd'hui encore les missionnaires nous interpellent par la générosité et la radicalité de leur engagement, par leur travail social et beaucoup d'autres raisons. Mais ce serait une erreur de réduire leur travail à ces seuls aspects, sans aucun doute importants, parce que leur vie n'est pas seulement une assistance ou un simple "travail pour les autres". Leur mission n'a de sens qu'à partir de Dieu et en Dieu. La même chose doit avoir lieu avec ta mission et celle de tous.
Dans le plan divin, c'est de toi que dépendra le degré plus ou moins élevé dont le monde bénéficiera de tes idéaux, de tes prières et de ton action. La meilleure mission est de s'engager dans une conversion continuelle et dans une vie conforme à l'Évangile. Pour être missionnaire, il ne faut pas nécessairement vivre dans un coin perdu de montagne.
Ton importance dans les plans de Dieu.
Être apôtre, même dans un degré moindre, signifie participer à la plus grande vocation sur terre, c'est à dire contribuer à l'uvre rédemptrice du Christ. Mais pourquoi cette mission sublime t'a-t-elle été confiée ? Et, de plus, comment l'accomplir et la promouvoir parmi les autres ?
La "mission", au fond, implique trois éléments : une personne qui envoie, une personne envoyée, et un travail confié. Dans notre cas particulier, Dieu, qui envoie, a dans son intention, pour tout véritable disciple du Christ, (quelle que soit ta profession ou ton travail) une mission personnelle. Et en plus de cela il nous donne toutes les grâces nécessaires pour l'accomplir.
Nous savons, en outre, que notre mission principale, commune à tous et plateforme de toute autre mission spécifique, est de sanctifier nos âmes et toutes les activités de notre vie. Dans cette perspective, nous devons être convaincus que la meilleure aide que nous puissions apporter aux pauvres est notre sanctification, et notre contribution à la leur, avec tout le zèle possible.
Tant que tu t'efforces d'accomplir ta mission, tu auras aussi la satisfaction, malgré les difficultés et les tribulations, de "répandre la bonne odeur" du Christ, sans que t'importe l'apparence chétive et insignifiante du travail à travers lequel tu réalises ta mission.
Ceci, à son tour, se révèle dans l'écoute de Dieu, dans le silence de la prière, dans la tranquillité et la paix d'une vie passée dans la grâce de Dieu.

Ta mission commence au Ciel

La première "mission" proprement dite qui a eu lieu dans l'histoire est l'Incarnation, la mort et la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a ainsi sauvé le monde de la condamnation du péché et de la mort, lui donnant la possibilité concrète de parvenir à la vie éternelle, dans l'intimité de la Sainte Trinité.
Dieu le Père envoie Dieu le Fils, qui réalise la volonté du Père en se faisant Homme, assumant la nature humaine dans sa Personne Divine, que l'Esprit-Saint sanctifie. Il unit et renforce dans la communion de l'Église tous ceux que le baptême, par leur intime union avec le Christ, a fait fils de Dieu par adoption.
Quant à nous, comme missionnaires, étant fils de Dieu et de l'Église qui nous a engendrés à la vie divine, nous sommes participants de la mission du Fils de Dieu, envoyés par le Père avec le Don de l'Esprit-Saint. Et nous serons d'authentiques missionnaires si nous sommes ses dociles instruments au milieu des plus pauvres : "comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie" (Jn. 20, 21).
Notre mission ne consiste donc pas seulement à se proposer un idéal de service, mais surtout à découvrir, en union avec Dieu, quelle est sa volonté sur nous, afin de savoir discerner "ce qui est bon, ce qui est agréable à Dieu, ce qui est parfait" (Rm 12, 2). Nous arriverons ainsi à découvrir le projet qui nous rendra profondément heureux, car le Seigneur connait le fond de notre cur et sait ce qui nous convient le mieux.

Dieu nous concède ses pouvoirs à travers l'Église.

Nous pourrions peut-être penser que ce que l'Église nous propose dans son magistère est éloigné des besoins de l'homme actuel. Cependant, tout comme l'Esprit-Saint assiste les évêques en communion avec le Pape, pour enseigner fidèlement ce qui est conforme à la Foi et à la Morale chrétiennes, de même il nous aide à accepter religieusement cette vérité que le Magistère nous enseigne (Cf. Constitution dogmatique Lumen Gentium, n. 25). Mais, si nous ne laissons pas l'Esprit-Saint agir en nous et si nous ne voulons pas rénover notre esprit et, plus encore, changer de vie (Rm.12, 2), l'Église nous apparaîtra terriblement dépassée. Cela signifierait que la vérité sur l'homme, sur Dieu, sur le plan de salut de Dieu, est dépassée. Mais depuis les premiers Papes nous avons reçu l'avertissement que "personne ne peut avoir Dieu pour Père s'il n'a l'Église pour Mère" (Saint Cyprien, IIIème s.).
Ceci veut dire que, si nous avons été appelés à servir les pauvres, c'est seulement à travers l'Église que nous pourrons leur porter les fruits de la Rédemption du Christ, en commençant par leur porter le Christ lui-même.
La meilleure aide qui puisse être apportée à l'homme est de lui donner la richesse des sacrements (signes efficaces de la présence et de l'action salvatrice du Christ Rédempteur). Et, pour cela, évidemment, nous avons besoin de prêtres qui ne se limitent pas à la simple administration "mécanique" des mystères divins, mais qui sont décidés, avec l'aide de Dieu, à être des saints. De plus, pour cette distribution des fruits de la Rédemption, le Christ a besoin aussi de notre participation active comme simples fidèles, dans le rassemblement ecclésial du Peuple de Dieu.
C'est pour toutes ces raisons que l'Église est "missionnaire" dans son essence même, nous dit le Pape Jean-Paul II dans son encyclique Redemptoris Missio.
Et nous ne pouvons découvrir et vivre notre mission personnelle que comme enfants de Dieu et de l'Église, fermement enracinés dans la foi et pleins de la charité du Christ qui nous presse à nous sanctifier, à servir et à guider les hommes vers Dieu.

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